11 novembre 2011 / 07:19 / dans 6 ans

LEAD 2-Richemont reste prudent pour le luxe malgré un bon S1

* CA de E4,21 mds au S1, bénéfice de 709 mlns

* Hausse significative du REX attendue pour l‘exercice en cours

* Ventes en hausse de 60% au S1 en Asie-Pacifique

par Nathalie Olof-Ors

ZURICH, 11 novembre (Reuters) - Compagnie Financière Richemont se montre prudent pour le secteur du luxe malgré un premier semestre supérieur aux attentes et une augmentation significative du résultat d‘exploitation envisagée pour l‘année en cours.

Sur les six premiers mois de l‘année, le chiffre d‘affaires du numéro deux mondial du luxe, propriétaire des maisons de joaillerie Cartier et Van Cleef & Arpels, a grimpé de 36% à taux de changes constants, pour s’établir à 4,21 milliard d‘euros.

Le rythme de croissance a néanmoins donné des signes de fléchissement en octobre, les ventes étant ressorties en hausse de 26%.

Les valeurs du luxe semblent jusqu‘ici défier la crise, mais les incertitudes subsistent dans ce secteur hautement cyclique, la question restant de savoir si la croissance en Asie permettra d’échapper à la crise.

“Au second semestre, l‘impact sur l‘industrie du luxe des difficultés économiques auxquelles le monde est confronté et la base de comparaison élevée à laquelle se mesureront les ventes du groupe nous incitent à la prudence”, a commenté vendredi Johann Rupert, son président directeur général.

Lors d‘une conférence téléphonique, l‘homme d‘affaires sud-africain, réputé dans les milieux financiers pour la prudence de ses prévisions, a déclaré aux journalistes que l‘environnement économique est beaucoup plus complexe à appréhender que par le passé.

“Aujourd‘hui nous ne pouvons pas prédire si l‘Europe et les Etats-Unis connaîtront une récession profonde ou si l’économie sera en mesure de rebondir”, a-t-il dit. “Il ne s‘agit pas d‘une fausse modestie ou d‘un excès de conservatisme de ma part, mais nous ne savons tout simplement pas.”

Johann Rupert a toutefois souligné que sa gestion “conservatrice” permettait au groupe de parer à toutes les situations, notant la solidité du bilan de Richemont.

A la clôture des comptes au 30 septembre, le groupe s‘appuie sur une trésorerie nette de 2,59 milliards d‘euros.

Dans son communiqué, le groupe précise également que le résultat d‘exploitation pour l‘année en cours devrait être “nettement supérieur” à celui de l‘exercice précédent.

A 15h55 GMT, le titre, en baisse en matinée, prenait 1% à 48,58 francs, tandis que l‘indice européen regroupant les valeurs du luxe gagnait 1,5%.

BOND DE 60% DES VENTES EN ASIE

Durant le premier semestre, Richemont a de nouveau affiché une forte croissance en Asie, où les ventes ont bondi de 60% à taux de changes constants.

Le groupe a également affiché de solides performances dans les régions Amériques et en Europe, où les ventes ont augmenté respectivement de 35% et 22%.

Lors de ses trimestriels, son concurrent LVMH avait fait état d‘un “petit ralentissement” dans la région. (voir )

Johann Rupert a reconnu que la demande intérieure était plutôt faible en Europe mais que les ventes continuaient à bénéficier des flux touristiques.

“Richemont superforme clairement ses pairs”, salue René Weber, analyste chez Vontobel, qui prévoit de relever ses prévisions et son objectif de cours.

L‘analyste pointe néanmoins le déclin des marges dans l‘horlogerie, qui ont reculé de 220 points de base à 26,6%, sur ce segment où les coûts sont majoritairement libellés en francs suisses.

Au niveau du groupe, la marge brute s‘est établie à 63,2%, reculant 160 points de base. Gary Saage, le directeur financier, a précisé aux analystes que la marge devrait se maintenir à ce niveau cette année, dans la mesure où le groupe s‘abstiendra d‘augmenter ses prix durant les fêtes de Noël.

La marge opérationnelle devrait par ailleurs être plus basse au second semestre en raison d‘une hausse des dépenses de marketing.

Le bénéfice net a également dépassé le consensus, s’établissant à 709 millions d‘euros, en progression de 10%.

En septembre, les valeurs du luxe avaient été chahutées en Bourse face aux craintes de ralentissement de la croissance chinoise, mais elles ont depuis rattrapé une partie de leurs pertes après une salve de trimestriels qui ont apaisé les marchés.

L‘action Richemont, qui accuse une baisse de près de 13% cette année, se traite à 14,1 fois les bénéfices à mars 2013, soit une décote par rapport à LVMH, dont le ratio cours/bénéfice s’élève à 16,5 fois 2012. (Edité par Pascal Schmuck etDominique Rodriguez)

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