LEAD 3 EADS - Airbus dope les résultats du premier trimestre

mercredi 14 mai 2008 13h16
 

 (Actualisé avec cours de Bourse et détails d'une
téléconférence à partir du §13)
 par Matthias Blamont
 PARIS, 14 mai (Reuters) - Fort de la rentabilité retrouvée
d'Airbus, EADS EAD.PA a présenté mercredi des résultats
trimestriels largement supérieurs aux anticipations et maintenu
ses prévisions pour 2008 en dépit des nouveaux retards de
livraisons de sa filiale principale et d'un dollar toujours trop
faible.
 Les investisseurs ont néanmoins salué la publication d'un
résultat d'exploitation multiplié par près de neuf et le
maintien d'un objectif d'Ebit de 1,8 milliard d'euros cette
année.
 Après avoir ouvert sur un bond de près de 9%, l'action du
géant européen d'aéronautique et de défense progressait de 5,73%
à 16,62 euros vers 12h55 à la Bourse de Paris, signant l'une des
plus forte contribution à l'avancée du CAC 40 .FCHI.
 "Les chiffres du premier trimestre sont très bons mais EADS
insiste sur le fait qu'il ne sont pas extrapolables sur le reste
de l'exercice", observe Olivier Brochet, analyste auprès de
Natixis Securities.
 De fait, l'entreprise souligne dans son communiqué de
résultats que "les volumes de couverture de change venant à
maturité ont excédé temporairement l'exposition économique du
groupe et ont donc contribué à la croissance de l'Ebit. Cet
impact favorable va s'inverser au cours des trimestres à venir."
 Le modèle économique d'Airbus est notamment calé sur un euro
à 1,16 dollar. En fin de matinée, l'euro se traitait à 1,543
dollar EUR=.
 "Les dépenses de R&D (stables au premier trimestre à 534
millions d'euros, ndlr) seront également plus élevées au cours
des prochains trimestres avec le développement de l'A350 XWB et
la version fret de l'A330. Pour l'heure, le titre réagit à des
chiffres inattendus qui ne sont pas susceptibles de se répéter",
estime Olivier Brochet.
 
 RETOUR EN FORCE D'AIRBUS
 EADS a communiqué un résultat d'exploitation de 769 millions
d'euros sur les trois premiers mois de l'année, à comparer à 88
millions d'euros sur la période correspondante de 2007.
 Les analystes du consensus Reuters Estimates, arrêté au 13
mai, tablaient en moyenne sur un résultat d'exploitation de 371
millions d'euros (tableau des résultats [ID:nPAT009018]).
 Plombé en 2006 et 2007 par la polémique industrielle née des
difficultés de production et d'assemblage du très gros porteur
A380, le résultat d'exploitation d'Airbus s'est établi à 628
millions d'euros.
 Dans son communiqué, EADS note que l'impact du dollar a
porté sur environ 500 millions d'euros.
 Pour 2008, il ajoute qu'Airbus espère enregistrer 700
commandes et livrer 470 appareils. Parallèlement, la principale
filiale d'EADS annonce envisager de céder les sites de Filton
(Royaume-Uni) et de Laupheim (Allemagne) dans les "prochaines
semaines", dans le cadre de son plan stratégique "Power 8".
  Au cours d'une téléconférence, Louis Gallois, président
exécutif d'EADS, a déclaré que "Power 8" serait complété par des
mesures additionnelles "au cours du deuxième trimestre."
 
 DIFFICULTES
 Si Airbus a retrouvé la forme, EADS doit toujours faire face
à plusieurs obstacles de taille.
 Airbus a fait état mardi d'un quatrième retard sur le
programme A380 [ID:nL13919969]. La semaine précédente, il avait
annoncé la suspension de ses négociations avec l'équipementier
Latécoère (LAEP.PA: Cotation) sur la cession de deux sites en France, à
Méaulte (Somme) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)
[ID:nL07117665], lesquels devraient être temporairement intégrés
dans une filiale.
 Louis Gallois a précisé à ce sujet que ses équipes avaient
pris contact avec des partenaires financiers pour évoquer la
participation de l'entreprise au sein de ces filiales.
 L'avion de transport militaire A400M connait également des
retards de quelque six à douze mois.
 Interrogé sur RTL mercredi matin, Louis Gallois a reconnu
qu'Airbus aurait à négocier des compensations financières en
raison des nouveaux délais sur l'A380 mais a indiqué que la
société ne les avait pas encore évaluées. Le dirigeant a répété
qu'EADS aurait à acheter davantage en zone dollar et à réduire
ses coûts en Europe.
 A l'horizon 2020, le groupe veut rééquilibrer ses ventes
entre le civil et le militaire dont les revenus sont
traditionnellement plus stables.
 En attendant, EADS récolte les fruits de ses premiers grands
efforts de compressions de coûts et bénéficie, comme son grand
rival américain Boeing (BA.N: Cotation), de la très forte demande pour des
avions plus économes en carburant alors que la croissance du
trafic aérien reste dynamique, particulièrement en Asie et au
Moyen-Orient. /MB