14 février 2012 / 11:59 / dans 6 ans

LEAD 2-L'Oréal limite la portée du départ de Liliane Bettencourt

* Une transition “idéale”, selon le PDG du groupe

* La baisse en Europe au T4 n‘est pas extrapolable - PDG

* L‘Oréal pense faire mieux que le marché en 2012

* La hausse des marges saluée en Bourse (Actualisé avec détails, cours)

par Pascale Denis

PARIS, 14 février (Reuters) - Le remplacement de Liliane Bettencourt par l‘un de ses petits-fils au conseil d‘administration de L‘Oréal ne change en rien la gouvernance et les équilibres au sein du conseil, a assuré mardi Jean-Paul Agon, le PDG du géant mondial des cosmétiques.

L‘Oréal a tourné une page de son histoire en annonçant lundi soir, en même temps que ses résultats annuels, que Liliane Bettencourt, fille du fondateur du groupe, quittait le conseil et serait remplacée par Jean-Victor Meyers, 25 ans. (voir )

Ce départ était largement attendu depuis la mise sous tutelle de l‘héritière de L‘Oréal, troisième fortune de France, en octobre dernier. Cette tutelle avait été confirmée le 18 janvier par la cour d‘appel de Paris.

Petit-fils aîné et tuteur de Liliane Bettencourt aujourd‘hui âgée de 89 ans, Jean-Victor Meyers siège déjà au conseil de surveillance de Téthys, la holding familiale des Bettencourt.

Celle-ci, premier actionnaire avec un peu moins de 31% du capital, détient trois des 14 sièges du conseil, comme Nestlé , qui possède 29,7% du capital.

“Il s‘agit d‘une transition tout à fait idéale car elle ne change rien aux équilibres de l‘actionnariat et au fonctionnement du conseil”, a déclaré le PDG du groupe, lors d‘une conférence, précisant que la famille Bettencourt avait toujours voté en bloc au conseil comme en assemblé générale.

Il a même jugé cette passation de pouvoir “très rassurante pour la stabilité de l‘entreprise”.

Les votes des trois représentants de la famille sont décidés au niveau de Téthys, et non individuellement, renchérit-on chez L‘Oréal.

Les deux autres sièges familiaux du conseil sont occupés par Françoise Bettencourt-Meyers, fille de Liliane et mère de Jean-Victor, et par son mari Jean-Pierre Meyers.

L’ÉCHÉANCE 2014

“Pour l‘instant, cela ne change pas grand chose pour L‘Oréal, mais 2014, ça va venir très vite”, commente un analyste, faisant allusion à l’échéance du pacte d‘actionnaires conclu avec Nestlé.

Ce pacte établit des droits de préemption réciproques ainsi qu‘un statu quo du vivant de Liliane Bettencourt et pendant une période de six mois après sa disparition.

Malgré les multiples déclarations de Françoise Bettencourt Meyers et ses fils sur leur “attachement profond” à l‘Oréal et leur souhait de “continuer à en accompagner le développement futur”, la mise sous tutelle de Liliane Bettencourt avait relancé les spéculations sur la stratégie de L‘Oréal face au géant suisse, auquel on prête régulièrement des visées sur le groupe de cosmétiques.

Les analystes sont partagés, quant à eux, sur les intentions de Nestlé. Pour certains d‘entre eux le scénario d‘un rachat de L‘Oréal par Nestlé, à terme, ne fait aucun doute. D‘autres sont plus circonspects.

Alors que Liliane Bettencourt s‘opposait farouchement à toute forme de dialogue avec Nestlé et accusait sa fille, au plus fort du conflit qui les a opposé, de vouloir vendre le groupe à Nestlé, Françoise Bettencourt pourrait se révéler plus ouverte.

“Elle pourrait décider d‘ouvrir des négociations pour limiter les risques pour L‘Oréal en organisant une prise de contrôle amicale”, déclarait récemment un analyste, évoquant la possibilité de préserver par exemple le siège social et les emplois du groupe en France. (voir )

Commentant les résultats 2011, le PDG de L‘Oréal a évoqué une année de “grande solidité” et a affiché sa confiance pour 2012, estimant que le groupe ferait mieux que le marché mondial des cosmétiques, dont il anticipe la croissance à environ 4%.

Il a également estimé qu‘il ne fallait en rien extrapoler sur l‘année 2012 la contre-performance du groupe en Europe de l‘Ouest, qui a vu ses ventes passer dans le rouge en fin d‘année.

Le redressement des marges a été salué par le marché, le titre L‘Oréal grimpant de 3,4% à 84,60 euros vers 16h30 et signant une des plus fortes hausses de l‘indice CAC 40, qui reculait de 0,3% au même moment.

“La vraie bonne surprise provient de la progression de la marge opérationnelle”, commentent les analystes de Natixis, qui se disent aussi agréablement surpris par la prévision de croissance du marché mondial des cosmétiques, qu‘ils anticipaient autour de 3% à 3,5%.

Au cours actuel, L‘Oréal est valorisé aux environs de 50,7 milliards d‘euros. (Pascale Denis et Marc Angrand, édité par Matthieu Protard)

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