2 novembre 2011 / 12:28 / dans 6 ans

LEAD 2-Paris demande aux banques de se renforcer sans couper le crédit

* Les banques ont confirmé viser 9% de fonds propres durs d‘ici juin

* Elles n‘auront pas besoin d‘argent public, redit Fillon

* Les banques promettent une baisse “significative” des bonus en 2011

* Une large part des bénéfices seront mis en réserve

* L’évolution du crédit bancaire aux entreprises suivie de près (Actualisé avec communiqué de la FBF)

PARIS, 2 novembre (Reuters) - Le gouvernement français a demandé mercredi aux banques de s‘attaquer prioritairement au renforcement de leurs fonds propres pour faire face à la crise de la dette en zone euro, quitte à réduire dividendes et bonus, mais tout en maintenant la dynamique du crédit aux entreprises.

A l‘issue d‘une réunion en fin de matinée avec le Premier ministre François Fillon, les dirigeants des principales banques françaises se sont engagés à réduire de manière “significative” les bonus qui seront versés en 2011 et à mettre en réserve une large part de leurs bénéfices pour se recapitaliser.

Les banques françaises “poursuivront une politique de distribution raisonnable et modérée comme elles l‘ont fait par le passé en mettant en réserve une très large part de leurs bénéfices”, fait savoir la Fédération bancaire française dans un communiqué.

Les dirigeants européens sont convenus la semaine dernière que les banques devraient afficher d‘ici juin prochain un ratio de fonds propres “durs” (Core Tier 1) de 9%, ce qui implique pour nombre d‘entre elles une recapitalisation.

“Les représentants des banques françaises, qui ont déjà considérablement renforcé leurs fonds propres depuis 2008, à hauteur de 50 milliards d‘euros, m‘ont confirmé ce matin qu‘ils seraient en mesure d‘atteindre cette nouvelle cible d‘ici juin 2012, principalement en mobilisant leurs bénéfices et en maîtrisant leurs risques”, a déclaré François Fillon à la presse après la réunion avec les banquiers.

Chaque banque présentera avant le 15 décembre un plan détaillé pour atteindre cet objectif, a précisé le chef du gouvernement, ajoutant que les banques n‘auraient pas besoin de capitaux publics pour y parvenir.

L‘Autorité bancaire européenne (ABE) a estimé à 8,8 milliards d‘euros les besoins de recapitalisation des banques françaises, sur un total de 106 milliards pour l‘ensemble du secteur en Europe. (Voir )

“Les représentants des banques m‘ont confirmé leur objectif d‘aller au-delà et d‘anticiper l‘application des règles de solvabilité de l‘accord de Bâle III dès 2013, soit bien en avance par rapport au calendrier prévu par cet accord”, a ajouté le Premier ministre.

BAISSE OBLIGATOIRE DES BONUS

Les accords de Bâle III prévoient, outre un renforcement du ratio de fonds propres durs, la création de “coussins de sécurité” supplémentaires, des réserves de capitaux qui doivent permettre aux banques de résister à des chocs économiques ou financiers importants.

“Le renforcement des fonds propres des banques doit être leur priorité absolue”, a souligné François Fillon. “Compte tenu du contexte, elles devront faire preuve de la plus grande modération dans la distribution des dividendes aux actionnaires et en ce qui concerne leur politique de rémunérations et de bonus.”

“J‘ai demandé au gouverneur de la Banque de France d’être particulièrement vigilant sur ce point en fixant en amont le montant des enveloppes envisagées et en utilisant en tant que de besoin les pouvoirs dont il dispose.”

Concernant les seuls bonus, il a d‘ores et déjà prévenu que “compte tenu du contexte, les montants qui sont accordés au titre de l‘année 2011 devront être en baisse significative”.

Deuxième condition posée par François Fillon aux banques: le renforcement des fonds propres “ne doit pas se faire au détriment du financement de l’économie de notre pays”.

Les responsables européens veulent en effet éviter que la recapitalisation du système bancaire se traduise dans les faits pour une raréfaction des prêts bancaires qui pénaliserait toute perspective de reprise économique.

Le Premier ministre a donc mis en garde les banques contre un resserrement du crédit aux PME, tout en se félicitant des dernières statistiques du crédit aux entreprises en France, qui montrent une hausse de 5,1% de l‘encours sur un an en septembre, “très supérieure” à la moyenne de la zone euro (1,6%).

“Il est essentiel que cette dynamique continue”, a-t-il dit. “Il est essentiel que les représentants des banques s‘engagent à tout mettre en oeuvre pour que cette croissance du crédit aux PME se poursuive et qu‘elle soit en cohérence avec l’évolution du PIB.”

Le gouvernement a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2012, à 1,0% contre 1,75% initialement.

Le ministère de l‘Economie, le gouverneur de la Banque de France et le médiateur du crédit, Gérard Rameix, sont chargés d‘assurer un suivi trimestriel du crédit, a précisé François Fillon. (Marc Angrand et Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot)

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