ENCADRE-L'exode des banques de la dette souveraine s'accélère

jeudi 3 novembre 2011 16h26
 

par Lionel Laurent et Steve Slater

LONDRES/PARIS, 3 novembre (Reuters) - Les banques, en particulier BNP Paribas et ING , ont décidé de se délester de milliards d'euros de dette souveraine de la zone euro, afin de réduire leur exposition aux pays jugés les plus fragiles de la région.

D'autres établissements financiers devraient leur emboîter le pas, échaudés par la crise de la zone euro, encore accentuée par les spéculations sur une sortie de la Grèce de l'euro, ce qui dévaloriserait la dette publique de la République hellénique.

"La valeur de marché de la dette des pays qui sont surveillés de plus près devrait baisser encore avec le désengagement des banques vis-à-vis de la dette souveraine", a observé mercredi Charles Dallara, directeur général de l'Institut de la finance internationale (Ifi).

BNP, le plus gros détenteur privé étranger de dette publique grecque, a annoncé jeudi avoir passé 2,2 milliards d'euros de dépréciations sur la dette souveraine grecque détenue dans ses comptes. (Voir )

Le gouvernement français a demandé à la banque de ne pas vendre la dette grecque qu'elle détenait, afin de ne pas contribuer à la déstabilisation de la zone euro, rapporte un banquier senior, qui n'a pas voulu être identifié.

La BNP, qui a ramené ainsi ses créances sur l'Etat grec à 40% de leur valeur, a également perdu 362 millions d'euros au troisième trimestre avec la vente de presque 25 milliards d'euros de dette souveraine, soit un quart de son portefeuille. La première banque française a notamment réduit de 8,3 milliards son portefeuille de titres italiens, pour le ramener à 12,2 milliards d'euros.

LA BCE, PLUS GROS ACHETEUR   Suite...