February 14, 2008 / 7:42 PM / in 9 years

LEAD 2 Natixis - Perte de 1 md au T4, remaniement du directoire

7 MINUTES DE LECTURE

(actualisé au 4e paragraphe avec le consensus Reuters Estimates)

par Yann le Guernigou

PARIS, 14 février (Reuters) - Natixis (CNAT.PA) a dévoilé jeudi un remaniement de son état-major en même temps qu'elle annonçait que son quatrième trimestre se solderait par une perte nette de l'ordre d'un milliard d'euros du fait de dépréciations liées à la crise des marchés du crédit.

Née fin 2006, la filiale commune des Banques populaires et des Caisses d'épargne explique avoir voulu ainsi mettre en place un management "adapté à un environnement devenu plus exigeant".

Pour l'ensemble de 2007, elle n'attend plus qu'un bénéfice net de l'ordre d'un milliard d'euros, alors qu'il s'inscrivait à 2.002 millions sur les neuf premiers mois de l'exercice.

Le consensus Reuters Estimates anticipait en moyenne pour l'ensemble de 2007 un bénéfice net de 2.143 millions d'euros.

Le résultat net 2007 de Natixis intègrera des dépréciations d'actifs liées à son exposition, directe ou indirecte, aux crédits "subprimes" pour 817 millions d'euros, et à son exposition sur les rehausseurs de crédit américains pour 380 millions d'euros.

Le résultat net courant de l'exercice se situera au même niveau que le résultat net, les éléments exceptionnels négatifs (cession de CIFG, la filiale de rehaussement de crédit rachetée par ses deux grands actionnaires, et charges de restructuration) et positifs (plus-value sur la cession de l'ancien siège opérationnel de Natexis Banques populaires et profits de restructuration de l'activité gestion d'actifs) se neutralisant pour une large part.

Natixis paie ainsi le prix de sa forte exposition aux activités de banque de financement et d'investissement (BFI), qui ont représenté plus de 45% de son chiffre d'affaires en 2006.

Forte Baisse en Bourse

Elle souligne dans son communiqué que l'impact de la crise n'a touché que certains métiers de sa BFI et que les activités d'intermédiation actions, financements structurés ou ingénierie financière ont connu de fortes progressions.

De même, elle indique que des pôles gestions d'actifs, capital investissement, services et assurance crédit ont enregistré des performances "satisfaisantes, voire très satisfaisantes".

Si la banque fait valoir que sa structure financière reste solide - son ratio Tier One devrait ressortir à au moins 8% au 31 décembre 2007 et elle prévoit de distribuer à ses actionnaiures 50% du résultat net définitif de l'exercice -, la crise des marchés du crédit a néanmoins fait voler en éclats le plan de marche présenté fin 2006 lors de sa création.

Celui-ci prévoyait un résultat net courant 2007 en hausse de 25% par rapport à celui de 2005, une performance déjà atteinte en 2006. Il se situera finalement 40% en dessous.

Les marchés avaient déjà largement anticipé cette évolution, le titre Natixis ayant cédé l'an passé 38,25%, soit une des plus mauvaises performances de l'univers bancaire européen.

Il perd encore 16% depuis le début de 2008, évoluant cette fois en ligne avec l'indice sectoriel .SX7P (-16,2%).

C'est dans ce contexte que la banque a annoncé les nominations de Jean-Pascal Beaufret et Jean-Marc Moriani à son directoire, que quitte Anthony Orsatelli. François Ladam y reste pour sa part jusqu'en mai, date de son départ en retraite.

Natixis souligne que le remaniement de son équipe dirigeante, toujours menée par le tandem Philippe Dupont (président du directoire)/Dominique Ferrero (directeur général), permet de doter la banque d'un "management stable, capable de faire franchir à l'entreprise de nouvelles étapes et adapté à un environnement devenu plus exigeant".

Sauvetage De Cifg

Jean-Pascal Beaufret, HEC et Inspecteur des finances qui a quitté l'automne dernier Alcatel-Lucent après cinq ans comme directeur financier, aura en charge "la supervision de l'ensemble des directions fonctionnelles (finances, risques, ressources humaines, organisation, systèmes d'information, communication, contrôle interne...) et du métier de gestion d'actifs.

Jean-Marc Moriani, un centralien qui a rejoint Natixis en août, devient membre du directoire et conserve la responsabilité du métier de banque de financement et d'investissement.

Philippe Dupont cumule la présidence des Banques populaires avec celle du directoire de Natixis, Dominique Ferrero est un de ses proches, et Jean-Marc Moriani a travaillé avec ce dernier quand il était directeur général du Crédit lyonnais.

Ces changements signifient que les Caisses d'Epargne, dont le président du directoire Charles Milhaud préside le conseil de surveillance de Natixis, n'ont plus de représentant au directoire.

Des rumeurs de tensions avec les Banques populaires ont circulé fin 2007, en raison des difficultés de CIFG.

Menacée comme beaucoup d'autres acteurs du secteur d'une perte de sa notation "AAA" vitale pour son activité, la société a nécessité une opération de sauvetage sous forme d'un rachat pour une somme symbolique par les deux grands actionnaires de Natixis (ils en contrôlent à deux plus de 68%) en vue d'une recapitalisation de 1,5 milliard de dollars.

Selon Le Monde, Anthony Orsatelli, 56 ans, paierait pour les pertes de CIFG, une activité dont Natixis a hérité des Caisses d'épargne. Celle-ci l'avaient trouvé en 2006 dans la corbeille d'Ixis, l'ancienne filiale de la Caisse des dépôts dont Anthony Orsatelli était un des dirigeants. /YLG/WEM

avec William Emmanuel

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