30 novembre 2011 / 14:39 / dans 6 ans

GRAPHES DU JOUR-Les banques européennes se replient sur leur base

PARIS, 30 novembre (Reuters) - Les banques européennes, et françaises en particulier, réduisent la taille de leur bilan en se repliant sur leur base domestique face aux exigences de renforcement de leurs fonds propres d‘ici juin 2012, montrent les statistiques mensuelles de la BCE sur les bilans consolidés des institutions financières monétaires (IFM).

Aux termes de l‘accord trouvé à l‘issue du double sommet des 26 et 27 octobre, les dirigeants européens ont demandé aux banques de renforcer leur solvabilité financière pour atteindre un ratio de fonds propres de 9% d‘ici à la fin 2012 après avoir valorisé leurs obligations souveraines de la zone euro au prix de marché. (voir )

Les efforts de recapitalisation correspondant ont été chiffrés à 106 milliards d‘euros par l‘Autorité bancaire européenne, dont 8,8 milliards pour les banques françaises.

Pour atteindre cet objectif, les banques disposent de trois leviers : la réduction à bilan constant du risque moyen pondéré de leur poretefuille - en arbitrant les actifs les plus risqués contre des actifs qui le sont moins ou en utilisant des modèles d’évaluation des risques plus favorables lorsque cela est possible -, l‘augmentation de leurs fonds propres, et enfin la réduction de la taile de leur bilan (deleveraging).

Le renforcement des fonds propres peut se faire par appel au marché, une voie difficilement envisageable au regard de la sous-performance du secteur bancaire européen depuis le début de la crise financière, qui a ramené le cours de nombreux établissements cotés à des niveaux proches de leurs plus bas historiques.

Graphique de l’évolution comparée de l‘indice Stoxx 600 et du sous-indice sectoriel des banques depuis juin 2008 :

here

L‘augmentation des fonds propres peut aussi résulter d‘une politique plus active de mise en réserve des profits grâce à une distribution moins généreuse de dividendes et une réduction des rémunérations variables les plus élevées.

Les prévisions de bénéfices du secteur ne cessent toutefois d’être revues à la baisse au fur et à mesure que la zone euro s‘enfonce dans la crise. La perspective d‘une rechute en récession de la zone euro ne peut que peser sur la demande de prêts et risque d‘accroître le coût de risque.

Graphique de l’évolution attendue à 12 mis des profits du secteur bancaire européen :

here

La réduction de la taille des bilans semble être la voie privilégiée par les établissements bancaires qui, au-delà des annonces ponctuelles, semblent se recentrer sur leur base domestique en réduisant leurs engagements à l‘international.

Cette stratégie peut être en partie contrainte par leurs difficultés à se financer, notamment en dollar, mais elle peut aussi résulter des pressions dont les établissements européens font l‘objet de la part de leurs autorités de contrôle.

Les dirigeants européens avaient en effet clairement mis en garde contre un “deleveraging excessif” lors des sommets des 26 et 27 octobre.

Ils avaient ainsi demandé que “les autorités de contrôle nationales, sous les auspices de l‘Autorité bancaire européenne, s‘assurent de l‘approvisionnement en crédits de l’économie réelle en prenant en compte les niveaux d‘exposition de chaque groupe (bancaire), en incluant leurs filiales dans chaque pays membres de l‘UE et en étant conscientes de la nécessité d’éviter des pressions excessives sur la croissance du crédit dans les pays hôtes et sur les marchés de la dette publique”.

Les banques européennes, qui se caractérisent par un degré d‘internationalisation élevé avec plus du tiers de leurs actifs localisés en dehors de l‘UE, réduisent leur exposition au reste du monde.

Graphique de la répartition géographique des avoirs des banques européennes :

here

Ainsi, les avoirs bruts des institutions financières monétaires (IFM) de la zone euro détenus hors du bloc sont tombés à 4.278 milliards d‘euros à fin octobre, selon les données publiés par la BCE, retrouvant les niveaux de novembre 2009 et de la fin 2006. Leurs engagements vis-à-vis du reste du monde sont quant à eux tombés à 3.953 milliards d‘euros, au plus bas depuis décembre 2006.

Graphique de l’évolution des avoirs et engagements des banques européennes vis-à-vis du reste du monde :

here

Par rapport à la fin 2010, le recul des avoirs ressort à 45 milliards d‘euro, tandis que celui des engagements est beaucoup plus significatifs à près de 270 milliards d‘euros. Le mouvement est particulièrement marqué pour les banques françaises, qui occupent notamment une part importante dans le financement du commerce international.

Graphique de l’évolution des avoirs et engagements des banques françaises vis-à-vis du reste du monde (hors zone euro) :

here

htpp://www3.reuters.fr/graphiques/DELEVERAGING6.JPG

Sources :

* Euro area bank deleveraging : How much and how painful ? et Euro area MFI october flows : Further observations. Barclays Capital. 22 et 29 novembre 2011.

* Fonds monétaires américains : comment évoluent les financements aux banques françaises et européennes. Special Report; Natixis. 15 novembre 2011.

* Y a-t-il des grands pays de la zone euro où la disponibilité du crédit bancaire a réduit l‘investissement des entreprises ? Flash Economie. Natixis. 4 novembre 2011.

Sur le même thème :

* ANALYSE-La diète des banques d‘Europe, une place pour d‘autres

* ANALYSIS-Bank’s contribution overstated, but retreat painful.

* ANALYSIS-Bank repatriation insulates euro, drains world. (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below