LEAD 4 AF-KLM - Annuels inférieurs aux attentes, le titre plonge

jeudi 22 mai 2008 16h26
 

 (actualisé avec cours de Bourse et plus de détails)
 par Matthias Blamont
 PARIS, 22 mai (Reuters) - L'action Air France-KLM (AIRF.PA: Cotation)
dévisse jeudi après la publication par la compagnie aérienne
franco-néerlandaise de résultats annuels inférieurs aux
attentes, dans un contexte d'accélération continue des cours du
pétrole.
  Elle accuse en outre le contre-coup du mercredi noir essuyé
par les compagnies américaines à Wall Street après des
commentaires négatifs de Boeing (BA.N: Cotation) sur le secteur et une
série d'annonces d'American Airlines AMR.N, qui va supprimer
des emplois et réduire sensiblement son offre.
  Vers 15h55, le titre AF-KLM perd 9,33% à 16,91 euros, ce
qui porte son recul a près de 30% depuis le début de l'année
alors que l'indice européen du tourisme et des loisirs 
cède près de 20% au même moment.
 Air France-KLM a publié un bénéfice net en baisse de 16% à
748 millions d'euros pour l'exercice 2007-2008 clos fin mars, un
montant qui inclut une provision de 530 millions d'euros avant
impôt pour faire face aux conséquences d'une enquête lancée en
2006 par l'Union européenne et aux Etats-Unis sur une éventuelle
entente sur les prix dans les activités cargo (tableau des
résultats [ID:nPAT009041]).
 Le groupe a également prévenu que sa facture de carburant
était susceptible de croître de plus d'un milliard d'euros en
2008-2009.
 
 PRESSION DU BARIL
 "Les performances d'Air France-KLM sont faibles, souligne
une analyste d'une banque d'investissement basée à Londres, nous
nous attendions à ce que la provision passée pour l'enquête
cargo se situe entre 60 et 150 millions d'euros, ce qui laisse
craindre une amende."
 "D'autre part, nous avons été déçus par l'augmentation
prévue du budget carburant : elle montre que la couverture
jusqu'en 2010 n'est pas à la hauteur de la réputation que le
groupe s'était forgée en Europe en la matière", a-t-elle ajouté.
"Nous constatons qu'Air France est bien couverte en brut mais
pas en kérosène, le produit le plus cher à assurer, les marges
ne sont donc pas bien protégées." Selon l'analyste, le groupe
 éprouvera des difficultés à identifier des économies.
 "Nous sommes dans un environnement extrêmement délicat pour
le secteur. Les compagnies vont devoir relever leurs tarifs, ce
qui affectera la demande et va influer sur la consolidation du
secteur", a reconnu Jean-Cyril Spinetta, président d'Air
France-KLM, au cours d'une conférence de presse.
 "Je crois toutefois que nous avons effectué les efforts
nécessaires pour pouvoir résister au cours des prochaines
années. Air France-KLM montrera, comme après 2001, qu'elle a les
moyens de poursuivre sa croissance", a-t-il dit.
 Il a annoncé un nouveau plan d'économies de 150 millions
d'euros en sus du plan "Challenge 10" - 1,4 milliard d'euros sur
la période 2007-2010 - pour faire face à la flambée du pétrole
CLc1, le baril ayant brièvement franchi le cap des 135 dollars
le baril jeudi.
 
 ATOUTS
 "Nous avons de nombreux atouts, a noté Jean-Cyril Spinetta,
la modernité de notre flotte (9,2 ans en moyenne, ndlr) qui nous
a permis de diminuer la consommation exprimée par passager
transporté de près de 20%, un bilan robuste, les synergies de
l'alliance AF-KLM et une politique de couverture menée avec
beaucoup de constance."
 En 2007-2008, la facture carburant d'Air France-KLM a
progressé de 7,4%, à 4,6 milliards d'euros.
 Le pétrole constitue aujourd'hui le premier poste de
dépenses de l'entreprise, devant les coûts salariaux.
 La semaine dernière, Air France et KLM ont notifié un
relèvement de leurs "surcharges" carburant et prévenu que
celles-ci resteraient en vigueur tant que les cours ne
redescendraient pas durablement sous le seuil de 105 dollars
[ID:nPAT009022].
 American Airlines a annoncé mercredi plusieurs milliers de
suppressions d'emplois. Elle se prépare à retirer des avions
vieillissants de sa flotte - les plus gourmands en carburant -
et à faire payer l'enregistrement des bagages.
 Philippe Calavia, directeur général adjoint économie et
finances d'Air France-KLM (AIRF.PA: Cotation), a d'autre part indiqué que
son groupe envisageait de négocier des pénalités avec Airbus en
raison des nouveaux retards de l'A380.
 "Nous attendons la fin du mois pour connaître les dates
précises de livraison pour véritablement apprécier l'impact de
ces délais", a-t-il dit. Interrogé sur l'intention de la
compagnie de négocier des pénalités avec le constructeur, il a
répondu : "Oui."
 Airbus, la principale filiale du géant européen
d'aéronautique et de défense, a annoncé début mai que le
programme du gros porteur A380 connaîtrait un quatrième retard,
cette fois de deux à trois mois [ID:nL13919969].
 Air France a commandé 12 exemplaires de l'A380, dont la
livraison devait débuter en avril 2009.
 Jean-Cyril Spinetta a indiqué par ailleurs que la compagnie
pourrait reprendre des négociations de rapprochement avec
Alitalia AZPia.MI si elle y était invitée mais que cela lui
paraissait "impossible" compte tenu du nouvel environnement créé
par le prix de l'or noir [ID:nWEB5776]. /MB