21 juillet 2008 / 06:56 / il y a 9 ans

LEAD 4 Roche risque de devoir relever son offre sur Genentech

LOS ANGELES/ZURICH, 21 juillet (Reuters) - Le laboratoire suisse Roche ROG.VX va sans doute devoir relever son offre s'il veut prendre le contrôle complet de Genentech DNA.N, numéro deux mondial de la biotechonologie, mais les chances d'un succès de l'opération sont intactes, estiment lundi analystes et investisseurs.

Le groupe pharmaceutique bâlois, qui détient déjà 55,9% de la firme américaine depuis 1990, offre 89 dollars par action en espèces, soit un montant total de 43,7 milliards de dollars.

Le prix offert représente une prime de 8,8% par rapport au cours de vendredi, mais il est inférieur à son cours de lundi.

Vers 18H00 GMT, l'action Genentech bondit de 13,03% à 92,42 dollars, le marché voulant croire à un relèvement de l'offre.

"Je pense que le marché veut faire savoir qu'il estime que l'offre ne reflète pas la valeur réelle de Genentech", commente Jay Markowitz, analyste chez T. Rowe Price Associates, qui détient 16,5 millions d'actions de Genentech.

À titre de comparaison, il évoque le rachat en 2006 de l'américain Chiron par Novartis NOVN.VX. Le suisse, qui détenait alors 42% de la société basée à San Diego, avait finalement relevé son offre, les directeurs indépendants de Chiron ayant estimé que la proposition initiale était insuffisante.

Lundi en clôture, Roche a trébuché de 4,79% à 171,00 francs suisses. Les investisseurs s'interrogent sur le coût de l'opération, la plus grosse acquisition que le laboratoire suisse ait jamais réalisée.

Roche, qui prévoit des synergies de 750 à 850 millions de dollars avant impôts, précise que le rachat sera relutif pour son bénéfice par bon de jouissance dès la première année.

La transaction ne nécessitera aucune augmentation de capital et sera financée par des fonds propres et du capital extérieur, mais la direction veut garder une certaine souplesse en préservant une part de ses importantes réserves en liquidités pour d'autres opérations, si des occasions se précisent.

Pour le président du conseil d'administratino, Franz B. Humer, le rachat total de Genentech n'est ni un méga-deal au sens premier du terme, ni une rupture avec la stratégie du groupe.

"C'est une bonne surprise de la part de Roche, qui va ainsi se renforcer aux Etats-Unis en prévision des remous qui vont agiter son portefeuille de produits durant les prochaines années", explique Andrew Fellows, analyste chez Helvea.

Cette opération marque une nouvelle étape dans la lutte qui oppose les groupes pharmaceutiques pour s'assurer une présence dans la biotechnologie alors qu'ils sont soumis à la concurrence des fabricants de génériques sur leurs médicaments phares.

Novartis NOVN.VX a déboursé un peu moins d'un milliard de francs à la mi-juillet pour s'emparer de son compatriote Speedel SPPN.S et Actelion ATLN.VX a conclu la semaine passée un partenariat exclusif d'une valeur pouvant atteindre 3,3 milliards de francs suisses avec GlaxoSmithKline (GSK.L) pour développer et commercialiser son Almorexant, un somnifère en dernière phase d'expérimentation.

UN PREMIER SEMESTRE PEU EXCITANT

"La nouvelle pourrait s'avérer payante pour le groupe à moyen terme. Elle rejette dans l'ombre des chiffres semestriels plutôt mitigés", explique la banque Wegelin, en saluant au passage le calendrier choisi "avec la faiblesse actuelle du dollar".

Le chiffre d'affaires semestriel de Roche a reculé de 4% à 22 milliards de francs, dans le bas de la fourchette des attentes du marché. Dans la division Pharma, les ventes se sont repliées de 6% à 17,2 milliards.

Même constat pour le résultat opérationnel, qui est ressorti à un peu plus de sept milliards, en baisse de 6%. La bonne surprise est venue du bénéfice net, en baisse de 2% seulement à 5,7 milliards alors que les analystes avaient anticipé en moyenne 5,57 milliards.

La performance a été affectée par la chute des ventes de 71% du Tamiflu, le traitement antiviral que les gouvernements avaient stocké un temps en prévision d'une pandémie de grippe aviaire, alors que dans l'oncologie, le chiffre d'affaires a progressé de 15%.

"Les chiffres sont OK, mais pas exceptionnels. Pas de quoi en tout cas accorder au titre une prime par rapport au secteur", a résumé un courtier.

Les analystes ne manquent pas de souligner en outre que Roche a subi un impact négatif de 8% lié aux effets de changes, du fait de l'appréciation du franc suisse. /PS/GG/SK/NDE

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