10 octobre 2011 / 19:50 / il y a 6 ans

LEAD 2-EADS pas impacté par les difficultés des banques françaises

* Les banques étrangères prennent le relais-Gallois

* EADS prêt à un financement "raisonnable" de ses ventes

* Appel à des décisions politiques rapides sur la crise (Actualisé avec citations de Louis Gallois et contexte)

PARIS, 10 octobre (Reuters) - EADS n'est pas impacté par les difficultés que rencontrent les banques françaises à trouver certains financements en dollars mais est prêt si besoin à financer ses ventes dans des proportions raisonnables, a déclaré lundi Louis Gallois, président exécutif de la maison mère de l'avionneur Airbus.

Il a également appelé à des décisions politiques rapides pour sortir l'économie de l'incertitude actuelle sur la crise de la dette souveraine.

"Pour le moment, côté banques françaises, il y a des problèmes de financement clairs des ventes d'avions (...) mais ce sont les banques étrangères qui prennent le relais, ce sont celles qui disposent de dollars", a-t-il dit à des journalistes.

Il s'exprimait en marge du lancement de la "Fabrique de l'Industrie", groupe de réflexion (think tank) mis sur pied par trois fédérations patronales de l'industrie afin de réfléchir aux moyens de réindustrialiser l'Hexagone.

"Les banques françaises ont indiqué qu'elles avaient certaines pénuries en dollars, mais cela ne se traduit pas pour nous par une pénurie, nous on sait faire face, je le regrette pour les banques françaises", a-t-il ajouté.

Louis Gallois a précisé qu'il faisait référence au financement des compagnies aériennes clientes, pas à celui d'EADS dont la trésorerie est positive.

"On est prêt à faire un certain effort de financement de nos ventes, mais nous ne sommes prêts à le faire que dans un cadre raisonnable, il y a un plafond pour cela", a poursuivi le président exécutif d'EADS, rappelant que le groupe avait évoqué lors de la crise de 2008-2009 un montant d'un milliard d'euros par an, niveau jamais atteint.

"Il y a donc de la marge, mais notre métier n'est pas cela, nous ne sommes pas des banquiers. On peut accroître notre effort dans les périodes difficiles, mais il y a une limite qu'il ne faut pas dépasser."

INCERTITUDE SUR L'ACCES AU CREDIT

L'action EADS avait trébuché le 22 septembre à la Bourse de Paris en raison de la crainte d'un effet domino sur les constructeurs aéronautiques des difficultés de refinancement en dollars des banques françaises, qui ont compté pour environ 31% dans le financement des transactions aéronautiques en 2010.

La maison-mère d'Airbus s'était alors dit confiante dans le financement de ses commandes d'avions tandis que Thomas Enders, président exécutif d'Airbus, avait déclaré que l'avionneur était prêt à aider ses clients qui seraient en difficulté de financement.

"(La) situation financière est très instable et j'espère que les décisions politiques vont être prises aussi rapidement que possible", a ajouté Louis Gallois lundi soir. "Toute incertitude alimente à la fois des craintes et des spéculations."

Dans le contexte actuel de craintes sur un nouvel assèchement du crédit, ou "credit crunch", dans le sillage de la crise de la dette souveraine et des inquiétude sur la solidité des banques, lee président du Groupe des équipements de l'aéronautique et de la défense (GEAD) déclarait vendredi dernier que la prudence des banquiers menaçait certains petits sous-traitants car ceux-ci auraient du mal à suivre l'actuelle montée en cadence de la prodution aéronautique. (voir )

Les Echos rapportent par ailleurs dans leur édition de mardi que les Airbus A320 assemblés en Chine bénéficieraient des mêmes aides à l'exportation que les appareils construits en Europe, via les agences de crédit export des gouvernements français, allemand et britannique.

Le dispositif permettrait au final aux compagnies aériennes chinoises de bénéficier de prêts à taux plus avantageux pour des appareils produits en Chine, explique le quotidien économique.

Personne n'était disponible dans l'immédiat chez Airbus pour commenter ces informations des Echos. (Gilles Guillaume, avec Marie Mawad et James Regan, édité par Wilfrid Exbrayat)

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