14 octobre 2011 / 14:19 / dans 6 ans

Les valeurs de rendement de retour en vogue avec la crise

* Des fonds de rendement lancés récemment en Europe

* Les secteurs aux fortes barrières à l‘entrée prisés

* Les valeurs assurant des dividendes solides et réguliers privilégiées

par Mehdi-Nicolas El Moueffak

PARIS, 14 octobre (Reuters) - Jugées presque ringardes il y a quelques années, éclipsées par les valeurs de croissance, les actions assurant des rendements élevés retrouvent les faveurs de certains fonds de gestion en raison de l‘incertitude économique et de la faiblesse des taux d‘intérêt nourries par la crise des dettes souveraines.

Il s‘agit généralement de sociétés distribuant une large part de leurs bénéfices sous forme de dividendes car elles sont arrivées à maturité et ont peu d‘investissements à financer. Des valeurs que le niveau historiquement bas des taux d‘intérêt et la baisse des cours de Bourse rendent aujourd‘hui plus attrayantes.

“Les rendements des obligations sont très bas, et risquent de le rester”, explique Hervé Thiard, directeur général de Pictet & Cie à Paris, qui vient de lancer un nouveau fonds baptisé “High Dividend Selection”.

“Il y a peu de bonnes nouvelles au niveau de la croissance, il est donc risqué d‘investir dans des valeurs cycliques. Et les banques centrales devraient conserver des taux d‘intérêt bas.”

Bruno Lippens, gérant chez Pictet, met quant à lui en avant l’écart “massif” entre le rendement des emprunts d‘Etat et celui de ce type d‘actions.

Près des deux tiers des sociétés du CAC 40 et plus de la moitié des entreprises du SBF 120 offrent un rendement des dividendes en 2011 supérieur à celui des emprunts à 10 ans de l‘Etat français (OAT) , tombé à 2,5% début septembre même s‘il est remonté depuis au-dessus de 3%.

Graphique de l’évolution des OAT 10 ans et du rendement des actions du SBF 120 depuis 2000:

r.reuters.com/fet44s

Globalement en Europe, plus des deux tiers des sociétés de l‘indice paneuropéen Stoxx 600 offrent des rendements supérieurs à celui du Bund 10 ans .

Graphique de l’évolution du Bund 10 ans et du rendement des actions du Stoxx 600 depuis 2000:

r.reuters.com/nap44s

En tête du classement figurent des sociétés habituées à distribuer des dividendes importants; telles que France Télécom , Vivendi ou Total qui offrent des rendements respectifs en 2011 de 9,7%, 9,39% et 7,06%.

Le rendement des dividendes est particulièrement attractif dans certains secteurs à forte barrière à l‘entrée, notamment ceux des services aux collectivités, des télécommunications, de l’énergie ou encore de la pharmacie.

“Les valeurs à dividendes visibles offrent un retour à l‘actionnaire sécurisé, peu dépendant des conditions économiques et de marché”, expliquait jeudi Philippe Lecoq, directeur adjoint et coresponsable de la gestion actions européennes chez Edmond de Rothschild Asset Management, lors d‘une conférence de presse.

Des groupes comme Telefonica et Eni en Europe, ou AT&T aux Etats-Unis, offrent respectivement pour 2011 des rendements de 9,3%, 6,7% et 6%.

“Ils présentent un profil risque-rendement particulièrement attrayant (...) dans une période d‘incertitude sur les marchés”, commente Hans Peter Portner, gérant du fonds Pictet-High Dividend Selection.

DES DIVIDENDES SOLIDES ET RÉGULIERS

Le niveau actuel de rendement ne doit pas cependant être le seul critère de choix pour les investisseurs, soulignent les professionnels, qui invitent à se concentrer sur les entreprises offrant une visibilité élevée en la matière.

France Télécom et GDF Suez offrent par exemple respectivement des rendements de 7,67% et 4,53% en moyenne entre 2006 et 2011.

Ce type d‘actions fait en outre office de couverture naturelle contre l‘inflation, ajoute Pictet & Cie.

Les risques liés au contexte économique, budgétaire et réglementaire doivent toutefois être pris en compte. Quitte à se méfier des rendements trop élevés.

“Dans un environnement en crise, on va être prudent sur certaines zones, certaines valeurs”, a déclaré Violette Grzywna, gérante de portefeuille chez Groupama Asset Management, qui vient de lancer un nouveau fonds “European Equity High Dividend”.

Le rendement attractif de 12,7% affiché par le poids lourd allemand de l’énergie RWE ne doit ainsi pas faire oublier que le résultat net récurrent du groupe risque de chuter de 35% environ cette année et que la nouvelle taxe nucléaire instaurée par Berlin pourrait peser sur son avenir. (voir )

S‘il peut être particulièrement pertinent dans le contexte actuel, l‘investissement dans les valeurs de rendement le serait évidemment moins en cas de reprise conjoncturelle, qui se traduirait par une remontée des taux d‘intérêt et des cours de Bourse.

“Si on est en boom économique, ce portefeuille-là (G-Fund spécialisé dans les actions à haut dividende) sera en retrait”, reconnaît Claire Chaves d‘Oliveira chez Groupama AM.

* LE POINT sur la gestion d‘actifs en France (Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez)

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