4 novembre 2009 / 16:27 / il y a 8 ans

SOMMET Electrique - DBT vise 25% du marché français des bornes

* La France veut se doter de 75.000 bornes de recharge d'ici 4 ans

* Le leader français DBT pourrait capter au moins un quart de ce marché

* Pour décoller, le véhicule électrique ne doit pas refaire les mêmes erreurs qu'à la fin des années 1990

PARIS, 4 novembre (Reuters) - DBT, spécialiste français des bornes de recharge électrique, pense pouvoir capter au moins un quart du marché des 75.000 bornes dont la France aura besoin pour alimenter son futur parc de voitures électriques, a déclaré mercredi son PDG au cours du Sommet sur l'automobile organisé par Reuters.

"En dix ans, on a installé 4.500 bornes en France, ce qui fait de l'Hexagone le premier parc installé au monde", a souligné Hervé Borgoltz. "Nous avons une véritable avance parce que nous sommes les seuls à avoir autant de sites installés et de produits prêts à fonctionner dans différentes solutions."

Il s'étonne à ce titre que lors de la remise aux ministres concernés, le 1er octobre, du rapport sur le véhicule décarboné, les seules solutions présentées émanaient de groupes étrangers, et que l'offre de DBT ait été oubliée.

"Il y a un manque de cohérence par rapport à une task-force véhicules électriques qui pourrait être française, je le déplore", a ajouté Hervé Borgoltz.

DBT (Douaisienne de basse tension), PME fondée en 1990, emploie une quarantaine de personnes dans le Pas-de-Calais. Son chiffre d'affaires est ressorti à six millions d'euros l'an dernier et devrait atteindre 12 millions l'an prochain.

Spécialiste des transformateurs basse tension et des bornes escamotables d'accès, deux segments qui représentent l'essentiel de son chiffre d'affaires, la société exporte également en Algérie et à Abou Dhabi. Elle a participé à la première aventure de la voiture électrique en France, qui s'est achevée à la fin des années 1990, et dont Hervé Borgoltz juge indispensable de tirer les leçons si l'on veut sortir d'un marché de niche. "Il faut d'abord mettre des bornes avant les voitures, parce que si les voitures arrivent et qu'il n'y a pas de borne, ce sera comme en 1998. Comme si vous lanciez une voiture thermique aujourd'hui sans station-service".

"Pour le maillage, il faut une borne au moins tous les 80 km, et cinq-six bornes en parallèle par station de recharge", a-t-il ajouté.

Le véhicule tout électrique, dont Renault-Nissan (RENA.PA)(7201.T) veut croire qu'il représentera 10% du marché automobile total d'ici 2020, va connaître son premier test grandeur nature dans les trois prochaines années.

PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA) lancera l'Ion fin 2010 tandis que Renault aligne quatre véhicules pour 2011, dont la berline Fluence Z.E. qui roulera d'abord en Israël et au Danemark. Le constructeur au losange prévoit une commercialisation de masse pour 2012.

PLUSIEURS PROCÉDÉS

Les infrastructures de recharge joueront un rôle stratégique dnas le développement des voitures électriques, leur autonomie restant à l'heure actuelle bien plus limitée que pour les moteurs thermiques.

Plusieurs techniques de recharge sont en présence: la charge lente sur une prise normale, la charge rapide sur du triphasé ou l'échange de la batterie, préconisé notamment par Better Place.

Ces trois procédés peuvent être appelés à cohabiter, à moins qu'à l'usage, certains viennent supplanter les autres. De surcroît, la question de l'harmonisation des normes en matière de prises et de transformateurs n'est pas encore tranchée.

Les bornes actuelles de DBT permettent une charge lente, dont Hervé Borgolz souligne qu'elle suffit, en deux heures, à recharger assez la batterie pour rentrer chez soi. Deux heures, soit le temps de faire ses courses au supermarché, et c'est pour cette raison que DBT discute de l'installation de prises sur des parkings d'Auchan ou de Castorama.

"Pour nous, une borne de recharge de voiture électrique, ce n'est jamais qu'une borne de distribution d'énergie, notre deuxième métier", résume Hervé Borgoltz.

"La seule différence, c'est que sur les marchés, on s'arrange pour ne pas voir les bornes alors que pour les autres, on fait en sorte qu'elles soient hors-sol parce qu'on ne va pas s'amuser à brancher sa voiture à quatre pattes sur le trottoir".

Pour le point sur l'automobile et le sommet Reuters, qui se tient jusqu'à jeudi à Paris et Detroit [ID:nL2684197]

Gilles Guillaume, édité par Matthieu Protard

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