25 janvier 2008 / 08:41 / dans 10 ans

LEAD 2 Porsche prévoit une année faste pour ses actionnaires

par Christiaan Hetzner

FRANCFORT 25 janvier (Reuters) - Les résultats de Porsche (PSHG_p.DE) devraient faire la joie des actionnaires cette année, a assuré vendredi Wendelin Wiedeking, P-DG du constructeur automobile, tout en fulminant contre les autorités nationales et européennes de la concurrence.

Selon le patron du propriétaire de 31% de Volkswagen (VOWG.DE), les agissements de ces autorités nationales tentent d‘empêcher Porsche de prendre la majorité du capital du premier constructeur automobile et il a qualifié de “grotesques” les projets des autorités européennes en matière d’émissions de CO2.

“Sauf imprévu, nous devrions une fois de plus aboutir cette année à des résultats qui devraient nous faire pleurer de joie”, a-t-il déclaré lors de l‘assemblée générale de Porsche.

Le groupe a refusé de fournir des indications sur les résultats du premier semestre 2007-2008 après avoir annoncé pour la période une hausse d‘environ 14,2% de son chiffre d‘affaires, à 3,5 milliards d‘euros, dépassant la prévision de la plupart des analystes.

En volumes, les ventes ont augmenté durant cette période, close fin janvier, de 18,7% à 46.600 véhicules. Celles de son 4X4 Cayenne ont doublé à 20.340 unités et celles de la 911 ont reculé de 5,6% à plus de 16.000 unités.

“Le résultat opérationnel de nos activités automobiles se construit conformément à nos prévisions et nos opérations de couverture dans le cadre de notre stratégie à long terme avec Volkswagen s‘annoncent très bien”, a déclaré Wendelin Wiedeking.

Vers 14h30 GMT, l‘action Porsche progressait de 5,99% à 1,243 euro alors que l‘indice européen des valeurs automobiles .SXAP ne gagnait dans le même temps que 3,31%. Volkswagen avançait pour sa part de 5,13%.

Merrill Lynch a écrit dans une note recherche qu’à ses yeux, la valeur était encore trop chère pour changer sa recommandation “neutre”, ajoutant qu‘une demande plus faible au second semestre et une grande dépendance (43% du chiffre d‘affaires) aux marchés américains et britanniques étaient des facteurs de risque non négligeables.

“Porsche est prêt pour faire face à une éventuelle crise économique aux Etats-Unis, avec une réduction significative des stocks sur place”, a assuré le constructeur dans un communiqué.

DISCOURS OFFENSIF

S‘adressant aux actionnaires de Porsche, Wendelin Wiedeking a assuré que personne, pas même les représentants syndicaux de Volkswagen, ne pouvait empêcher l‘entreprise de Stuttgart d‘exercer une plus grande influence dans Volkswagen, sans en dire beaucoup plus sur ses intentions.

Bon nombre d‘observateurs sont convaincus que Porsche va augmenter sa participation dans Volskwagen une fois que les élections prévues dimanche en Basse-Saxe, le deuxième actionnaire de VW, seront passées.

Wendelin Wiedeking s‘en est pris au projet de loi de Berlin sur Volkswagen, qui accorderait toujours au Land de Basse-Saxe une minorité de blocage dans VW, même si ce Land ne dispose que d‘un peu plus de 20% des droits de vote.

”Selon nous, le projet envisagé par la ministre (allemande de la Justice Brigitte) Zypries enfreint clairement le jugement de la Cour européenne de Justice“, a expliqué le patron de Porsche. ”Nous ne pouvons donc pas imaginer que la Commission européenne suive la logique du ministère de la Justice fédéral.

La plus haute instance juridique européenne a jugé en octobre dernier que la “loi Volkswagen” entravait la libre-circulation des capitaux dans l‘UE.

Mais l‘exécutif européen a également été la cible d‘attaques du dirigeant de Porsche, qui n‘a guère eu de mots tendres pour le projet de Bruxelles sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2) des nouvelles voitures, qui prévoit notamment de lourdes amendes pour ceux qui ne respectent pas les quotas.

“Je serais tenté de dire que le projet présenté par le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso et le commissaire à l‘Environnement Stavros Dimas est grotesque. Il favorise les constructeurs basés en Europe du sud et fait peser de lourdes contraintes que sur les acteurs allemands”, a-t-il déclaré.

“Si j‘ai bien compris le discours de M. Barroso, pour échapper à l‘apocalypse, il faudrait se glisser dans de ridicules voitures de poupée fabriquées en Italie ou en Espagne. Quelle blague !”, a ajouté le patron de Porsche.

L‘Union européenne veut réduire les émissions de voitures neuves à 130 grammes de CO2 en moyenne d‘ici 2012, contre 161 en 2004. Ceci favorise mécaniquement les petites voitures qui, moins lourdes que les berlines, rejettent moins d’émissions. /BVO

Version française Benoit Van Overstraeten

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below