7 février 2012 / 15:58 / dans 6 ans

RPT-ECLAIRAGE-Résultats-La Bourse va scruter les signes de récession

* Pas de grosses surprises attendues des résultats du T4

* Les consensus 2011 et 2012 ont été fortement revus en baisse

* Mais des réactions ponctuelles violentes ne sont pas à exclure

par Juliette Rouillon

PARIS, 7 février (Reuters) - Dans quelle mesure le risque de récession en Europe affecte-t-il les entreprises ? Les résultats annuels, dont la saison débute en France, seront évalués dans cette optique alors que le marché s‘interroge notamment sur la capacité des sociétés cotées à répercuter la hausse de leurs coûts.

Dans un contexte de ralentissement de la demande, les investisseurs s‘inquiètent aussi de savoir si la demande des pays émergents continuera à tirer les ventes.

“On attend beaucoup de savoir si les inquiétudes sur la croissance - la demi-récession que l‘on attend - vont se traduire dans les comptes des entreprises”, dit Claire Chaves d‘Oliveira, responsable de la stratégie chez Groupama.

Si le secteur du luxe, ainsi que toutes les entreprises bien exposées aux marchés émergents... et au succès des smartphones, se portent bien, pour le reste des sociétés, souvent confrontées à la contraction des ventes et à la hausse du coût des matières premières, les “profit warnings” risquent d’être nombreux, estiment des analystes interrogés par Reuters.

“Le marché scrutera les résultats pour voir si la croissance des volumes de ventes aux pays émergents se poursuit. C‘est un vrai sujet d‘inquiétude, lié à la question de savoir si ces pays ont une croissance autonome ou pas”, note Catherine Garrigues, responsable de la gestion actions d‘Allianz GI France.

Toutefois, les intervenants ne s‘attendent pas à de fortes déceptions, les violentes révisions en baisse des estimations des analystes depuis août dernier ayant déjà pris en compte pour une bonne part le fort ralentissement attendu.

“Il n‘y a pas de surprises monumentales à attendre des résultats du quatrième trimestre. Le consensus a été énormément révisé depuis septembre, jusqu’à 30% à 35% pour les banques, mais pour les autres secteurs aussi”, souligne Catherine Garrigues,

En six mois, l‘estimation moyenne de croissance des bénéfices par action (BPA) 2011 a été ramenée de +10,34% à -1,35% pour les sociétés du CAC 40 et de 9,7% à 3,17% pour le Stoxx 600, selon le consensus Thomson I/B/E/S.

Pour 2012, l‘estimation de croissance des BPA a été ramenée de 11,33% à 4,43% pour le CAC 40 et de 13,3% à 7,89% pour le Stoxx.

Graphique de l’évolution du consensus 2011 :

r.reuters.com/pet46s

Graphique de l’évolution du consensus 2012 :

r.reuters.com/vet46s

VIOLENTES RÉACTIONS PONCTUELLES

Globalement, stratégistes et gérants estiment donc que l‘impact de ces publications sur le marché devrait être limité, contrairement à ce qui avait été le cas en 2009 lorsqu‘elles avaient rassuré un marché tétanisé par la crise des “subprimes”.

L‘impact devrait être d‘autant plus faible que les actions continuent à être jugées bon marché, après leur mauvaise performance de l‘an dernier, et sont soutenues par les injections massives de liquidité de la Banque centrale européenne.

“Les marchés avaient anticipé un scénario du pire et les investisseurs se satisferont peut-être de résultats en demi-teinte, d‘autant que l‘activisme de la Banque centrale européenne restera un élément de soutien”, estime Vincent Juvyns, stratégiste senior chez ING Investment Management, qui table sur une baisse de 5% des BPA en Europe cette année.

Toutefois, les intervenants n‘excluent pas de nouvelles réactions fortes sur certains titres en cas de déception, comme comme pour Unilever, Tesco ou Deutsche Bank , et des prises de profits sur des titres qui ont bien monté en 2011, comme le luxe, ou fortement rebondi début 2012, notamment les valeurs des secteurs bancaire et automobile.

“On pourrait avoir certaines déceptions ponctuelles sur les résultats qui affecteront les cours, notamment des prises de bénéfices sur les titres qui ont le plus profité de la hausse récente”, commente Benoît Peloille, stratégiste chez Natixis.

Il cite LVMH qui a reculé vendredi alors que, de l‘avis des analystes interrogés, les résultats trimestriels prouvaient la bonne résistance du groupe à la crise. (voir )

Il estime en revanche qu’à plus long terme, les valeurs répondant à une thématique de croissance, comme le luxe, l‘alimentation et la boisson ou certaines valeurs pharmaceutiques, ainsi que des industrielles les mieux préparées à la croissance molle dans les pays développés et exposées aux pays émergents, pourraient continuer à se revaloriser. (Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez)

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