6 octobre 2009 / 05:09 / dans 8 ans

LEAD 2 ITW Cellectis - Après Monsanto, d'autres accords en vue

* L‘accord avec Monsanto rapportera à terme 100 à 150 millions d‘euros

* Des acquisitions toujours en vue après les échecs de 2009

* Perte au premier semestre mais confirmation de l‘objectif de rentabilité pérenne à horizon 2012

Par Noëlle Mennella

PARIS, 6 octobre (Reuters) - L‘accord de recherche et de commercialisation conclu par Cellectis (ALCLS.PA) avec Monsanto (MON.N), le leader des semences génétiquement modifiées, devrait rapporter jusqu’à 150 millions d‘euros à la société française de biotechnologie, qui envisage de conclure d‘autres accords dans ce secteur de l‘agrochimie.

Dans une interview téléphonique accordée à Reuters, Marc Le Bozec, son directeur financier, a précisé : “Les paiements d’étape porteront au total sur quelques dizaines de méganucléases (des protéines, NDLR) pour atteindre les 100 à 150 millions d‘euros entre maintenant et 5 à 6 ans. Ensuite, Monsanto devra des redevances sur le prix de vente des produits finis.”

“C‘est le premier accord portant sur notre technologie qui atteint ces volumes là. Monsanto est une grande référence en matière de biotechnologie. C‘est une vraie validation de notre technologie et on le voit dans l‘accueil que l‘on reçoit, depuis cet accord, de la part des gérants de fond et des analystes aux Etats-Unis”, a souligné le directeur financier de la société spécialisée dans la programmation de l‘ADN.

L‘opération, annoncée début septembre, a été saluée par une hausse de près de 20% du cours de Cellectis.

Marc Le Bozec a ajouté que Cellectis continuerait “à chercher à réaliser d‘autres accords” dans le domaine des organismes génétiquement modifiés, dont le marché est estimé à une dizaine de milliards d‘euros. Elle en a déjà conclu avec Bayer (BAYGn.DE), BASF BASF.DE, Dupont DD.N et Limagrain.

Mais Marc Le Bozec dit aussi espérer que, “dans quelques années”, le thérapeutique constituera l‘essentiel de l‘activité de la société.

MONSANTO ENTRE AU CAPITAL

Cellectis développe, conçoit et commercialise des protéines (les méganucléases) qui vont agir comme des ciseaux élaborés pour aller couper une zone précise dans l‘ADN.

Une fois la césure accomplie, Cellectis dispose de la technologie nécessaire à l‘insertion du gène désiré. Cette insertion a pour principale caractéristique d’être précise et ciblée ce qui, selon les experts, constitue une véritable révolution par rapport aux méthodes existantes.

Au-delà de l‘agrochimie, Cellectis, dont le principal concurrent est l‘américain Sangamo (SGMO.O), applique sa technique à la santé humaine (maladies génétiques), la bioproduction (bactéries, cellules animales) et les outils de recherche.

L‘accord conclu avec Monsanto prévoit que le groupe américain entrera dans le capital de Cellectis à hauteur de “moins de 1% du capital en achetant près de 90.000 actions nouvelles de la société”.

Marc Le Bozec a annoncé que, depuis le début de l‘année, les investisseurs en capital-risque présent au tour de table de Cellectis avaient vendu des titres au fil de l‘eau et qu‘ils contrôlaient aujourd‘hui 30% du capital contre 40% auparavant.

“Il est possible que des grands acteurs ou des institutionnels prennent progressivement de la place au capital et les remplacent. On envisagera aussi de faire une opération de reclassement pour permettre la vente de blocs d‘actions existantes”, a indiqué le directeur financier.

APPEL AU MARCHE EN CAS D‘ACQUISITION

Il a par ailleurs annoncé que Cellectis espérait signer “dans les prochains mois deux ou trois accords” de développement avec des partenaires qui ont testé sa technologie.

“Une vingtaine de discussions sont en cours”, a-t-il dit, précisant que les transactions pourraient porter sur “des millions voire des dizaines de millions d‘euros” et qu‘une signature en 2009 était envisageable.

Sur le terrain des acquisitions, Marc Le Bozec a indiqué que les deux propositions de rachat faites par la société en 2009 n‘avaient pas été retenues mais que d‘autres étaient en cours et “pourraient raisonnablement” aboutir en 2010.

Si c’était le cas, Cellectis devrait faire appel au marché, a-t-il ajouté.

“On va continuer à grandir tout en faisant attention à notre trésorerie et à nos fonds propres”, a ajouté Marc Le Bozec.

Il a également indiqué que la trésorerie de Cellectis devrait se situer entre 20 et 25 millions d‘euros à la fin 2009, contre 27 millions à l‘issue du premier semestre.

Sur cette période, la société a accusé une perte de 2,8 millions d‘euros, après un bénéfice de 1,3 millions un an plus tôt. Elle devrait rester dans le rouge sur la totalité de l‘exercice, a ajouté Marc Le Bozec, confirmant cependant l‘objectif de rentabilité pérenne à l‘horizon 2012 de la société.

Créée en 2000 par scission de l‘Institut Pasteur, Cellectis a été introduite en Bourse en 2007. Après avoir démarré mardi sur une hausse de 2,45% à 13,78 euros, l‘action inscrivait vers 11h00 un cours de 13,51 euros (+0,45%) faisant ressortir une capitalisation boursière de près de 129 millions d‘euros.

Édité par Benjamin Mallet

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