May 23, 2008 / 1:55 PM / 9 years ago

Débat sur la croissance malgré un bon T1 des stés, hors finance

6 MINUTES DE LECTURE

par Raoul Sachs

PARIS, 23 mai (Reuters) - La publication des résultats trimestriels qui s'achève en Europe s'est révélée finalement plutôt bonne, hors secteur financier, mais les avis divergent sur leur évolution et celle, plus globale, de la croissance économique du continent.

La plupart des entreprises non financières ont réalisé des performances supérieures aux attentes des analystes, résistant ainsi à la tempête qui a frappé le secteur financier depuis 2007.

Christopher Potts, responsable de la recherche économique et de la stratégie chez CA Cheuvreux, est convaincu que malgré un ralentissement la croissance, l'Europe va résister et avec elle les profits des entreprises non financières, grâce notamment à une renaissance économique de l'Allemagne après une éclipse d'une quinzaine d'années suite à sa réunification "La période de publication des résultats n'a pas été aussi mauvaise qu'on pouvait le craindre mais elle n'a pas été très reluisante non plus", écrivent les analystes crédit de la Société générale, plus circonspects.

"Certes, la proportion de sociétés dont les résultats dépassent les attentes reste deux fois plus élevée que celle des sociétés avec des résultats inférieurs aux attentes. Malheureusement, cela reflète la tendance des analystes actions à sous-estimer les résultats de société, ce qui rend leurs attentes faciles à dépasser", ajoutent-ils.

Les stratégistes actions de la Société générale notent eux "qu'en l'espace de seulement trois mois, les estimations de croissance des BPA (bénéfice net par action) 2008 ont été révisés en baisse de 50% à la fois aux Etats-Unis (de 15,5% à 8,3%) et en Europe (de 10,5% à 4,1%).

"De plus, cette tendance n'est probablement pas arrivée à son terme, loin de là, dans la mesure où les cycliques ont pour l'instant été largement épargnées", estiment-ils dans une autre note.

Pour 2008, toutefois, ils soulignent que les estimations des de BPA dans le secteur pétrolier ont été revues en hausse après la récente flambée des cours du pétrole brut.

ING Investment Management penche aussi pour une poursuite des révisions à la baisse des estimations de profits 2008.

LA CROISSANCE RÉSISTE

"Nous pensons que le repli bénéficiaire sera de 20% à 30%, soit dans une fourchette un peu plus haute que celle actuellement anticipée", dit son stratégiste Ad van Tiggelen.

"Nous nous attendons à ce que les révisions bénéficiaires négatives remontent progressivement la chaîne de production, atteignant l'industrie et les biens cycliques liés aux matières premières plus tard dans l'année. Les secteurs les plus touchés aujourd'hui, les financières et les biens de consommation cycliques, seront les premiers à se redresser", ajoute-t-il.

La société de gestion autrichienne Raffeisen Capital Management estime que la croissance européenne va s'affaiblir encore et tomber autour de +1,4% et que "la tendance baissière des résultats va se poursuivre".

Christopher Potts conteste le scénario de quasi-récession et de baisse des profits des entreprises.

"Le climat parmi les investisseurs se détériore. Nous venons d'assister à la disparition d'un monde doré de croissance sans inflation. Aujourd'hui, le monde est un monde de rendement zéro ou faible et de stress financier. Cependant, le cycle des profits des entreprises non financières n'est pas encore arrivé à son terme", explique-t-il.

Selon lui, la croissance en Europe - qu'il estime à +2% en 2008 - sera tirée par l'Allemagne dont la croissance devrait être de l'ordre de 2,5% - les deux prévisions étant au-dessus du consensus. Il ajoute que la croissance en Allemagne et dans sa zone d'influence est portée par la demande intérieure.

"La crise des marchés du crédit a nourri une nouvelle vague de pessimisme sur la croissance de la zone euro (...) L'industrie financière (...) semble convaincue que les perspectives de la zone euro ne sont pas très différentes de celle de l'économie américaine avec un décalage de six mois. Nous n'avons jamais souscrit à ce type de raisonnement", dit Christopher Potts.

"La croissance résiste et les profits des entreprises non financières sont meilleurs que prévu", ajoute-t-il.

"Les ventes des entreprises européennes dépendent avant tout de la croissance en Europe (...).Finalement 2008 va se solder correctement pour les marchés actions", estime-t-il.

Il estime que les profits des entreprises non financières auront progressé de quelque 6% en 2008 alors que ceux des financières auront reculé de 5% à 10%.

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