4 décembre 2008 / 16:22 / il y a 9 ans

LEAD 2 Ford, GM et Chrysler promettent des économies

(changement de titre)

par Thomas Ferrero

WASHINGTON, 4 décembre (Reuters) - Souvent accusés d‘arrogance, les dirigeants des trois principaux constructeurs automobiles américains ont fait dû faire preuve d‘humilité et se livrer au difficile exercice de l‘autocritique jeudi devant les membres du Congrès auxquels ils tentaient d‘arracher un prêt relais sans lequel la survie de leur groupe est grandement menacée.

“Nous sommes ici aujourd‘hui parce que nous avons commis des erreurs et nous en tirons les leçons”, a déclaré Rick Wagoner, dirigeant de General Motors (GM.N) devant la Commission bancaire du Sénat.

Alan Mulally, son homologue chez Ford (F.N), un groupe qui reflétait autrefois la puissance de l‘industrie américaine, a assuré qu‘il avait “réfléchi aux inquiétudes qui avaient été exprimées”, avant d‘assurer qu‘il avait “compris le message”.

Lors de leur précédente audition, Wagoner, Mulally, mais également Robert Nardelli, dirigeant de Chrysler, avaient été tournés en ridicule lorsqu‘ils avaient admis qu‘ils s’étaient rendus à Washington à bord de leurs jets privés alors qu‘ils réclamaient des milliards de dollars.

Jeudi, ils ont fait les quelque 900 kilomètres séparant Detroit de la capitale américaine en véhicules hybrides apportant avec eux la promesse de réduire leur train de vie.

Après avoir promis de travailler pour un dollar par an si les parlementaires accédaient à leurs requêtes, ils ont réclamé 34 milliards de dollars de prêt d‘urgence, assurant qu‘ils réaliseraient les économies nécessaires à la survie des trois groupes.

RISQUE SYSTEMIQUE

S‘il est un argument que les membres du Congrès ont de grandes chances de recevoir, c‘est celui d‘un risque d‘effondrement systémique du secteur industriel américain en cas de faillite des constructeurs automobiles et que les trois dirigeants ont brandi lors de leur audition.

Après leur passage au Sénat, le président américain George Bush a toutefois déclaré qu‘avant qu‘un prêt soit accordé, il fallait s‘assurer que ce dernier garantisse la rentabilité à long terme des “Big Three”.

“Qu‘importe l‘importance de l‘automobile dans notre économie (...) nous voulons nous assurer que le plan qu‘ils proposent assure leur viabilité à long terme et ce dans l‘intérêt du contribuable”, a-t-il dit à la chaîne de télévision NBC.

Rick Wagoner a promis jeudi au Congrès d‘accélérer ses réductions de coûts, notamment de personnel, et de tout faire pour réduire la dette massive du groupe en échange des aides publiques qu‘il sollicite.

“Il s‘agit d‘un plan pour créer un nouveau General Motors”, a déclaré Wagoner.

GM demande à l’État américain 18 milliards de dollars de crédits, dont trois milliards de dollars d‘ici la fin décembre pour assurer la survie du groupe.

Wagoner s‘est engagé en retour à appliquer un plan de redressement. Il a également assuré que GM réorganiserait ses marques et mettrait en vente des actifs, notamment le constructeur suédois Saab dont il est propriétaire.

REDUCTIONS DE COÛTS

Il a ajouté que le groupe intensifierait ses efforts pour réduire ses coûts de production et ses coûts structurels. Il “prévoit aussi d‘inviter” ses créanciers bancaires et obligataires et ses salariés à participer à la réduction de la dette sous laquelle croule le groupe, tout en honorant ses engagements vis-à-vis des concessionnaires et des consommateurs.

Son homologue de Chrysler, Robert Nardelli, a déclaré de son côté au Congrès que son groupe avait identifié un potentiel de quatre milliards de dollars environ de nouvelles économies et gains de productivité possibles.

Chrysler sollicite lui un crédit-relais de sept milliards de dollars pour faire face à la crise financière. En retour, il “s‘engage à poursuivre (sa) restructuration, notamment en négociant des concessions avec toutes les parties pour faire des économies, en investissant dans des voitures plus économes en carburant et en commençant le remboursement de (son) prêt public en 2012.”

Quant à Ford, le groupe assure disposer de suffisamment de liquidités dans l‘immédiat, mais il réclame cependant une ligne de crédit de neuf milliards de dollars.

Le sénateur Christopher Dodd, qui préside la commission bancaire, a souligné jeudi que les conséquences de la faillite d‘un constructeur américain seraient “sévères et de grande ampleur” car elles affecteraient tous les secteurs de l’économie, notamment les services financiers, et plaidé en faveur de l‘adoption d‘un texte dans “les 24 à 48 heures”.

General Motors a rejeté à plusieurs reprises l‘idée de se placer sous la protection du Chapitre 11 du Code des faillites, mais des responsables du groupe estiment que sans un plan de sauvetage, cette extrémité ne peut plus être exclue.

Avant de rejoindre la commission sénatoriale, Wagoner avait redit aux journalistes qu‘une faillite du constructeur “ne rentrait pas dans ses plans”.

“Nous sommes désolés de demander ce soutien”, a-t-il dit, ajoutant que les conditions de marché signifiaient que l‘entreprise avait besoin d‘une assistance fédérale.

En ajoutant les neuf milliards de dollars réclamés par Ford, le secteur automobile américain dit avoir besoin de 34 milliards de dollars d‘aides fédérales pour faire face à l‘une des pires crises qu‘il ait jamais connue. /GG/NDE

Version française Gilles Guillaume et Nicolas Delame

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