14 novembre 2011 / 17:29 / il y a 6 ans

LEAD 1-UniCredit veut lever E7,5 mds, supprime plus de 6.000 postes

* Augmentation de capital de E7,5 mds prévue début 2012

* 5.200 postes seront supprimés en Italie

* La banque a perdu E10,6 mds au T3

* Aucun dividende ne sera versé au titre de 2011

par Silvia Aloisi et Gianluca Semeraro

MILAN, 14 novembre (Reuters) - UniCredit, première banque d'Italie, a annoncé lundi une augmentation de capital de 7,5 milliards d'euros et plus de 6.000 suppressions de postes après des pertes colossales au troisième trimestre.

La banque, qui a accusé une perte nette trimestrielle de 10,6 milliards d'euros, a également prévenu qu'elle ne verserait pas de dividende au titre de l'exercice 2011.

Sa recapitalisation, la plus importante en Europe depuis plus d'un an, doit lui permettre de renforcer ses fonds propres alors que l'Italie a été gagnée à son tour par la crise de la dette.

UniCredit détient 38 milliards d'euros d'obligations du Trésor italien. Son titre de Bourse a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis le début de l'année.

C'est la seule banque italienne à avoir été inscrite au début du mois sur la liste des établissements financiers jugés systémiques. C'est aussi le créancier italien le plus exposé à l'international, avec des activités dans 22 pays.

Le groupe bancaire cherche désormais, comme d'autres, à réduire sa présence dans la banque d'investissement, trop volatile, pour se concentrer sur la banque de détail et d'entreprise.

Il a ainsi annoncé une réorganisation de ses activités qui prévoit notamment de mettre un terme à son activité de trading basé à Londres. Il a dans le même temps précisé qu'il entendait conserver un rôle majeur en Europe centrale et orientale.

Quelque 5.200 postes seront supprimés en Italie et peut-être 2.000 autres en Europe occidentale, ceux-ci pouvant être partiellement compensés par des créations de postes en Europe de l'Est.

CONDITIONS DE MARCHÉ DIFFICILES

La perte d'UniCredit au troisième trimestre est largement imputable à 9,6 milliards d'euros de dépréciations, dont 8,7 milliards liés à des acquisitions malencontreuses en Europe de l'Est ces dernières années. La banque a également fait état de dépréciations sur ses obligations souveraines grecques.

Hors dépréciations, UniCredit enregistre une perte nette trimestrielle de 474 millions d'euros, contre un bénéfice de 334 millions un an auparavant et 6 millions d'euros de profits escomptés en moyenne par les analystes.

L'action UniCredit a terminé lundi en baisse de 6,18% à 0,77 euro.

UniCredit, qui avait refusé de suivre sa concurrente Intesa Sanpaolo en se recapitalisant quand les conditions étaient plus favorables, doit désormais lever des fonds dans un marché très difficile.

Son augmentation de capital doit démarrer au premier trimestre 2012 et la banque espère que l'opération lui permettra d'augmenter son ratio de fonds propres durs (core tier 1) à plus de 9% l'année prochaine, contre 8,74% à la fin septembre.

En renforçant ses fonds propres, en réduisant son activité de banque d'investissement et en se focalisant sur ses marchés clés en Italie, en Autriche, en Allemagne, en Pologne et en Turquie, l'administrateur délégué d'UniCredit, Federico Ghizzoni, espère protéger la première banque italienne en termes d'actifs de la volatilité des marchés et lui faire gagner en rentabilité.

Le groupe vise ainsi un bénéfice net de 3,8 milliards d'euros d'ici 2013 et de 6,5 milliards en 2015.

Federico Ghizzoni devra toutefois convaincre les principaux actionnaires d'UniCredit de soutenir cette augmentation de capital, la troisième depuis 2009. Le fonds souverain libyen détient par ailleurs 7,5% du capital de la banque, une participation toujours gelée en raison des sanctions imposées à la Libye durant le conflit qui a mené à la chute du régime du colonel Kadhafi.

Mediobanca et Bank of America-Merrill Lynch sont à la tête d'un vaste consortium de banques chargées de l'augmentation de capital, parmi lesquelles Credit Suisse , JP Morgan, BNP Paribas, Société générale, UBS et Deutsche Bank. Leur mandat expire en avril 2012.

Une augmentation de capital de 7,5 milliards d'euros serait la plus importante menée par une banque européenne depuis celle de Deutsche Bank en octobre 2010 (10,2 milliards d'euros), éclipsant la recapitalisation de 5,3 milliards d'euros de Commerzbank et celle de 5 milliards d'euros d'Intesa en juin dernier.

Voir aussi:

* BREAKINGVIEWS-UniCredit's capital hike is a wager on Europe

* GRAPHIQUE des recapitalisations de banques européennes depuis fin 2008:

r.reuters.com/byn53s

* Les banques européennes en graphiques :

link.reuters.com/qux33s (Natalie Huet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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