Fillon juge prioritaire le renforcement des bilans des banques

mercredi 2 novembre 2011 12h45
 

PARIS, 2 novembre (Reuters) - Les représentants des banques françaises ont confirmé mercredi leur intention de renforcer leurs fonds propres d'ici juin prochain sans faire appel à l'argent public et elles devront faire preuve de modération en matière de dividendes et de bonus, a déclaré mercredi le Premier ministre, François Fillon.

Le chef du gouvernement s'exprimait après une réunion avec les dirigeants des principales banques françaises, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, et le ministre de l'Economie, François Baroin, consacrée aux suites du dernier sommet européen et au financement de l'économie.

Les dirigeants européens sont convenus la semaine dernière que les banques devraient afficher d'ici juin prochain un ratio de fonds propres "durs" (Core Tier 1) de 9%, ce qui impliquent pour nombre d'entre elles une recapitalisation.

"Les représentants des banques françaises (...) m'ont confirmé ce matin qu'ils seraient en mesure d'atteindre cette nouvelle cible d'ici juin 2012 principalement en mobilisant leurs bénéfices et en maîtrisant leurs risques", a dit François Fillon à la presse.

Chaque banque présentera avant le 15 décembre un plan détaillé pour atteindre cet objectif, a-t-il précisé, ajoutant que les banques n'auraient pas besoin de capitaux publics pour y parvenir.

"Le renforcement des fonds propres des banques doit être leur priorité absolue", a-t-il souligné, ajoutant qu'elles devraient faire de "la plus grande modération" en matière de distribution de dividendes et de bonus.

Nicolas Sarkozy avait déclaré jeudi dernier vouloir en finir avec les "rémunérations absolument invraisemblables" des banques, avec en toile de fond les bonus des traders. (Voir )

L'Autorité bancaire européenne (ABE) a estimé à 8,8 milliards d'euros les besoins de recapitalisation des banques françaises, sur un total de 106 milliards pour l'ensemble du secteur en Europe. Elle a souligné que les banques devraient si besoin renoncer aux bonus et aux dividendes pour renforcer leurs fonds propres. (Voir [ID:ID:nL5E7LP3MM]) (Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)