November 17, 2011 / 5:59 PM / 6 years ago

LEAD 2 UBS réduit ses prévisions, sa banque d'investissement

6 MINUTES DE LECTURE

* Objectif de RoE ramené à 12-17%

* La banque d'investissement au régime

* La stratégie se concentre sur la gestion de fortunes

* Un dividende en espèce sera versé au titre de 2011

par Pascal Schmuck

NEW YORK/ZURICH, 17 novembre (Reuters) - UBS a annoncé jeudi son intention de réduire la taille sa banque d'investissement et a revu à la baisse, comme prévu, son objectif de rendement des fonds propres tout en renouant avec un dividende en espèces afin d'amadouer ses investisseurs.

Le numéro de l'industrie bancaire en Suisse, qui organisait sa journée annuelle d'investisseurs, prévoit désormais un rendement des fonds propres (RoE) compris entre 12 et 17% pour 2013, contre un précédent objectif de 15 à 20%.

UBS avait déclaré fin juillet qu'elle abandonnait son objectif à moyen terme d'un bénéfice avant impôts de 15 milliards de francs mais n'avait rien dit sur son objectif de RoE, que de nombreux analystes jugeaient à l'époque très ambitieux.

UBS vise également un ratio Tier 1 de 13% selon les normes de Bâle III ainsi qu'un coefficient d'exploitation entre 65 et 75%.

La banque d'investissement sera mise au régime, UBS prévoyant d'y réduire de moitié les actifs pondérés aux risques pour les ramener à 145 milliards de francs d'ici 2016, contre 300 milliards actuellement. La plus grosse partie de cette cure sera réalisée en 2012, a indiqué le nouveau directeur général du groupe, Sergio Ermotti, lors de son allocution.

Les effectifs de la division tomberont à 16.500 personnes d'ici la fin 2013 et à 16.000 à la fin 2016, contre 18.000 actuellement. Un porte-parole a confirmé à Reuters que la contribution de la banque d'investissement avait été revue à la hausse à 2.000 postes au lieu des 1.600 comme annoncé précédemment

Parmi les activités qui seront supprimées dans la banque d'investissement figurent le négoce macro-directionnel dans les produits à revenus fixes, matières premières et devises (FICC) ainsi que le négoce d'actions en compte propre.

La titrisation d'actifs et les produits structurés complexes dans les FICC, jugés trop gourmands en fonds propres, seront également abandonnés. Toutes ces mesures réduiront la base de coûts d'un milliard de francs en 2011, a indiqué le directeur de la banque d'investissement Carsten Kengeter dans sa présentation.

En revanche, UBS va accroître sa présence dans les "situations spéciales" et dans les matières premières, toujours dans les FICC, a précisé le directeur, pourtant très décriés après la découverte d'une fraude à la suite de transactions non autorisées d'un courtier indélicat à Londres.

La banque rivale Credit Suisse a annoncé début novembre que sa banque d'investissement allait accélérer son repositionnement et réduire de moitié d'ici à 2014 les actifs pondérés en fonction des risques dans les produits de taux. (voir )

Premier Retour Au Dividende

La gestion de fortunes représentera désormais le fer de lance d'UBS qui veut accélérer son développement dans les marchés de croissance, tels que l'Asie, l'Océanie et les pays émergents.

La banque vise une marge brute de 95-105 points de base par an ainsi qu'une croissance de 3 à 5% des afflux net d'argent frais. En outre, le nombre de conseillers à la clientèle sera porté de 4.250 à 4.700 environ, a précisé le directeur de la division, Jürg Zeltner.

Un dividende de 0,1 franc par action sera proposé au titre de l'exercice en cours. Il s'agit d'une première depuis 2006, la banque n'ayant plus versé de coupon en espèce depuis cette année-là. Les actionnaires avaient dû se contenter d'un versement sous forme d'actions au titre de l'exercice 2007.

Le directeur financier Tom Naratil a précisé qu'UBS ne comptait pas racheter avant 2014 des actifs du fonds de stabilisation géré par la Banque Nationale Suisse (BNS) qui regroupe les actifs toxiques d'UBS.

Ce fonds a dégagé un bénéfice de 1,3 milliard de francs lors des neuf premiers mois de 2011.

Cette réorientation stratégique est le troisième volet d'un plan destiné à sortir la banque de la crise, après la nomination de Sergio Ermotti en remplacement d'Oswald Grübel comme directeur général et d'Axel Weber qui doit remplacer Kaspar Villiger à la présidence dès l'assemblée générale de 2012.

Certaines critiques s'élèvent déjà, comme Matt Spick chez Deutsche Bank qui évoque une "opportunité manquée". "La liste des abandons d'activités dans la banque d'investissement est somme tout limitée et aucune nouvelle réduction de coûts n'a été annoncée. Nous pensons donc que la nouvelle stratégie est décevante", commente-t-il (Edité par Danielle Rouquié)

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