Espagne/Loterie-La politique explique le report de la privatisation-sces

jeudi 29 septembre 2011 13h18
 

MADRID, 29 septembre (Reuters) - Le gouvernement socialiste espagnol a brusquement annulé la privatisation partielle de la loterie nationale sous la pression de l'opposition de droite et des banques, apprend-on de sources du marché.

La vente et l'introduction en Bourse de Loterias y Apuestas del Estado (LAE) devait rapporter neuf milliards d'euros à l'Etat et la constitution du livre d'ordres devait commencer vendredi.

Quelque 30% du capital des Loterias devaient être mis en vente dans le public et introduits en Bourse, mais l'opération faisait l'objet d'une forte opposition du Parti populaire (PP), donné gagnant par les sondages aux élections de novembre. Le PP avait accusé le gouvernement de brader un des derniers actifs intéressants à vendre par l'Etat.

LAE a versé 2,3 milliards d'euros l'an dernier aux heureux gagnants de ses tirages. La privatisation partielle devait constituer la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée en Espagne.

En outre, les banques espagnoles participant à l'opération, Santander et BBVA , considéraient les Loterias comme une concurrente directe à leurs projets de lever des fonds pour renforcer leur capital.

"La pression des banques impliquées est la raison derrière cette décision. Les banques ont besoin de capital pour renforcer leurs bilans et Loterias représentait une concurrence directe. Elle aurait attiré les investisseurs qui auraient sinon ouvert des comptes dont les banques ont vraiment besoin", commente un gérant de fonds chez un des principaux établissements espagnols.

Le ministère de l'Economie a expliqué pour sa part que la vente avait été annulée parce que le prix qui allait être obtenu compte tenu de la baisse des marchés boursiers n'était pas celui escompté par le gouvernement.

Mais certains affirment que c'est avant tout l'opposition du PP qui a conduit à l'annulation de l'opération.

"C'est totalement se plier à la pression de l'opposition. C'est une catastrophe pour l'Espagne. Il y a maintenant moins d'argent pour réduire les besoins d'emprunt et une prime de risque accrue parce que le pays n'a pas été capable de vendre ce bien précieux", dit-on de source proche de l'opération.   Suite...