22 novembre 2011 / 13:53 / dans 6 ans

GRAPHES DU JOUR-Valeurs de rendement, un engouement sans lendemain?

PARIS, 22 novembre (Reuters) - Le succès des fonds distribuant des revenus (dividend funds) ne se dément pas, reflétant la recherche désespérée de rendement des investisseurs confrontés à un environnement de taux historiquement bas dans les pays développés considérés comme solvables et à des entreprises dont les bilans sont plus sains que ceux de bien des Etats surendettés.

Outre que cet engouement pour les dividende ne doit pas faire prendre les vessies pour des lanternes ou les actions pour des obligations, il pourrait se heurter à la nécessité pour les Etats de rétablir leurs comptes en s‘attaquant aux profits record des entreprises.

Les sorties nettes des fonds actions toutes catégories confondues depuis le début de l‘année atteignent 92 milliards de dollars, selon les données suivies par EPFR Global dont les actifs sous gestion totalisent 15.700 milliards de dollars.

La décollecte aurait été encore plus marquée si les fonds de distribution n‘avaient draîné 24 milliards de dollars depuis le début de l‘année. Sur la seule semaine se terminant le 16 novembre, les fonds actions ont recueilli 1,51 milliard de dollars, plus de la moitié de ce montant (870 millions) se dirigeant vers des “dividend funds”, selon EPFR Global.

Graphique de l’évolution des flux de souscription/rachat dans les grandes catégories de fonds depuis début 2011 :

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De nombreux marchés actions offrent des taux de rendement sur les dividendes supérieurs au rendement des emprunts d‘Etat à 10 ans. C‘est notamment le cas aux Etats-Unis et en Europe.

Graphiques comparant le rendement du dividende du S&P 500 et de l‘Eurostoxx 600 et les taux d‘Etat à 10 ans aux Etats-Unis et en Allemagne :

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“Dans les années 1950, les actions étaient considérées comme des produits de rendement. Ce n‘est qu’à partir des années 1960 que les actions ont été considérées comme des actifs de croissance et qu‘elles sont devenues durant les années 1970 un moyen de se couvrir partiellement contre l‘inflation”, rappellent les équipes de J.P. Morgan Asset Management dans la dernière livraison de leur bulletin hebdomadaire.

“Nous sommes sans doute à l‘aube d‘une nouvelle ère et ne sommes pas surpris de voir que les produits du moment sont les fonds distribuant des revenus”, poursuivent-ils.

Les valeurs de rendement ne sauraient se substituer aux obligations dans les portefeuilles, prévient toutefois Joe Davis, l'économiste en chef de la société de gestion américaine Vanguard. (here)

Il rappelle que la performance des fonds de distribution est corrélée à celle des marchés actions, et qu‘il faut prendre en compte le rendement total d‘un actif plutôt que se concentrer sur le seul revenu qu‘il procure.

Pour les analystes de J.P. Morgan AM, le retour en force des actions comme produit de rendement risque surtout de se heurter au nécessaire assainissement des comptes publics de nombreux pays développés.

“Le problème posé par la grande crise financière de 2008/2009 a été le besoin pressant du secteur privé d’épargner”, notent-ils.

“De déficitaire, la situation financière des ménages est ainsi devenue excédentaire, tandis que, sous l‘effet d‘une liquidation massive des stocks et d‘une réduction drastique des effectifs, les entreprises ont accru leurs excédents de manière significative”, disent-ils. Pour compenser les effets récessifs de cet assainsisement des bilans du secteur privé, les gouvernements ont orchestré de massives relances budgétaires, au prix d‘une explosion de l‘endettement du secteur public.

Pour Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, deux économistes qui ont étudié les crises de surendettement, leur résolution ne peut passer que par un transfert de richesse des créanciers vers les débiteurs, soit par le défaut, soit par l‘inflation, soit par ce qu‘ils appellent le “répression financière”.

La répression financière peut prendre la forme de taux d‘intérêt réels négatifs, d‘incitations à l‘investissement, de mesures affectant la rentabilité du capital, voire d‘une simple hausse de l‘impôt sur les sociétés. Dans tous les cas, les profits et les dividendes seront mis à rude épreuve et l’ère nouvelle des valeurs de rendement risque de connaître un crépuscule soudain.

Sources :

* US, Gold and dividend Finds give shelter from Eurozone debt storm. EPFR Global. 18 novembre 2011.

* La politisation des profits. Bulletin hebdomadaire. J.P. Morgan Asset Management.

* Dividend paying stocks are not bonds. Joe Davis. Vanguard blog. 11 novembre 2011.

here (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez)

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