LEAD 1-UBS-Les marchés saluent la nomination d'un nouveau DG

lundi 26 septembre 2011 11h05
 

 ZURICH, 26 septembre (Reuters) - Les marchés ont bien
accueilli la nomination d'un nouveau directeur général pour UBS
  qui devra redimensionner la banque
d'investissement après le scandale suscité par les pertes de 2,3
milliards de dollars consécutives à des transactions non
autorisées d'un de ses traders à Londres. 	
 Vers 08h30 GMT, l'action d'UBS, qui a déjà perdu plus de 34%
depuis janvier, bondit de 2,87% à 10,41 francs après avoir
ouvert en baisse de près de 3%, pendant que l'indice européen
des valeurs valeurs bancaires progresse de 2,78%.	
 UBS a nommé Sergio Ermotti, responsable pour l'Europe, le
Proche-Orient et l'Afrique, afin de succéder à Oswald Grübel, un
ancien trader âgé de 67 ans venu du Crédit Suisse, qui avait été
nommé à la tête d'UBS en 2009 pour essayer de redresser la
banque après sa quasi-faillite en 2008.	
 Les spéculations ont fleuri après la départ d'Oswald Grübel,
certains évoquant des divergences sur la stratégie (voir
 ) 	
 "Oswald Grübel quitte UBS à un moment difficile. Non
seulement la nouvelle réglementation va impacter la rentabilité
de la banque d'investissement à l'avenir mais il n'est pas
encore certain que les clients de la gestion de fortunes gardent
leur confiance en la banque en y déposant des fonds dans un
climat de secousses dues au courtage et de contrôle des risques
insupportable", estime Michael Rohr chez Silvia Quandt Research.	
  Peter Thorne, analyste chez Helvea, estime pour sa part que
le départ d'Oswald Grübel et le redimensionnement de la banque
d'investissement doivent être considérés comme des
développements positifs.	
 "Peut-être, la seule surprise est que Sergio Ermotti n'ait
pas été nommé définitivement", ajoute-t-il.	
 Sergio Ermotti, dont Kaspar Villiger a déclaré qu'il
pourrait être un bon candidat pour garder le poste à titre
permanent, a dit lors d'une visioconférence avec des
journalistes qu'UBS allait renforcer ses contrôles en matière de
risques au niveau du groupe. 	
 "Nous nous attendons à ce que Sergio Ermotti accélère
l'implantation d'une stratégie centrée sur les clients dans la
banque d'investissement, se concentre sur l'efficacité des
capitaux et améliore rapidement la gestion du risque", explique
de son côté Teresa Nielsen, analyste à la banque Vontobel. 	
 	
 UN REDIMENSIONNEMENT DÉLICAT	
 "C'est un puissant signe qu'UBS va désormais se concentrer
sur la gestion de fortunes, avec une banque d'investissement en
soutien de ces activités", a estimé un gestionnaire de fonds qui
a travaillé avec Oswald Grübel à la banque d'investissement de
Credit Suisse.	
 Le départ de Carsten Kengeter, directeur de la banque
d'investissement, était également évoqué mais le président
Kaspar Villiger a pris sa défense en louant l'"excellent
travail" effectué pour limiter les pertes après la découvertes
des transactions non-autorisées.	
 "Mais ce n'est pas important, car Kaspar Villiger est
lui-même sur le départ", a tempéré un courtier basé à Zurich,
rappelant que Axel Weber doit lui succéder en avril 2013.	
 "Grübel n'a pas démissionné, il a été poussé dehors. Cela
aurait peut-être été mieux si Casten Kengeter et Maureen
Miscovic, la responsable de la gestion du risque, avaient payé
pour la fraude découverte", a estimé un gestionnaire de fonds
chez UBS.	
 "Nous ne partageons pas l'enthousiasme des investisseurs
pour la réorientation stratégique", explique Dirk Becker chez
Kepler Capital Markets, pour qui une telle opération dans la
banque d'investissement sera difficile en raison des 17.000
personnes qu'elle emploie et des 135 milliards de francs en
actifs risqués.	
 "La perte pourrait également porter un coup à la confiance
des clients et provoquer de nouvelles sorties de fonds dans la
gestion de fortunes. Nous restons prudents", a-t-il ajouté.	
 Jon Peace chez Nomura estime de son côté qu'UBS devrait
pouvoir tirer son épingle du jeu. "Nous ne pensons pas que le
dégât d'image se traduira par une hémorragie, surtout dans un
environnement où ses pairs sont affectés par d'autres problèmes,
parfois de nature judiciaire."	
	
 (Martin de Sa'Pinto et Catherine Bosley, avec Ruppert
Pretterklieber et Pascal Schmuck, édité par Robin Bleeker et
Jean Décotte)