LEAD 2 Unibail-Rodamco - Le marché rassuré par les résultats

jeudi 24 juillet 2008 15h57
 

 par Juliette Rouillon
 PARIS, 24 juillet (Reuters) - Unibail-Rodamco UNBP.PA,
première foncière européenne, poursuit son rebond jeudi en
Bourse après la publication d'un résultat semestriel et d'un
actif net réévalué (ANR) en hausse, malgré le ralentissement de
la consommation et un sérieux retournement du marché immobilier.
 Le groupe foncier, issu de la fusion entre Unibail et
Rodamco l'an dernier, a mis en avant le caractère défensif des
grands centres commerciaux par rapport au reste de l'immobilier.
 "L'impact n'est pas uniforme sur l'ensemble du secteur", a
déclaré Guillaume Poitrinal, président du directoire."
 Unibail-Rodamco a annoncé un résultat net récurrent en
hausse de 6,9% à 4,33 euros par action, conforme aux attentes
des analystes, qui évoquent un consensus autour de 4,2 euros.
 "La demande reste forte dans ces grands centres", a-t-il
ajouté, rappelant qu'en période de faible consommation, les
commerçants tendent à se concentrer sur ces très grands centres,
capables d'attirer plus de 10 millions de personnes par an.
 Le portefeuille d'Unibail-Rodamco est composé à 72% de très
grands centres commerciaux (Forum des Halles à Paris, les Quatre
Temps à La Défense, Shopping City Sud à Vienne ou La Vaguada à
Madrid), le reste de ses actifs étant des bureaux (20%) et des
centres de congrès et d'exposition (7%).
 Guillaume Poitrinal estime en outre que la contraction du
marché mondial de la dette déclenchée par la crise des crédits
"subprime" américains ouvre de nouvelles opportunités au groupe.
 "Nous sommes dans un monde aux capitaux plus rares, ce qui
va nous ouvrir des opportunités", a-t-il dit, en soulignant
qu'Unibail-Rodamco était une des sociétés les moins endettées de
son secteur."
 
 LOYERS EN HAUSSE
 Le groupe, qui vient de racheter deux grands centres
commerciaux en Espagne après une récente acquisition à Vienne,
est à l'affût d'autres opportunités du même type, alors qu'avant
le retournement du marché, il développait ses propres centres.
 "On va peut-être retrouver des situations où on peut acheter
des choses existantes, avec du potentiel de création de valeur,
a indiqué le président.
 Unibail-Rodamco dispose d'une facilité de crédit de 1,7
milliard d'euros, utilisée partiellement pour ses dernières
acquisitions en Espagne, et le coût de sa dette est quasi stable
à 4,2% contre 4,1% en 2007 malgré la hausse des taux. Son ratio
dette/valeur des actifs est de même inchangé à 28% au 30 juin.
 La foncière a également annoncé un actif net réévalué de
liquidation, totalement dilué, de 172,00 euros par action au
30juin 2008, contre 169,30 fin 2007 et 159,90 il y a un an.
 Faute de transactions pouvant servir de référence, les
analystes immobiliers n'attendaient généralement pas de forte
révision de l'ANR du groupe dans les comptes semestriels, malgré
un net recul des prix et donc une forte hausse des rendements en
France, allant de 50 à 150 points de base selon les actifs.
 Le groupe foncier a basé ses comptes sur un taux de
rendement net initial en hausse "marginale", de 10 points de
base à 4,9% pour les centres commerciaux et de 40 points de
base, (dont 60 en France), à 5,9%, pour les bureaux.
 Les loyers nets du groupe ont atteint un montant total de
599 millions d'euros au premier semestre, en hausse de 8,1% à
périmètre constant, dont 435 millions pour les centres
commerciaux (+7,9%), 115 millions pour les bureaux (+11,1%) et
49 millions pour les congrès-expositions (+4,6%).
 
 PROJETS A LONG TERME "AJUSTES OU RENEGOCIES"
 Pour l'avenir, le groupe a confirmé, comme prévu, sa
prévision de croissance de "7% ou plus" de son bénéfice net par
action récurrent. Mais le président du directoire a annnoncé
qu'il faudrait attendre la publication des comptes annuels, en
février, pour une prévision à moyen terme.
 Il a précisé que "les paramètres (avaient) changé", depuis
fin 2007 lorsque le groupe avait confirmé son objectif de
croissance de 10% en moyenne de son BNPA récurrent sur cinq ans.
 Unibail-Rodamco a un "pipeline" de projets représentant sept
milliards d'euros, dont 27% seulement sont fermement engagés.
 En revanche, les projets à plus long terme seront "ajustés
ou renégociés" pour prendre en compte les coûts de construction,
qui se sont envolés de plus de 30% en deux ans et demi.
  Vers 15h20, l'action s'adjugeait 3,74% à 145,20 euros après
avoir touché un plus haut de 146,18 euros en tout début de
séance, dans un volume de 430.000 pièces. L'indice CAC 40
affiche une perte de 0,2% au même moment.
 Après avoir perdu près de 7% depuis le début de l'année et
18% en 2007, certains investisseurs jugent excessive la décote
du titre par rapport à son actif net réévalué, selon un vendeur.
 Mais les analystes se demandent si la prise en compte de la
correction des marchés n'a pas été repoussée au 2e semestre.
 "Les résultats sont bons, meilleurs que ce que je pensais,
avec un portefeuille qui tient bien en terme de valorisation des
actifs. Le groupe reste également assez fort au niveau du
potentiel de hausse de ses loyers", commente Samuel
Henry-Diesbach, analyste chez Landsbanki-Kepler. 
 "Mais la question qui se pose est de savoir si les
rendements affichés ne reviennent pas à nier la baisse des prix
de marché et si la correction n'aura pas plutôt lieu au deuxième
semestre". /JIR
 (Juliette Rouillon, édité par Jean-Michel Bélot)