18 avril 2008 / 11:39 / dans 9 ans

LEAD 2 Citigroup perd encore $5,11 mds, supprime 9.000 emplois

NEW YORK, 18 avril (Reuters) - Citigroup (C.N) a signé vendredi sa deuxième perte nette trimestrielle d‘affilée avec plus de 16 milliards de dollars de dépréciations et provisions pour pertes sur crédit.

Ces pertes massives, de 5,11 milliards de dollars sur le premier trimestre 2008 et près de 15 milliards de dollars depuis octobre, ont amené le premier groupe bancaire des Etats-Unis à décider d‘un programme drastique de réduction de ses coûts fixes, qui se traduira notamment par 9.000 suppressions d‘emplois en plus des 4.200 déjà annoncées au trimestre précédent.

Pourtant pire que prévu, la nouvelle perte de Citigroup a été accueillie avec indulgence par le marché, les intervenants voulant croire aux mesures annoncées par le nouveau directeur général Vikram Pandit qui s‘est dit “extrêmement” confiant pour l‘avenir.

Pandit, aux manettes depuis juillet dernier, s‘efforce de recentrer les activités de Citigroup après des années de sous-investissement et une gestion des risques discutable qui ont laissé l’établissement très vulnérable à la crise du crédit, estiment des analystes.

Ces deux dernières semaines, Citigroup a annoncé la vente de son réseau de cartes de crédit Diners Club International et la cession de l‘essentiel de son activité de prêt commercial et de crédit-bail en Amérique du Nord. Quant aux dépenses, elles ont baissé de 2% par rapport au quatrième trimestre 2007.

En outre, a déclaré à Reuters le directeur financier Gary Crittenden, la banque a bouclé jeudi soir la vente d‘un portefeuille de prêts structurés d‘environ 12 milliards de dollar.

L‘action Citigroup faisait un bond d‘environ 6% à 25,48 dollars en matinée sur le New York Stock Exchange et entraînait Wall Street dans son sillage.

La perte nette trimestrielle s’élève à 1,02 dollar par action, alors que les analystes avaient tablé en moyenne sur une perte de 96 cents seulement, selon Reuters Estimates.

Le produit net bancaire a chuté de 48% à 13,2 milliards de dollars, alors que le consensus était de 14,35 milliards.

Au premier trimestre 2007, Citigroup avait affiché un bénéfice de 5,01 milliards de dollars, soit 1,01 dollar par action.

UNE ACCUMULATION DE DÉPRÉCIATIONS ET CHARGES

Depuis la mi-2007, Citigroup a subi plus de 46 milliards de dollars de dépréciations et de charges de crédit. Le groupe bancaire a aussi taillé dans son dividende et a dû se recapitaliser à hauteur de 30 milliards de dollars.

Citigroup a fini le premier trimestre avec un ratio Tier-1 (qui mesure la capacité à couvrir ses pertes) de 7,7%, en hausse par rapport aux 7,12% affichés à la fin de l‘an dernier et nettement supérieur aux 6% jugés nécessaires par les autorités bancaires pour estimer qu‘une banque est “bien capitalisée”.

En revanche, la valeur comptable par action, qui mesure les actifs moins les engagements financiers, est descendue à 20,73 dollars à fin mars contre 22,74 dollars fin 2007. Le rendement des capitaux propres est ressorti négatif à -18,6% sur le premier trimestre.

L‘agence de notation Moody’s Investors Service a confirmé les notes de Citigroup, en jugeant que ses excédents de capitaux restaient conséquents en dépit des pertes annoncées, mais elle a abaissé sa perspective à négative.

Moody’s a prévenu qu‘elle pourrait abaisser la note de l’établissement si les ratios de celui-ci continuaient à diminuer sous l‘effet d‘autres pertes.

L‘agence Fitch a pour sa part abaissé les notes de la dette à long terme de Citigroup, avec perspective négative, en estimant que l‘exposition de la banque aux produits structurés comme les CDO et au financement par l‘endettement restait inquiétante.

Par segment, les dépréciations et charges de crédit du premier trimestre directement liées à l‘exposition de Citigroup au subprime ont atteint six milliards de dollars.

La banque a subi aussi des dépréciations à hauteur de 3,1 milliards sur des financements d‘opérations de rachat d‘entreprises, de 1,5 milliard du fait de son exposition aux rehausseurs de crédit et de 1,5 milliard sur des produits de trésorerie à taux révisable (ARS, auction rate securities).

Citigroup a aussi dû faire face à une augmentation de 3,1 milliards de dollars de ses coûts liés à ses prêts à la consommation.

S‘y sont ajoutés pour un milliard de dollars de dépréciations de prêts hypothécaires “Alt-A” moyennement risqués et pour 600 millions de dollars liés à l‘immobilier commercial.

La division banque d‘investissement de Citigroup a, logiquement, essuyé le gros de la tempête et affiche une perte trimestrielle de 5,67 milliards de dollars.

La division grand public, la plus importante de Citigroup, a vu ses profits chuter de 45% à 1,43 milliard de dollars, même si le produit net bancaire a augmenté de 16%.

La division banque privée a vu son résultat net baisser de 33% à 299 millions de dollars. /DRO/DR

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