LEAD 2 PPR-La croissance organique a accéléré au T2 avec le luxe

mercredi 23 juillet 2008 19h36
 

 (actualisé avec les déclarations du directeur financier,
d'analystes financiers et le cours de Bourse)
 
 par Pascale Denis
 PARIS, 23 juillet (Reuters) - PPR (PRTP.PA: Cotation) a fait état
mercredi d'une accélération de sa croissance organique au
deuxième trimestre, à la faveur d'une très forte progression des
ventes de Gucci Group.
 Le groupe de distribution et de luxe a publié un chiffre
d'affaires de 4.678 millions d'euros (+4,5%), en ligne avec le
consensus des analystes interrogés par Reuters (4.660 millions
d'euros). A périmètre et taux de change comparables, la
croissance est ressortie à 5,1% (après une hausse de 4% au
premier trimestre), alors que les analystes tablaient en moyenne
sur une croissance organique stable par rapport aux trois mois
précédents (+4,1%).
 Fort de ces chiffres, le P-DG du groupe, François-Henri
Pinault, s'est dit confiant, dans un communiqué, "dans la
capacité de PPR à réaliser en 2008 une nouvelle année de
croissance et d'amélioration de ses performances financières". 
 Cette progression de la croissance organique s'explique
principalement par une performance nettement supérieure aux
attentes dans le pôle luxe du groupe. Elle a atteint 16% en
données comparables, contre 12% attendus et 9,6% au premier
trimestre. 
 Malgré le ralentissement économique et des parités de change
défavorables, la seule marque Gucci a vu ses ventes progresser
de 11%, alors qu'elles avaient atteint seulement 2,4% trois mois
plus tôt, perturbées notamment par des retards de livraisons.
 "Nous avons profité de la puissance de notre marque, d'une
croissance à deux chiffres de sa maroquinerie et d'un effet mix
favorable avec une montée en gamme de nos produits", a expliqué
le directeur financier du groupe, Jean-François Palus, lors
d'une conférence téléphonique.
 
 "MEME DYNAMIQUE"
 Il a indiqué en outre que la chaîne d'approvisionnement
avait retrouvé toute son efficacité après les perturbations du
premier trimestre.
 Interrogé par les analystes sur l'évolution des ventes
depuis la fin juin, Jean-François Palus s'est dit "très
satisfait", soulignant que la même dynamique se poursuivait dans
le luxe.
 Les ventes dans le luxe ont progressé de 14% en Europe et de
10% en Amérique du Nord.
 Le groupe a aussi profité de sa diversification
géographique, avec une très forte accélération (+42%) de sa
croissance en Asie-Pacifique, hors Japon, un marché qui reste
difficile.
 Les ventes du maroquinier italien Bottega Veneta ont grimpé
de 20%, tandis que celles d'Yves Saint-Laurent se sont envolées
de 33,4% (+23% hors royalties liées à la vente d'YSL Beauté à
L'Oréal (OREP.PA: Cotation)).
 Le chiffre d'affaires de Puma, spécialiste allemand de
l'équipement sportif dont PPR détient 68% du capital, a augmenté
de 11,2% en données comparables, après 6,6% au premier
trimestre.
 Dans la distribution, les ventes de la Fnac ont progressé de
3,1% en comparable, tandis que celles de Redcats (vente par
correspondance) et de Conforama (équipement de la maison) ont vu
leurs baisses se poursuivre (-3,9% et -1,7% respectivement).
 CFAO, l'activité de distribution automobile et
pharmaceutique en Afrique, a une nouvelle fois signé une solide
croissance organique de 14,2%.
 "Les chiffres sont au-dessus des attentes. Gucci fait mieux
que prévu, comme la plupart des divisions du pôle luxe. La
distribution est en ligne ou, avec Redcats, nettement moins
mauvaise que prévu", a commenté Simon Irwin, analyste de JP
Morgan. 
 Malmené par le ralentissement de la croissance et ses
incidences sur la consommation des ménages, le titre PPR plonge
d'environ 40% depuis le début de l'année.
 Il a clôturé mercredi à 66,60 euros, en hausse de 5,25%,
alors que le CAC a pris 1,88%, comme l'indice européen du luxe
 et que l'indice de la distribution  a gagné 0,4%.
 /PD
 (Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)