18 mars 2008 / 15:36 / dans 10 ans

LEAD 1 Lehman et Goldman rassurent malgré un T1 en forte baisse

NEW YORK, 18 mars (Reuters) - Goldman Sachs (GS.N) et Lehman Brothers LEH.N ont publié mardi des bénéfices trimestriels réduits de plus de moitié du fait de la crise du crédit mais néanmoins supérieurs aux attentes.

Le marché a même accueilli avec un grand soulagement les annonces de la seconde, qui a échappé aux dépréciations massives redoutées par certains et a fait état d‘une situation solide en termes de liquidités, alors que beaucoup redoutaient que la banque ne connaisse un sort analogue à Bear Stearns, contrainte de se vendre à bas prix après avoir été victime d‘une crise de liquidités.

Wall Street a salué cette publication avec un rebond vers 16h00 de plus de 30% de l‘action Lehman Brothers qui reculait de plus de 40% depuis le début de l‘année, celle de Goldman gagnant plus de 12% à la même heure.

“Lehman a confondu les prophètes de l‘Apocalypse avec ces chiffres. Elle a montré qu‘elle avait la capacité de faire face dans l‘adversité”, a déclaré Michael Holland, fondateur du gestionnaire d‘actifs Holland & Co LLC.

S‘agissant de Goldman Sachs, il a estimé que la banque était une fois de plus parvenue à s‘en sortir malgré l‘environnement difficile. “Les temps actuels permettent de distinguer les plus performants”, a-t-il ajouté.

Goldman Sachs a bouclé le premier trimestre, clos au 29 février, de son exercice par un bénéfice net de 1,51 milliard de dollars (3,23 dollars par action), en baisse de 52,3%.

Les revenus de la première banque d‘investissement américaine ont reculé dans le même temps de 35%, à 8,34 milliards. Le consensus Reuters Estimates anticipait un BPA de 2,57 euros et des revenus de 7,3 milliards en moyenne.

DEPRECIATIONS

Pour Lehman, le bénéfice net a chuté de 57%, à 489 millions de dollars (81 cents par action, -59%). Le consensus Reuters Estimates tablait sur 73 cents mais certains analystes s‘attendaient à bien pire du fait de l‘importance des crédits hypothécaires - environ 80 milliards de dollars - aussi bien résidentiels que commerciaux encore détenus à la fin de l‘exercice passé par la quatrième banque de Wall Street.

Les revenus de ses activités de marché de dettes ont fondu de 88% sur le trimestre, à 262 millions de dollars. Mais ils ont progressé de 6% sur les marchés actions et de 2% dans la banque d‘investissement, Lehman, qui était encore considérée il y a quelques années comme une banque de taux, tirant ainsi les fruits de la diversification de ses activités.

Au total, ses revenus ont atteint 3,5 milliards d‘euros, 31% de moins qu‘un an plus tôt. Ils intègrent 1,8 milliard de dollars de dépréciations nettes (4,7 milliards en brut) liées à la valorisation au marché des actifs de la banque, a précisé le directeur financier Erin Callan au cours d‘une conférence téléphonique.

Mais surtout, Lehman Brothers a rassuré sur ses liquidités, soulignant que sa holding détenait un pool de liquidités de 30 milliards de dollars et des actifs disponibles de 64 milliards, en plus de 99 milliards logés dans des entités règlementées.

Le groupe dispose en outre depuis ce week-end de l‘accès aux guichets de la Fed, qui ont été ouverts aux banques d‘investissement mais qu‘il n‘a pas encore utilisés.

CHUTE DU TRADING CHEZ GOLDMAN

L‘une des rares grandes banques ayant échappé l‘an passé à la tempête des “subprimes”, ce qui a lui a permis de dégager des résultats records en 2007, Goldman Sachs a quand même accusé en début d‘année l‘impact de l‘environnement difficile.

Mais son directeur général, Lloyd Blankfein, a souligné que l‘activité pour compte de clientèle avait été forte dans plusieurs lignes de métier.

La division trading et investissements pour compte propre a le plus souffert, avec un recul de 46% de ses revenus, à 5,12 milliards de dollars.

Ce montant inclut des pertes d‘environ un milliard de dollars liées aux crédits hypothécaires et d‘autres d‘un même montant sur des prêts à haut rendement.

La banque d‘investissement a vu ses revenus diminuer de 32%, du fait de l‘environnement difficile sur les marchés des capitaux, mais ceux de la gestion d‘actifs et des services aux investisseurs ont augmenté de 28%.

Le directeur financier de Goldman Sachs, David Viniar, a souligné que la position de liquidités de la banque n‘avait jamais été aussi forte et indiqué qu‘elle envisageait d‘accroître légèrement ses effectifs cette année, au moment où certains s‘attendent à des coupes allant jusqu’à 20% dans l‘emploi à Wall Street.

Mais il est resté très prudent sur l’évolution de l‘environnement. “Va-t-il s‘améliorer ? Oui. Mais il est difficile de dire quand”, a-t-il dit devant la presse.

Certains intervenants ont accueilli avec circonspection les résultats de Goldman Sachs, Merrill Lynch s’étonnant notamment de l‘absence de dépréciations liées à l‘immobilier commercial, un secteur depuis peu sous pression.

“Je ne sais pas trop quoi penser, c‘est presque trop beau pour être vrai”, a dit pour sa part Robert Lagravinese, de Trinity Fund à New York. “Je ne sais pas comment ils échappent à tous les problèmes des banques d‘investissement. Personne n‘est aussi bon, intelligent ou chanceux”, a-t-il ajouté.

Dan Wilchins et Joseph A. Giannone, version française Yann Le Guernigou

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