4 août 2008 / 11:02 / dans 9 ans

LEAD 1 HSBC-Le bénéfice recule de 28% avec $10 mds de provisions

LONDRES, 4 août (Reuters) - La banque HSBC (HSBA.L), numéro un européen, a fait état lundi d‘une baisse, conforme aux attentes du marché, de 28% de son bénéfice imposable du premier semestre 2008, la forte hausse des provisions pour risques de crédit, essentiellement aux Etats-Unis, venant annuler les effets d‘une forte croissance en Asie. Après avoir gagné 2,5% dans les premiers échanges à la Bourse de Londres, le titre HSBC perdait vers 11h00 GMT 2,33% à 819,5 pence, plombant l‘indice sectoriel .SX7P qui reculait dans le même temps de 1,76%.

Depuis le début de l‘année, la valeur n‘a toutefois perdu que 2%, contre plus de 30% l‘indice sectoriel, HSBC bénéficiant d‘un fort bilan et de son importante exposition à l‘Asie, moins touchée par la crise des “subprime”.

Pour les six mois à fin juin, le groupe bancaire basé à Londres, a annoncé un bénéfice imposable de 10,2 milliards de dollars (6,5 milliards d‘euros) contre 14,2 milliards il y a un an et une prévision moyenne de sept analystes interrogés par Reuters de 10,1 milliards de dollars.

Sur la période, les provisions pour risques de crédit se sont établies à 10,1 milliards de dollars, soit une hausse de 58% par rapport à il y a un an. Pour les seuls Etats-Unis, les provisions ont atteint 6,8 milliards de dollars, ce qui représente un bond de 85% par rapport à il y a un an mais une baisse par rapport au second semestre 2007.

Le bénéfice de la banque d‘investissement et de financement est passé de 4,16 à 2,69 milliards de dollars, sous le coup notamment de 3,9 milliards de dépréciations d‘actifs.

LE PIRE EST ENCORE A VENIR

“Les marchés financiers ont connu au premier semestre 2008 les pires conditions depuis plusieurs décennies, caractérisées par une érosion significative des niveaux de rentabilité pour la majeure partie de notre secteur et par d‘importantes recapitalisations et restructurations. HSBC n‘a pas échappé à la crise”, déclare Stephen Green, président de de la banque, cité dans un communiqué.

“Les perspectives à court terme demeurent extrêmement incertaines. La confiance des consommateurs recule à l’échelle mondiale et, malgré l‘effet positif temporaire des mesures fiscales récentes aux Etats-Unis, l’économie américaine reste ralentie, freinée par les difficultés persistantes du marché immobilier résidentiel”, ajoute-t-il.

Douglas Flint, directeur financier de HSBC, a déclaré qu‘il était trop tôt pour dire que les provisions pour risques de crédit avaient atteint le pic aux Etats-Unis, notant que les données des deux premiers trimestres ont été faussées par les mesures d‘incitation fiscale mises en place par Washington.

Lors d‘une conférence téléphonique, il a ajouté que les risques d‘une récession aux Etats-Unis étaient toujours présent, soulignant qu‘il ne fallait pas s‘attendre à un rebond du marché immobilier américain avant deux ou trois ans.

“A terme, l’économie réelle se relèvera de cette crise, même si le pire n‘est peut-être pas encore passé”, poursuit Stephen Green. /BVO

Steve Slater, version française Benoit Van Overstraeten

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