March 3, 2009 / 12:21 PM / 8 years ago

LEAD 2 SALON - Renault veut réduire ses stocks de plus de E1md

6 MINUTES DE LECTURE

* Renault vise une réduction des stocks supérieure à un milliard d'euros en 2009, contre E800 mlns à E1md antérieurement

* Les cessions immobilières devraient porter sur "plusieurs centaines de millions d'euros"

* Engagement maintenu de ne pas fermer d'usines en France pendant la durée du prêt consenti par l'Etat

par Matthias Blamont et Helen Massy-Beresford

GENEVE, 3 mars (Reuters) - Renault (RENA.PA) espère réduire ses stocks de plus d'un milliard d'euros en valeur en 2009 en vue de protéger ses comptes de l'intensité de la crise et d'être prêt à saisir le rebond futur du marché, a déclaré mercredi Patrick Pélata, son directeur général délégué.

"Nous visons une diminution au-delà du milliard", a-t-il dit au cours d'un point presse organisé à 48 heures de l'ouverture du 79e salon international de l'auto et des accessoires de Genève.

Au moment de la présentation des résultats annuels, le 12 février, l'entreprise avait indiqué que l'objectif de diminution de ses invendus se situait dans une fourchette comprise entre 800 millions et un milliard d'euros [ID:nL6782595].

Renault, dont les ventes de véhicules particuliers en France ont reculé de 13% en février après un repli de près de 21% en janvier, n'a pas fourni de prévisions de résultats pour l'exercice en cours. En 2008, sa marge opérationnelle a fondu à 0,6% tandis que les objectifs phares de son plan stratégique "Contrat 2009" ont été abandonnés.

Le groupe, qui table sur 9.000 suppressions de postes cette année, a néanmoins déclaré viser un retour à l'équilibre de son free cash flow (flux de trésorerie), négatif de trois milliards d'euros en 2008.

Patrick Pélata a souligné mardi que les efforts de compressions de coûts chez Renault devaient se poursuivre. Le constructeur va abaisser ses dépenses d'investissements de 20% cette année, à 1,6 milliard d'euros.

Il réfléchit également à une rationalisation de ses implantations en Ile-de-France et envisage des cessions immobilières qui pourraient atteindre "plusieurs centaines de millions d'euros" selon le dirigeant.

Engagement

Confrontés à une conjoncture devenue de plus en plus difficile, Renault et son concurrent français PSA (PEUP.PA) devraient bénéficier d'un prêt de six milliards d'euros sur cinq ans consenti par l'Etat français à un taux de 6%.

En échange, les deux sociétés se sont notamment engagées à ne pas lancer de plan social cette année et à ne pas fermer d'usines en France pendant la durée du prêt, celui-ci pouvant néanmoins être remboursé par anticipation.

Ces conditions ont suscité le mécontentement de la Commission européenne. Bruxelles, qui qualifie ces mesures de protectionnistes, a assuré samedi que la "localisation des activités" en France de Renault et PSA ne serait pas obligatoire s'ils bénéficiaient de l'aide de l'Etat après avoir obtenu des "garanties" de Paris [ID:nLS372642].

"Bien sûr, notre engagement de ne pas fermer d'usine en France pendant la durée du prêt est maintenu", a affirmé Patrick Pélata mardi.

Interrogé sur la situation commerciale de Renault, le directeur général a estimé que les mécanismes de prime à la casse déployés en Allemagne, en France, en Autriche, en Italie et en Roumanie auraient un effet positifs au cours des prochaines semaines. Il a également souligné que les diminutions de production décidées par Renault ces derniers mois avaient provoqué des tensions sur la demande pour certains modèles comme la Clio, la Twingo ou la Mégane.

"Les mesures de prime à la casse ne se traduisent pas encore beaucoup en immatriculations mais elles devraient se voir beaucoup mieux à partir de mars ou d'avril. Nous bénéficions également d'une prime à la casse au Brésil qui fonctionne bien", a-t-il expliqué.

En Russie, où les ventes d'automobiles ont commencé à décrocher durant l'été 2008, le gouvernement a mis en place une "prime au crédit" pour les voitures d'entrée de gamme.

"La gamme AvtoVaz AVTO.MM (dont Renault contrôle 25%, ndlr) et la Logan sont concernées", a noté Patrick Pélata.

"En France, où nous avons assez largement réduit nos stocks, l'objectif est évidemment d'augmenter notre part de marché une fois que le niveau d'invendus aura été purgé, c'est-à dire dans un, deux ou trois mois", a-t-il ajouté.

"En Allemagne, nous observons une croissance énorme de la demande et notre problème c'est de livrer. Par conséquent, nous avons augmenté des cadences à Pitesti (l'usine dédiée à l'assemblage de la famille Logan en Europe, ndlr) et celles de Flins (Yvelines)", a-t-il encore poursuivi.

Vers 14h15, l'action Renault recule de 1,77% à 10,55 euros à la Bourse de Paris. Au même moment, l'indice DJ Stoxx européen de l'automobile .SXAP avance de 0,79%.

Matthias Blamont, Helen Massy-Beresford, édité par Jacques Poznanski

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