Bourse-Derichebourg pâtit des inquiétudes sur sa situation financière

lundi 5 décembre 2011 10h27
 

PARIS, 5 décembre (Reuters) - L'action Derichebourg est en net recul lundi à la Bourse de Paris, où le groupe de services aux entreprises et collectivités accuse la plus forte baisse du SBF 120 pénalisé par les craintes entourant sa situation financière.

Vers 10h25, le titre cède 2,66% à 2,415 euros, portant à 54% son recul depuis le début de l'année. Au même moment l'indice SBF 120 avance de 0,9%.

"Nous abaissons nos prévisions 2012 et 2013 pour intégrer les perspectives d'une dégradation plus prononcée qu'anticipé auparavant de l'environnement économique et de nouvelles hypothèses de prix des métaux et ferrailles", explique dans une note Gilbert Dupont qui a ramené son conseil sur le titre à vendre, contre accumuler.

"Sur la base de nos nouvelles prévisions, la situation financière deviendrait à nouveau critique avec des covenants bancaires qui ne seraient plus respectés dès 2012", ajoute l'intermédiaire.

Un point de vue partagé par d'autres analystes, qui soulignent les difficultés dans lesquelles se retrouverait le groupe si les prix de la ferraille venaient à se contracter.

"Si l'on connaît une situation similaire à celle de 2009, le groupe sera très mal, d'autant que sa dette a déjà été restructurée plusieurs fois", relève un analyste sous couvert d'anonymat anticipant un marché de la ferraille difficile au quatrième trimestre.

Le groupe avait fait état lors de la publication de ses résultats semestriels en mai d'un endettement net de 856,5 millions d'euros à fin mars, et un ratio de couverture du service de la dette (rapport entre l'excédent brut d'exploitation et les frais financiers nets) de 6,18. (Voir )

Dans son rapport semestriel, le groupe, qui n'est plus valorisé qu'un peu plus de 400 millions d'euros, mettait en garde contre les risques inhérents à son niveau d'endettement.

"Le niveau de l'endettement du groupe pourrait affecter sa capacité à réagir aux évolutions de son environnement économique", prévenait alors Derichebourg.

L'obligation d'affecter une partie de ses flux de trésorerie au service de sa dette a pour effet de réduire les ressources disponibles pour les investissements liés à la croissance, et diminue dans une certaine mesure sa capacité à réagir aux retournements de conjoncture, ajoutait-elle.

Derichebourg, qui a annoncé début novembre une hausse de 19% de son chifre d'affaires annuel, publiera ses résultats mercredi après la clôture de la Bourse. (Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Cyril Altmeyer)