18 avril 2008 / 10:04 / il y a 9 ans

LEAD 1 Eiffage veut tourner la page après la sortie de Sacyr

Par Benjamin Mallet

PARIS, 18 avril (Reuters) - Eiffage (FOUG.PA) a estimé vendredi que la page était tournée après la sortie de son capital du groupe espagnol Sacyr Vallehermoso SVO.MC, contre lequel il s'est battu pendant plus deux ans.

Au lendemain de l'annonce de la vente des 33,32% de Sacyr, le P-DG du groupe Jean-François Roverato a estimé qu'Eiffage pouvait désormais étudier plus sereinement des acquisitions, en faisant notamment part d'un vif intérêt pour Cegelec.

Jean-François Roverato, n'a pas voulu confirmer l'identité des acquéreurs de la participation de Sacyr, se contentant de citer un article de La Tribune.

Alors que la Caisse des dépôts a indiqué jeudi être montée de 8,5% à 19,5% du capital d'Eiffage tandis que Groupama annonçait une hausse de 3% à 6% de sa participation, La Tribune précise vendredi que BNP Paribas (BNPP.PA) et Natixis (CNAT.PA) ont pris chacun 4%, Société générale (SOGN.PA) un peu moins de 4%, CNP Assurances (CNPP.PA) 2% et les AGF 0,6%.

Crédit mutuel CIC, Groupe Azur et la SMA BTP se partagent le solde des 33,32%, ajoute le quotidien. Les salariés détiennent pour leur part entre 25% et 26% du capital.

"Avec les salariés, la Caisse des dépôts et Groupama, nous avons chez Eiffage un actionnariat stable et muni de deux pieds", a déclaré Jean-François Roverato.

Le P-DG d'Eiffage a ajouté que la sortie de Sacyr facilitait l'étude de dossiers de croissance externe. "Nous regardons le dossier Cegelec avec beaucoup d'intérêt", a-t-il souligné, ajoutant que la groupe était par ailleurs "susceptible de perndre une position importante dans un pays de l'est dans les prochains jours".

Cegelec, remis en vente par son actionnaire LBO France, est également convoité par Spie et Vinci (SGEF.PA) pourrait s'y intéresser.

"Notre priorité n°1 est le développement en Europe hors de France", a-t-il répété. "Nous saisirons les opportunités dès lors que cela fera sens économiquement et stratégiquement."

LUTTE FEROCE

Jean-François Roverato également confirmé les prévisions pour 2008, le groupe ayant indiqué fin février qu'il visait un chiffre d'affaires de 13 milliards d'euros (hors acquisitions).

La vente de la participation de Sacyr met un terme à deux ans de lutte féroce autour de la représentation du groupe espagnol au conseil d'administration d'Eiffage.

Entré début 2006 au capital d'Eiffage, peu après que celui-ci eut remporté la privatisation du deuxième opérateur autoroutier APRR APRR.PA, Sacyr s'est vu refusé à deux reprises sa demande d'entrée au conseil d'administration.

La guerre des mots s'est déplacée sur le terrain judiciaire après l'AG d'Eiffage du 18 avril 2007, au cours de laquelle il s'est vu accusé d'agir secrètement de concert avec d'autres sociétés espagnoles afin d'opérer une prise de contrôle rampante d'Eiffage.

Les différentes péripéties judiciaires ont culminé dévut avril avec l'invalidation par la cour d'appel de Paris d'une décision de l'Autorité des marchés financiers (AMF) obligeant Sacyr à lancer une offre avec une partie en cash sur Eiffage, au lieu d'une offre d'échange présentée par Sacyr le 19 avril.

LA QUESTION DES MINORITAIRES EN SUSPENS

La cour d'appel de Paris avait toutefois reconnu que le groupe espagnol avait de facto agi de concert au sein de son capital avec des investisseurs alliés, franchissant ainsi le seuil des 33,3% du capital obligeant à une OPA au prix fort (127 euros).

Les ennuis judiciaires ne semblent pas terminés pour Sacyr et son président Luis del Rivero, dont on a appris le 16 avril la mise en examen par un juge parisien pour diffusion d'informations fausses ou trompeuses au marché et défaut de déclaration de franchissement de seuil. L'abandon des poursuites par Eiffage porte aussi sur ce volet de l'affaires mais la justice pourrait poursuivre la procédure.

Du côté des minoritaires, l'Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires) a annoncé mardi qu'elle demandait à AMF d'user de ses prérogatives afin d'obliger Sacyr à lancer une OPA sur Eiffage.

Elle a également demandé au gendarme de le Bourse de contraindre Eiffage à respecter l'égalité de traitement de ses actionnaires, alors que Sacyr avait évoqué peu avant un projet de cession de ses 33,32% à un groupe d'investisseurs "agréés" par le français, au prix de 63 euros par action.

"Les actionnaires minoritaires mèneront les actions qu'ils jugent utile de mener. Je ne doute pas que certaines ou certains d'entre eux n'en resteront pas là", a déclaré Jean-François Roverato, tout en rejetant l'existence d'un agrément de la part d'Eiffage concernant les repreneurs des 33,32% de Sacyr.

Le P-DG d'Eiffage a toutefois souligné qu'il verrait d'un bon oeil d'élargir le conseil à un ou plusieurs représentants de la CDC, de Groupama ou encore de la CNP d'Albert Frère (moins de 2% du capital). /BM

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