February 29, 2008 / 11:46 AM / 9 years ago

LEAD 1 Eiffage ne négocie pas avec Sacyr, n°2 nommé avant l'été

6 MINUTES DE LECTURE

PARIS, 29 février (Reuters) - Eiffage (FOUG.PA) ne négocie toujours pas avec l'espagnol Sacyr Vallehermoso SVO.MC dans le cadre du conflit judiciaire qui les oppose et rejette les solutions évoquées par le groupe espagnol, a fait savoir vendredi son P-DG Jean-François Roverato.

Il a également indiqué qu'un directeur opérationnel d'Eiffage serait désigné "d'ici l'été". Benoît Heitz avait démissionné début décembre 2007 de ses fonctions de directeur général.

"Nous avons été conviés à l'Elysée le 14 janvier au matin et M. del Rivero (président de Sacyr) a avancé un certain nombre d'idées qui n'étaient pas en cohérence avec la décision de l'AMF. Je n'ai pas pu donner mon agrément à des idées qui étaient contradictoires avec la position que nous défendons devant les tribunaux", a déclaré Jean-François Roverato lors d'une conférence portant sur les résultats 2007.

En juin, l'Autorité des Marchés financiers (AMF) avait invalidé une offre publique d'échange de Sacyr sur Eiffage, estimant que le groupe avait agi de concert avec d'autres actionnaires espagnols, et exigé le lancement d'une nouvelle offre publique sur Eiffage, partiellement en cash, au prix de 127,29 euros.

Luis del Rivero a notamment proposé le rachat d'une partie des titres d'Eiffage à un prix inférieur à 127,29 euros, la vente de titres "à un prix élevé", ou encore la prise de contrôle d'APRR APRR.PA, a indiqué Jean-François Roverato.

"Eiffage attend sereinement les décisions de justice et ne négocie pas avec Sacyr", a-t-il ajouté.

La cour d'appel de Paris se prononcera le 2 avril sur la demande de Sacyr cette décision de l'AMF. Le tribunal de commerce de Nanterre doit ensuite rendre sa décision le 6 mai sur la demande de Sacyr d'annuler l'assemblée générale des actionnaires du groupe français du 18 avril 2007.

LE N°2 POURRAIT VENIR DE L'EXTERIEUR

Selon Les Echos du 7 février, la Caisse des dépôts (8,5% d'Eiffage) et les assureurs CNP (CNPP.PA), Axa (AXAF.PA) et AGF envisageraient une reprise de la participation de Sacyr dans Eiffage à un prix proche du cours de Bourse actuel. "J'ai observé que personne n'a rien démenti", a souligné Jean-François Roverato.

Eiffage désignera en outre un directeur opérationnel avant l'été et son conseil d'administration déterminera en avril le dividende qu'il proposera au titre de 2007 à l'assemblée générale du 25 juin.

Evoquant le futur n°2 d'Eiffage, Jean-François Roverato a jugé parfaitement "imaginable et concevable" qu'il vienne de Vinci (SGEF.PA) ou de Bouygues (BOUY.PA), indiquant qu'une "demi-douzaine" de candidats étaient en lice.

"Si le candidat retenu a une connaissance de la profession, mon rôle pourra diminuer rapidement. Si tel n'était pas le cas, cela demanderait un peu plus de temps", a-t-il ajouté.

Jean-François Roverato a en outre laissé entendre que le conflit avec Sacyr pourrait contraindre Eiffage à réfléchir à deux fois avant de se lancer dans des opérations de croissance externe. Interrogé sur un éventuel intérêt pour Cegelec, il a déclaré : "Si Cegelec vient sur le marché, nous verrons ce qu'il convient de faire, surtout si c'est après le règlement de nos problèmes juridiques. Stratégiquement, bien entendu, nous sommes intéressés à nous développer dans les domaines de l'installation et de la maintenance multi-techniques."

Pas D'interet Pour Adp

"Un mouvement de concentration important chez Eiffage pourrait ouvrir le champ à une remise en cause de l'offre obligatoire. C'est un sujet qu'il faut regarder avec précaution", a souligné Jean-François Roverato.

Le P-DG du groupe de B-TP a également indiqué qu'Eiffage ne souhaitait pas acquérir des titres ADP (ADP.PA).

En termes de perspectives, le groupe estime que 2008 sera "une année de basse activité en travaux publics" mais que 2009 marquera le retour à "une activité plus forte". Il vise un chiffre d'affaires total de 13 milliards d'euros en 2008 (hors acquisitions), année pour laquelle il prévoit "un retour à un niveau normal de résultat" pour sa filiale de construction métallique Eiffel, impacté par des provisions l'an dernier.

"Nous sommes confiants dans le maintien des marges dans notre carnet de commandes, c'est-à-dire en 2008. Pour le moment, nous ne voyons pas encore de drame à l'horizon, même si la conjoncture immobilière se tasse", a également dit Jean-François Roverato.

En Bourse, Eiffage chute de près de 6% vendredi en Bourse après la publication de résultats 2007 et de perspectives 2008 jugés décevants, ce qui a incité certains analystes à revoir en baisse leur opinion sur le titre [ID:nL29302748].

Vers 12h30, l'action perd 5,94% à 56,20 euros, alors que son indice sectoriel européen .SXOP recule de 1,32%. /BM

Benjamin Mallet

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