6 décembre 2011 / 07:09 / dans 6 ans

LEAD 4-Veolia veut céder sa branche transports pour se désendetter

* Cessions également au Royaume-Uni et aux Etats-Unis

* Nouveau plan d’économies

* 2012 et 2013, deux années de transformation (Actualisé avec communiqué de la CDC)

par Benjamin Mallet et Caroline Jacobs

PARIS, 6 décembre (Reuters) - Veolia Environnement a annoncé mardi son intention de céder ses activité dans les transports, le groupe abandonnant ainsi l‘un de ses quatre métiers pour se désendetter, dans le cadre de son nouveau plan stratégique.

Cette sortie se fera à travers une “recomposition” de l‘actionnariat de Veolia Transdev, la société spécialisée dans le transport de voyageurs créée en mars et détenue à parité par le numéro un mondial des services à l‘environnement et la Caisse des Dépôts (CDC), qui compte quant à elle rester au capital et dit “n‘exclure aucune option” à ce stade. (voir )

Veolia prévoit aussi de céder ses activités dans l‘eau régulée au Royaume-Uni et dans les déchets solides aux Etats-Unis, le groupe ayant pour objectif, pour la période 2012-2013, de céder au total 5 milliards d‘euros d‘actifs et de ramener son endettement financier net en dessous de 12 milliards à fin 2013, contre 15 milliards attendus à fin 2011 selon le consensus.

Veolia lance en outre un programme de réductions de coûts accrues qui devrait générer, sur le résultat opérationnel du nouveau périmètre, un impact positif de 120 millions d‘euros nets des coûts de mise en oeuvre en 2013, ces économie étant ensuite portées à 220 millions en 2014 et 420 millions en 2015.

“Cette transformation de Veolia est un projet ambiteux mais réaliste. C‘est une construction pour développer le groupe, pour attaquer et non pas pour réagir à une difficulté passagère”, a déclaré lors d‘une conférence de presse Antoine Frérot, le PDG de Veolia.

VEOLIA “S‘ATTAQUE À SA CULTURE”

“Je crois bien connaître Veolia, ses équipes, ses ressources, ses clients et même ses réserves de productivité (...) C‘est la première fois que notre entreprise s‘attaque à sa manière de travailler, à sa culture”, a-t-il ajouté, un an après avoir remplacé Henri Proglio à la présidence du groupe.

Antoine Frérot a estimé, compte tenu des incertitudes sur les dates précises des désinvestissements ou des coûts de mise en oeuvre du programme d’économies, qu‘il était “difficile de donner une prévision précise des résultats” pour 2012 et 2013.

“Nous allons entrer dans deux années de transformation de notre groupe et ces deux années donneront pleinement leurs résultats à partir de 2014”, a-t-il dit.

Après 2013, Veolia vise “en milieu de cycle” une croissance organique de son chiffre d‘affaires de plus de 3% par an, une croissance de sa capacité d‘autofinancement opérationnelle (résultat brut d‘exploitation) de plus de 5% par an et un taux de distribution “au niveau de sa moyenne historique”.

Le groupe cible également un ratio d‘endettement d‘environ 3 à fin 2014, contre un ratio de 4,4 attendu à la fin 2011, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Il prévoit de verser un dividende en 2012 et 2013 de 0,70 euro par action, au titre des exercices 2011 et 2012, contre un 1,21 euro versé au titre de 2010.

“Cette transformation permettra à Veolia Environnement de fortement améliorer sa flexibilité financière et de continuer à saisir les opportunités de croissance organique les plus attractives, en particulier dans les pays à forte croissance dont le poids sera renforcé”, explique la société dans un communiqué.

“OBJECTIF EXTRÊMEMENT OFFENSIF”

Evoquant les discussions en cours avec EDF autour de Dalkia, Antoine Frérot a confirmé que Veolia envisageait une restructuration du partenariat qui mettrait les deux groupes à parité au niveau du capital du spécialiste de services énergétiques, dont l’électricien détient aujourd‘hui 34% en France et 50% à l‘international.

“Ce projet sera relutif sur les ratios de crédit de Veolia et sur le bénéfice par action”, a précisé Antoine Frérot. “Il s‘agit d’échanger 16% de Dalkia France contre des activités dans des économies en croissance.”

Alors que la crise pèse sur ses activités dans les déchets et que les municipalités mettent ses prix sous pression dans l‘eau en France, Veolia avait déjà annoncé en août qu‘il quitterait d‘ici la fin 2013 près de la moitié des pays où il est présent et qu‘il accélérerait ses réductions de coûts. (voir )

En matière d‘emploi, Veolia assure qu‘elle n‘aura pas besoin de licencier en France, où les départs naturels lui permettront d‘atteindre ses objectifs, tout en soulignant que des suppressions d‘emplois pourraient avoir lieu dans d‘autres pays.

A 16H30, l‘action Veolia effaçait ses gains après avoir enregistré dans la matinée la plus forte hausse de l‘indice CAC 40. Elle reculait de 2,42% à 9,292 euros, contre un repli de 0,08% pour le CAC. Le titre fait un plongeon de 57,50% depuis le début janvier, ce qui en fait la plus forte baisse de l‘indice sur l‘année.

“Ils ont annoncé un objectif extrêmement offensif qui ne va pas être aisé à réaliser dans le contexte économique actuel”, commente Per Lekander, analyste chez UBS. “C‘est la bonne chose à faire, mais ils ne sont pas encore sortis d‘affaire.”

Voir aussi :

* ENCADRE-Veolia vise E5 mds de cessions en 2012-2013

* Le communiqué de Veolia :

link.reuters.com/cep45s

* Le communiqué de la CDC :

link.reuters.com/zuq45s

* Toutes les données financières sur Veolia :

link.reuters.com/kyc48r (Avec Marie Mawad, édité par Pascale Denis)

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