DIGEST Les banques américaines tirent profit de leur faiblesse

vendredi 14 octobre 2011 10h32
 

NEW YORK, 14 octobre (Reuters) - Les turbulences des derniers mois sur le marché de la dette pourraient avoir certains effets paradoxaux sur les résultats des banques américaines, sans pour autant impressionner les investisseurs.

JPMorgan Chase & Co a ainsi annoncé jeudi qu'un quart environ de ses profits du troisième trimestre résultaient d'une étonnante règle comptable connue sous l'appellation d'"ajustement de la valorisation des dettes" (debt valuation adjustements ou DVA). (Voir )

En clair, le fait d'intégrer dans les comptes l'augmentation du risque lié à une obligation réduit l'engagement du porteur, donc génère des bénéfices comptables.

Dans le cas de JPMorgan, les investisseurs ont été déçus de constater qu'une part aussi importante des profits découlait de cette astuce comptable et non d'activités générant réellement des liquidités: l'action a fini en baisse de 4,8% après les résultats. Et les concurrents du groupe risquent les mêmes sanctions, estiment des analystes.

Les bénéfices liés aux DVA pourraient atteindre un milliard de dollars chez Morgan Stanley et 300 millions chez Goldman Sachs , voire davantage, au point de représenter l'essentiel des profits du troisième trimestre.

Mais les experts soulignent la difficulté d'estimer à l'avance les gains liés aux DVA, car chaque banque a sa propre politique et dispose d'une certaine marge de manoeuvre en matière de valorisation.

"Beaucoup de gens considèrent les DVA comme un 'bruit' comptable", résume Matthew Morris, directeur du conseil de RGL Forensics. "C'est contraire au sens commun puisque qu'un facteur qui affaiblit l'entreprise se traduit en quelque sorte par un impact positif."

Pour l'intégralité de cette analyse (en anglais): (Lauren Tara LaCapra, Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)