16 novembre 2011 / 06:24 / il y a 6 ans

LEAD 3-Davantage taxé, Vivendi abaisse sa prévision 2011

* Résultat net ajusté 2011 attendu à plus de E2,85 mds (contre E3,0 mds

* Impact de E350 mlns des nouvelles mesures fiscales en France

* T3 légèrement supérieur aux attentes

* Légère augmentation du dividende au titre de 2011 (Actualisé avec conférence téléphonique, cours et réaction analyste)

par Gwénaëlle Barzic

PARIS, 16 NOVEMBRE - Vivendi a abaissé mercredi sa prévision de résultat net ajusté pour 2011 face à l'alourdissement de ses charges fiscales résultant des mesures d'austérité adoptées en France pour réduire le déficit public.

Le groupe de télécoms et de divertissement rattrape néanmoins une partie de son retard en Bourse en signant la plus forte hausse du CAC 40, le marché saluant des résultats trimestriels meilleurs que prévu, bien que pour partie aidés par des éléments exceptionnels.

A 12h13, le titre avance de 3,36% à 16 euros alors que le CAC 40 est à l'équilibre. Depuis le début de l'année, l'action de Vivendi a reculé de 20,8% alors que l'indice européen des médias a reculé de 14,55% et celui des télécoms de 7,02%.

Les analystes, qui avaient anticipé la révision à la baisse de l'objectif 2011, ont également été rassurés par son ampleur plus réduite que prévu.

"Les résultats sont plutôt bons pour être honnête (...). A ces niveaux, il y a peu de risques à la baisse sur le titre compte tenu du rendement de dividende", explique Conor O'Shea, analyste à Kepler Capital Markets. "L'action n'est pas surévaluée, c'est sûr !"

MARGES DE MANOEUVRE RÉDUITES

Le conglomérat évalue à 350 millions d'euros l'impact sur ses comptes 2011 des nouvelles dispositions fiscales adoptées récemment en France et notamment la suppression du régime du bénéfice mondial consolidé dont il bénéficiait jusque-là, ainsi que le plafonnement du report des déficits en matière d'impôts sur les sociétés.

Cette pression fiscale accrue est en partie compensée par la révision à la hausse de 200 millions d'euros de la prévision 2011 de résultat net ajusté, amenant le groupe à tabler au final sur un chiffre de 2,85 milliards d'euros contre plus de trois milliards précédemment.

Vivendi a réaffirmé son intention d'augmenter le dividende qui sera versé au titre de 2011 malgré des marges financières réduites après des acquisitions en série depuis le début de l'année.

Loin d'être rassasié par le rachat des minoritaires SFR pour 7,95 milliards, le groupe a tour à tour annoncé le rachat par Canal+ des chaînes de Bolloré, un partenariat de la chaîne cryptée avec le polonais TVN puis le rachat de la musique enregistrée de la maison de disques britannique EMI pour 1,4 milliard.

"Il est très peu probable que nous fassions d'autres opérations de même ordre. Nous avons aujourd'hui très très peu de marges de manoeuvre au niveau de notre bilan", a déclaré le directeur financier Philippe Capron, lors d'une conférence téléphonique, en précisant que le groupe comptait ramener son endettement sous les 13 milliards d'euros fin 2011 contre 13,3 milliards à fin septembre.

Le président du directoire, Jean-Bernard Lévy, a de son côté déclaré au Figaro que le rachat des 20% que Lagardère détient dans Canal+ France n'était désormais plus à l'ordre du jour.

"Pour moi le message positif de cette publication est sur la dette, avec une politique financière conservatrice", souligne Mallé Ba, analyste crédit chez Aurel BGC.

"Le groupe a réalisé une acquisition non négligeable il y a quelques jours, pourtant il a revu son objectif de dette nette."

SFR RÉDUIT SES DÉPENSES COMMERCIALES

Le groupe a fait mieux que prévu au troisième trimestre, soutenu une nouvelle fois par les jeux vidéo d'Activision Blizzard qui a publié la semaine dernière, mais aussi, et c'est nouveau, par la résistance de SFR.

L'amélioration de la rentabilité dans le fixe et la réduction des subventions de portables et des coûts d'acquisition de nouveaux clients dans le mobile ont permis à l'opérateur de limiter le recul de sa marge d'Ebitda à 0,6 point sur neuf mois, à 32,5%. (voir )

SFR se montre toutefois prudent pour la fin d'année après un troisième trimestre atypique marqué par un bénéfice exceptionnel de 73 millions d'euros.

Universal Music Group, première maison de disque mondiale, affiche quant à elle une croissance organique positive pour le deuxième trimestre consécutif, confirmant les signes d'une inflexion du marché de la musique après une décennie noire.

Vivendi, dans son ensemble, a dégagé un Ebita de 1,503 milliard d'euros, des ventes de 6,77 milliards et un résultat net ajusté de 685 millions.

Le marché tablait pour le troisième trimestre sur un chiffre d'affaires de 6,77 milliards d'euros, un Ebita de 1,34 milliard et un résultat net ajusté de 561 millions, sur la base des estimations de sept analystes. (Avec Leila Abboud et Marie Mawad, édité par Benjamin Mallet)

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