February 21, 2008 / 1:52 PM / in 9 years

LEAD 1 SG-Perte du T4 confirmée, augmentation de capital lancée

6 MINUTES DE LECTURE

par Yann Le Guernigou

PARIS, 21 février (Reuters) - La Société générale (SOGN.PA) a confirmé jeudi la perte record enregistrée sur son quatrième trimestre sous l'effet cumulé des manipulations d'un de ses traders et de nouvelles dépréciations liées à la crise des marchés du crédit.

Cette confirmation est intervenue à l'occasion du lancement d'une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros destinée à conforter sa solidité financière mise à mal par la perte de 4,9 milliards d'euros.

Ebranlée par cette affaire, la Société générale se retrouve depuis un mois au centre de nouvelles spéculations sur sa capacité à rester indépendante.

Mais son président, Daniel Bouton, a déclaré à Reuters qu'il avait reçu le soutien de son conseil d'administration pour poursuivre la stratégie qui a réussi à la banque avant cette dernière crise, à savoir une expansion dans les pays émergents et les services financiers spécialisés financée par les importants cash flows dégagés par les réseaux France et la banque de financement et d'investissement (BFI).

Il veut pour preuve de la solidité de ce modèle que, malgré la perte provoquée par Jérôme Kerviel et pas loin de trois milliards d'euros de dépréciations liées à la crise, dont 2,6 milliards pour la seule BFI, la Société générale est parvenue à rester bénéficiaire sur l'année.

Bouton Determine

Son résultat net, part du groupe, de 2007 s'est élevé à 947 millions d'euros, contre 5,22 milliards un an plus tôt, après prise en compte d'une perte de 3,35 milliards sur le seul quatrième trimestre.

Hors impact de la perte de trading, la Société générale aurait enregistré un bénéfice net annuel en baisse de seulement 20%.

"Je suis complètement déterminé à continuer cette stratégie parce que, même en prenant en compte une très mauvaise année 2007 compte tenu de la crise et de cette fraude, c'est celle qui crée et qui créera à terme pour l'actionnaire le maximum de valeur. C'est mon opinion, elle est soutenue par le conseil", a dit Daniel Bouton.

En Bourse de Paris, le cours de l'action Société générale, qui avait perdu 6% mercredi en fin de séance sous l'effet d'arbitrages de dernière minute avant l'augmentation de capital, s'est stabilisé juste en-dessous de 67 euros.

Il affiche une baisse faciale de quatre euros par rapport à son cours de clôture mercredi, mais qui tient en fait au détachement du droit de souscription qui est attaché à chaque action. Ce dernier, coté séparément, affiche un cours de 4,53 euros vers 14h30.

Un analyste, qui anticipait que l'action Société générale baisse autour de 60 euros, estime qu'elle bénéficie toujours d'une prime spéculative.

Offre Hostile Difficile

Un autre analyste d'une banque européenne ne croit pas à une offre sur la banque qui ne pourrait, selon lui, qu'être hostile au vu de sa volonté de continuer dans son modèle actuel.

"Une offre hostile n'est jamais facile. Dans des marchés comme aujourd'hui, c'est encore plus difficile", dit-il.

L'environnement pourrait finalement protéger la Société générale, qui doit gérer un début 2008 délicat. Elle a ainsi laissé entendre qu'elle pourrait procéder à de nouvelles dépréciations dans sa gestion d'actifs en plus de celles de 276 millions passées dans ce métier en 2007.

La banque se dit en revanche confiante pour la situation de sa BFI en termes de dépréciations, estimant que celles qui ont impacté les comptes du quatrième trimestre (2,0 milliards d'euros) ont été calculées sur la base d'une estimation parmi les plus pessimistes du coût de la crise de l'immobilier américain.

Mais elle a indiqué clairement qu'elle avait volontairement ralenti ses activités de marché début 2008, le temps de mettre en place des contrôles renforcés pour un coût supplémentaire de l'ordre de 50 millions d'euros.

La mise en place de ces dispositifs est évoquée dans le rapport d'étape, publié mercredi, du comité spécial du conseil d'administration chargé de superviser la gestion de la crise déclenchée par les manipulations du trader Jérôme Kerviel et la mise en place de dispositifs pour y remédier.

Le rapport estime que le fait que les agissements irréguliers de Jérôme Kerviel, entamés dès 2005, n'aient été détectés que le mois dernier peut s'expliquer "par l'efficacité et la variété des techniques de dissimulation utilisées" mais aussi par "l'absence de certains contrôles qui n'étaient pas prévus et qui auraient été susceptibles d'identifier la fraude". /YLG

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