28 février 2008 / 07:42 / il y a 9 ans

LEAD 2 Rhodia plonge en Bourse sur ses prévisions pour 2008

 par Benjamin Mallet et Cyril Altmeyer
 PARIS, 28 février (Reuters) - Rhodia RHA.PA a annoncé
jeudi une forte hausse de ses résultats 2007 et le versement
d'un dividende pour la première fois en cinq ans mais ses
prévisions ont entraîné une chute spectaculaire du titre en
Bourse.
 Pour 2008, le groupe de chimie de spécialités a dit viser
une nouvelle progression de son Ebitda récurrent et de son
bénéfice net par action.
 Il a toutefois également indiqué que la hausse des matières
premières et de l'énergie serait un "challenge" et a renoncé à
sa prévision d'une marge d'Ebitda de 15% en 2008 hors crédits
carbone (contre 13,6% en 2007).
 Vers 14h10, le titre plonge de 15,18% à 18,11 euros pendant
que l'indice européen du secteur .SX4P se replie de 1,57%.
 Rhodia a dégagé en 2007 un résultat net part du groupe en
hausse de 108% à 129 millions d'euros, en deçà du consensus
Reuters Estimates daté du 27 février qui s'établissait à 154,6
millions.
 Des charges de restructuration expliquent la "relative
faiblesse" du résultat net au quatrième trimestre, a expliqué le
directeur général Jean-Pierre Clamadieu. Il s'est établi à 22
millions d'euros contre 45 millions au troisième trimestre.
 L'Ebitda récurrent du groupe progresse de 17% à 799
millions, au-dessus du consensus (786 millions), et le chiffre
d'affaires est en hausse de 5,6% à 5.081 millions contre 5.114
millions attendus.
 
 "DECEPTION"
 "Il y a une déception sur deux points : la prévision du
groupe - notamment en ce qui concerne les marges hors crédits
carbone - et un résultat net en dessous du consensus", a
souligné Clément Célérier, analyste chez Natixis Securities,
tout en indiquant qu'il restait "clairement positif" sur la
valeur.
 Concernant les prévisions de Rhodia, il a souligné qu'il
fallait s'attendre à des hausses des prix des matières premières
"très importantes" et que le groupe avait renoncé à sa prévision
de marge d'Ebitda récurrent de 15% hors crédits carbone en 2008,
alors que l'anticipation de Natixis Securities était à ce
niveau.
 Toutefois, pour Clément Célérier, la valorisation de Rhodia
reste très basse et le groupe s'est montré "très confiant dans
sa capacité à répercuter dans ses prix les hausses des matières
premières, sans doute pas au 1er trimestre 2008 mais sur
l'ensemble de l'année".
 Un autre analyste basé à Paris a pour sa part souligné le
caractère "prudent" des prévisions de Rhodia. "Dans le marché
actuel, les déceptions se traduisent vite par des sanctions",
a-t-il ajouté.
 Jean-Pierre Clamadieu a toutefois estimé lors d'une
conférence de presse que Rhodia avait franchi en 2007 "une
nouvelle étape dans son histoire". "Nous sommes aujourd'hui
engagés de manière très volontariste dans une dynamique de
croissance et nous le faisons à partir d'une base qui nous
paraît très solide", a-t-il dit.
 "Nous restons sur des tendances de demande qui sont fortes
(...), même en Europe nous ne sentons pas aujourd'hui les
prémices d'une récession", a ajouté Jean-Pierre Clamadieu.
 "En revanche - c'est le challenge majeur que nous devons
relever - nous voyons en 2008 une augmentation très brutale des
prix des matières premières et de l'énergie", a-t-il également
dit, précisant que Rhodia anticipait pour le seul 1er trimestre
une hausse de 80 millions d'euros (+120 millions sur l'ensemble
de 2007).
 Rhodia entend ainsi être "extrêmement attentif sur la
gestion des prix" en 2008 et sur ses dépenses d'investissements
et des frais fixes. Il juge toutefois "irréaliste" d'atteindre
son objectif de 15% de marge d'Ebitda récurrent hors crédits
carbone en 2008, qu'il avait annoncé fin 2005.
 A moyen terme, Rhodia prévoit de "générer une croissance
organique supérieure à la moyenne du marché, de continuer à
augmenter son free cash flow, d'atteindre un CFROI (Cash Flow
Return On Investment) supérieur au coût du capital dans toutes
ses activités, ceci permettant une progression de son
dividende".
 Le directeur général de Rhodia a également souligné que ses
activités dans les isocyanates (à Pont-de-Claix, en Isère) et
l'acide salicylique étaient marqués par une absence de
croissance organique et une profitabilité "peu satisfaisante".
 "Nous avons dit clairement, et je le redis aujourd'hui, que
nous cherchons des solutions pour ces activités", a-t-il
déclaré, sans donner davantage de précisions concernant le site
de Pont-de-Claix.
 Il a également déclaré que Rhodia comptait se développer
dans les zones à forte croissance (Amérique latine et Asie) où
il réalise actuellement 42% de son chiffre d'affaires, précisant
lorgner le seuil des 50% sans donner de délai.
 "Nous sommes déterminés à croître et des acquisitions
ciblées dans un certain de nombre de métiers peuvent constituer
de bonnes opportunités de croissance", a-t-il indiqué. /BM/CA
 
 Tableau des résultats: [ID:nPAT008771]
 


0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below