24 janvier 2008 / 19:43 / il y a 10 ans

LEAD 1 St-Gobain - 2007 a été solide, 2008 sera plus difficile

Par Marie Maitre et Benjamin Mallet

PARIS, 24 janvier (Reuters) - Saint-Gobain (SGOB.PA) a publié jeudi des résultats en nette hausse en 2007 mais a souligné que 2008 s'annonçait comme un année plus difficile et incertaine en raison de l'environnement macro-économique et des risques de récession aux Etats-Unis.

Le numéro un mondial des matériaux de construction a indiqué viser pour 2008 une croissance "modérée" de son résultat d'exploitation, à taux de change constants (taux moyens de l'année 2007) et de son résultat net courant (hors plus-values de cessions, dépréciations d'actifs et provision de 694 millions d'euros pour amendes dans le vitrage).

Saint-Gobain a enregistré en 2007 un résultat net courant de 2.114 millions d'euros (+24,2%), un résultat d'exploitation de 4.108 millions (+10,6%) et un chiffre d'affaires de 43.421 millions (+4,4%).

Les analystes sondés par Reuters attendaient en moyenne un résultat net courant de 2.048 millions d'euros, un résultat d'exploitation de 4.103 millions et un chiffre d'affaires de 43,6 milliards.

A taux de change constant, le chiffre d'affaires de Saint-Gobain a progressé de 5,8% (+5,0% à structure et taux de change constants) et son résultat d'exploitation a enregistré une hausse de 11,4%.

Le résultat net, part du groupe, a en revanche reculé de 9,2% à 1.487 millions d'euros en raison d'une provision portée à 694 millions d'euros (contre 650 millions annoncés à l'issue du 1er semestre) pour couvrir une première amende des autorités européennes et le risque d'une deuxième sanction pour entente dans le vitrage.

"FACTEURS D'INCERTITUDE"

"L'année 2008 n'est pas très facile à lire : au-delà des turbulences boursières, il y a des facteurs d'incertitudes économiques particulièrement importants", a souligné lors d'une conférence de presse Pierre-André de Chalendar, directeur général de Saint-Gobain.

"Ces facteurs d'incertitudes concernent l'évolution de l'économie américaine, la durée de la crise de l'immobilier aux Etats-Unis, l'effet sur les économies occidentales de cette situation américaine et de la crise du crédit, mais aussi la volatilité du coût de l'énergie, des transports et des matières premières ou la parité du dollar et les devises des pays asiatiques", a-t-il précisé.

Pierre-André de Chalendar a toutefois souligné que le groupe disposait de "facteurs de résistance importants", dont une forte présence sur le marché de la rénovation des bâtiments en Europe.

Saint-Gobain revendique également un positionnement de leader mondial sur le marché des économies d'énergie dans l'habitat (près de 30% du chiffre d'affaires) et met en avant une contribution significative de l'Asie et des pays émergents à son résultat d'exploitation (environ 20%, soit deux fois la contribution de l'Amérique du Nord en 2007).

Le groupe entend par ailleurs céder son pôle conditionnement en 2008 et pense le faire dans "de bonnes conditions" malgré les difficultés que pourrait présenter le marché en termes de crédits, a déclaré Pierre-André de Chalendar.

Evoquant Wendel (MWDP.PA), qui détient près de 18% de Saint-Gobain, il a indiqué : "Wendel est en ligne avec notre stratégie."

La société d'investissement a fait savoir qu'elle était dans "une logique de partenariat" avec le groupe, qu'elle souhaitait l'aider à dépasser ses objectifs et qu'elle examinerait les conditions de son éventuelle entrée au conseil.

Pierre-André de Chalendar a déclaré que, sur ce dernier point, les discussions étaient toujours en cours. Interrogé sur une éventuelle pression supplémentaire que constituerait la présence de Wendel au capital, il a répondu : "Je suis capable de me mettre la pression tout seul."

Saint-Gobain a en outre confirmé viser, à l'horizon 2010, une hausse de 5% par an de son chiffre d'affaires hors acquisitions et effet de change, une croissance de 10% en moyenne par an de son bénéfice net par action, ainsi que 300 millions d'euros d'économies.

Le groupe réitère également son objectif d'une amélioration du retour sur capitaux employés, toujours d'ici 2010, le ROI (goodwills exclus) étant attendu à 25% contre 22% auparavant et le ROCE (goodwills inclus) à 14% contre 13% auparavant.

Les cinq pôles du groupe ont contribué à la croissance de son chiffre d'affaires, en particulier les activités liées aux marchés de l'habitat en Europe, qui ont bénéficié d'une forte demande, amplifiée par les nouvelles réglementations en matière d'économies d'énergie dans le bâtiment.

"Ce dynamisme a plus que compensé la forte baisse d'activité de la construction aux Etats-Unis. Les pays émergents et l'Asie, où le groupe réalise désormais 15% de son chiffre d'affaires et 19% de son résultat d'exploitation, ont continué à connaître une croissance très soutenue (+16,6%)", a souligné Saint-Gobain.

L'autofinancement libre de Saint-Gobain augmente de 28,8% à 1.489 millions d'euros et son endettement net s'établit, avant le rachat de Maxit, à 9.928 millions au 31 décembre 2007, en baisse de 14,4% par rapport au 31 décembre 2006. /BM

Benjamin Mallet

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