LEAD 2 Lafarge abaisse sa prévision pour le ciment, Rex en ligne

vendredi 6 novembre 2009 11h16
 

* Lafarge attend une baisse de 6 à 8% des volumes de ciment
en 2009
 * Rex courant en ligne au T3, CA inférieur au consensus
 * L'action perd près de 4%
 * Un redressement pourrait se dessiner à partir du S2 2010
 * En avance sur le plan d'économies
 
 (Actualisé avec téléconférence, précisions, cours, analyste)
 par Gilles Guillaume et Leila Abboud
 PARIS, 6 novembre (Reuters) - Lafarge LAFP.PA a revu une
nouvelle fois en baisse vendredi sa prévision de la demande
mondiale en ciment pour 2009 mais dit s'attendre à un possible
redressement à compter du second semestre 2010.
 Pour le troisième trimestre 2009, le premier cimentier
mondial a fait état d'un chiffre d'affaires en baisse de 20% à
4,25 milliards d'euros, inférieur au consensus préparé par la
rédaction de Reuters à partir des estimations de huit analystes,
qui donnait 4,62 milliards.
 Le résultat d'exploitation courant a reculé quant à lui de
28% à 852 millions sur la période, en ligne cette fois avec le
consensus (856 millions). Au deuxième trimestre, le Rex courant
avait également baissé de 28%.
 "Le troisième trimestre a montré les tout premiers signes de
stabilisation du ralentissement économique mondial", a commenté
Bruno Lafont, le PDG de Lafarge, dans un communiqué.
 "L'amélioration progressive de la situation économique,
associée aux plans de relance des gouvernements et à leur part
importante de dépenses d'infrastructures annoncées, devraient
avoir un impact positif sur nos marchés à partir de la seconde
partie de 2010", a-t-il ajouté.
 Lafarge avait déclaré jusqu'ici s'attendre à ce que les 
plans de relance se fassent sentir dans le courant de l'an
prochain, sans plus de précisions.
 Vers 11h15, l'action perd 3,95% à 55,70 euros. Depuis le
début de l'année, le titre a bondi de 48%, surperformant
notamment le concurrent suisse Holcim HOLN.VX qui a gagné sur
la période 23%.
 "Les résultats sont en ligne, on a une bonne maîtrise des
coûts et surtout un rebond anticipé sur la deuxième partie de
l'année prochaine", commente un analyste du secteur.
 
 EN AVANCE SUR LES ECONOMIES, EN LIGNE POUR LES CESSIONS
 Lafarge a affiné à la baisse sa fourchette de prévision pour
les volumes anticipés sur les marchés où il est présent en 2009.
Il table maintenant sur une contraction de 6 à 8% de la demande
cette année, contre -4/-8% attendu fin juillet et -2/-5%
anticipé précédemment.
 Au troisième trimestre, l'activité ciment a vu son chiffre
d'affaires reculer de 16%. Cette branche est la plus exposée aux
marchés émergents, mais la croissance vigoureuse observée au
Moyen-Orient, en Afrique et en Asie n'a pas permis d'éclipser
les conditions difficiles enregistrées en Europe et en Amérique
du Nord.
 Dans les granulats et le béton, activité plus exposée aux
marchés développés, le chiffre d'affaires s'est contracté de 26%
sur le trimestre écoulé tandis que dans le plâtre, les ventes
ont baissé de 11%, le ralentissemnet généralisé du marché
résidentiel dans les économies matures ayant été atténué par une
amélioration des prix.
 Lafarge, qui a lancé au début de l'année une augmentation de
capital et engagé un plan d'économies pour réduire sa dette et
renforcer sa structure financière, a indiqué qu'il poursuivrait
ses efforts en ce sens. Le cash flow libre du groupe a bondi de
57% sur neuf mois, mais baissé de 13% au troisième trimestre.
 Depuis le 1er janvier, Lafarge a annoncé près de 800
millions d'euros de désinvestissements sur un objectif d'un
milliard en 2009. Au cours d'une conférence avec les analystes,
Bruno Lafont a indiqué que cet objectif tenait toujours.
 Dans un secteur où le tiers environ des coûts sont fixes, le
groupe a également annoncé son intention de réduire ceux-ci de
200 millions d'euros en 2010. En comptant les 200 millions
d'économies fixées en 2009, Lafarge aura atteint dès l'an
prochain son objectif de 400 millions d'euros de réductions de
coûts programmées initialement sur la période 2009-2011.
 Bruno Lafont a ajouté que le groupe avait le potentiel
d'aller plus loin mais que rien de précis n'était encore
déterminé.
 Sur les neuf premiers mois de l'année, Lafarge a diminué de
18% sa dette nette consolidée à 14,6 milliards. L'endettement du
groupe avait presque doublé entre la fin 2007 et la fin 2008
avec l'acquisition du cimentier égyptien Orascom.
 (Edité par Matthieu Protard)