ING s'inquiète d'un risque de contagion de la crise grecque

jeudi 9 février 2012 09h58
 

AMSTERDAM, 9 février (Reuters) - ING, qui a augmenté ses provisions pour créances douteuses et inscrit de nouvelles dépréciations de ses actifs grecs, a estimé jeudi que l'impact de la crise de la dette en Europe s'accentuait et a mis en garde contre les graves conséquences qu'aurait d'un défaut désordonné de la Grèce.

Le groupe néerlandais de services financiers a annoncé des profits inférieurs aux attentes et une perte plus importante que prévu dans ses activités d'assurance au quatrième trimestre 2011 en raison d'une charge exceptionnelle, déjà annoncée.

Il a fait état d'une hausse de 21% de ses provisions pour pertes sur créances, à 530 millions d'euros contre 437 millions au troisième trimestre, et déclaré que la crise en Europe affectait de plus en plus l'économie réelle.

"Personne ne savait ce qui se passait lorsque Lehman (Brothers) est tombé", a dit lors d'une conférence de presse le directeur général d'ING, Jan Hommen, en évoquant le danger qu'il y a à ne pas régler la crise grecque.

"Personne ne sait réellement ce que seront les conséquences et c'est pourquoi je pense qu'il est si dangereux de ne pas avoir une bonne solution pour cela" (la crise grecque).

"Cela peut avoir des conséquences de contagion et des conséquences qui pourraient même être bien plus directes. Les conséquences indirectes pourraient vraiment être importantes", a-t-il ajouté. "Peut-être ne sommes-nous plus aussi exposés directement, mais indirectement nous pourrions l'être."

ING a inscrit une dépréciation de 199 millions d'euros sur ses titres de dette grecque au quatrième trimestre, ce qui correspond à une décote d'environ 80%.

L'action ING perdait 4,6% vers 08h30 GMT, à comparer avec un recul de 0,59% pour l'indice sectoriel européen de l'assurance et un gain de 0,26% pour celui des banques.

La branche assurance a enregistré une perte imposable hors éléments exceptionnels de 1,35 milliard d'euros, contre une perte de 522 millions attendue en moyenne par huit analystes interrogés par Reuters. Elle a été notamment plombée par une charge de 1,1 milliard d'euros liée à des produits d'assurance américains.

ING a changé le mois dernier son projet de coter ses activités d'assurance et d'investissement en raison de la volatilité des marchés et a choisi d'explorer d'autres options pour ses activités en Asie. Il a accepté de scinder ces activités au plus tard fin 2013 en échange de l'aide publique reçue en 2008. Il doit encore rembourser 3 milliards d'euros plus une panlité de 50%.

Au total, le bénéfice net du groupe au quatrième trimestre s'est élevé à 1,19 milliard d'euros. Les analystes tablaient sur un bénéfice net compris entre 1,34 milliard et 2,45 milliards d'euros. (Gilbert Kreijger, Catherine Monin pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)