3 mars 2009 / 14:32 / dans 9 ans

Veolia-Analystes s'interrogent sur les coûts et les acquisitions

* Attentes sur les réductions de coûts et d‘investissements

* Meilleur contrôle attendu des dernières acquisitions

* Le marché attend des prévisions fiables

par Marie Maitre et Benjamin Mallet

PARIS, 3 mars (Reuters) - Veolia Environnement (VIE.PA) doit privilégier les réduction de coûts, la baisse des investissements et la profitabilité de ses dernières acquisitions si le groupe veut retrouver la confiance des investisseurs, estiment les analystes.

Le numéro un mondial des services à l‘environnement, qui publiera ses résultat 2008 vendredi, a revu deux fois à la baisse ses prévisions depuis juin, remercié son directeur exécutif et financier en janvier et vu son cours de Bourse chuter de 24% en 2009 après un plongeon de 64,4% en 2008, tandis que le CAC a reculé de 19,8% et 42,7% sur ces périodes.

“Nous pensons que le groupe devrait préciser (...) les mesures concrètes qui permettront une amélioration du retour sur capitaux employés dans un contexte de récession”, ont estimé dans une note les analystes de Crédit suisse.

Pour ceux de Bank of America-Merril Lynch, “le groupe devrait se concentrer sur une réduction plus importante des Capex, davantage de réduction de coûts et mettre en oeuvre des mesures pour améliorer la faible profitabilité des actifs qu‘il a acquis”.

Veolia s‘est fixé l‘objectif d‘améliorer sa rentabilité et d‘atteindre un retour sur capitaux employés (ROCE) après impôts de 10% fin 2010 contre un ROCE attendu entre 9 et 9,5% en 2008.

Cet objectif s‘appuie notamment sur l‘amélioration de la contribution des acquisitions récentes et la mise en place d‘un programme “accéléré et amplifié” de réduction des coûts portant un montant total de 400 millions d‘euros sur deux ans (2009-2010), avec un impact en année pleine en 2011.

Veolia prévoit aussi un programme de rotation d‘actifs fondé sur la cession d‘au moins 1,5 milliard d‘euros à échéance 2009 dont 1 milliard réalisé ou engagé avant fin 2008.

Selon un analyste basé à Paris, “les investisseurs attendent de Veolia qu‘il reconnaisse ses erreurs (...), le groupe doit désormais se concentrer sur le ‘business’ au lieu d’être obnubilé par la croissance comme au cours des deux dernières années”.

“Le marché attend des dirigeants de Veolia qu‘ils arrêtent leurs investissements, comme ils l‘ont annoncé, mais aussi qu‘ils redressent les activités”, a-t-il ajouté.

RISQUES DE DEPRECIATIONS

Veolia a notamment investi près de 4 milliards d‘euros dans des acquisitions en 2007, avec notamment les rachats de Sulo en Allemagne et de VES Tecnitalia (ex TMT) en Italie dans l‘activité propreté.

Les mesures de contrôle des investissements du groupe et son programme de cessions d‘actifs devraient conduire à un montant d‘investissements nets de cessions de l‘ordre de 4 milliards d‘euros en 2008, contre 6,1 milliards d‘euros en 2007.

La société risque en outre de devoir enregistrer des dépréciations d‘actifs vis-à-vis de Sulo, qui, de l‘aveu même de ses dirigeants, n‘a pas enregistré les performances espérées.

“Si aucun amortissement n‘est comptabilisé, les investisseurs pourraient douter de la sincérité du test de valorisation, si une dépréciation mineure est comptabilisée (10% du ‘goodwill’ par exemple), le marché pensera que ce n‘est pas assez et que le groupe n‘a pas souhaité aller plus loin dans son nettoyage de bilan pour ne pas le déséquilibrer”, ont relevé les analystes de Natixis Securities.

“Si la rumeur est confirmée, les actionnaires pourraient alors prendre cet impact comptable pour une matérialisation manifeste d‘une croissance externe mal ficelée”, ont-ils également estimé.

Les prévisions que pourraient donner Veolia sont par ailleurs très attendues, relèvent certains analystes.

“La direction a besoin de restaurer la confiance des investisseurs en donnant une prévision claire pour 2009”, estiment les analystes d‘HSBC.

“Le nouveau directeur financier (Thomas Piquemal) aura la tâche de rassurer le marché en démontrant qu‘une information claire (…) permettra aux dirigeants d‘agir de façon décisive, de faire face à n‘importe quel problème de court terme provoqué par le retournement économique et de tenir le marché au courant de tout changement de prévisions.”

PEDAGOGIE

Plus globalement, le P-DG de Veolia Henri Proglio devra faire preuve d‘une plus grande pédagogie en termes de stratégie, jugent certains analystes.

“Nous attendons de Proglio qu‘il sente que son message doit être clair pour retrouver la confiance des investisseurs”, ont écrit les analystes de Crédit Suisse.

“La stratégie post-2009 n‘est pas définie et nous craignons toujours que le groupe revienne vers des acquisitions (…) dès qu‘il sentira qu‘il a assez de flexibilité pour le faire”, ajoutent-ils cependant.

Cité par l‘Expansion du mois de mars, Henri Proglio cache mal ses divergences avec les analystes : “Leur horizon est celui du trimestre. La stratégie d‘un groupe comme Veolia se bâtit avec un horizon de dix ans.”

Pour lire le consensus sur les résultats 2008, cliquer sur [ID:nL2882613]

Edité par Jacques Poznanski

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below