13 mai 2008 / 05:26 / dans 9 ans

LEAD 2 SG a limité la casse au T1 grâce à des exceptionnels

par Yann Le Guernigou

PARIS, 13 mai (Reuters) - La Société générale (SOGN.PA) a publié mardi un bénéfice net en recul sensible et néanmoins meilleur que prévu pour le premier trimestre, une importante plus-value et d‘autres éléments exceptionnels lui permettant de neutraliser l‘impact élevé de la crise des marchés du crédit.

Mais la rentabilité opérationnelle sous-jacente du groupe a été en-deçà des attentes même si la banque, ébranlée en début d‘année par une perte exceptionnelle de 4,9 milliards enregistrée sur le débouclage de positions accumulées sans autorisation par un trader, voit dans ses performances commerciales une illustration de sa capacité de rebond dans un environnement difficile.

La crise du crédit, qui a atteint un paroxysme à la mi-mars, s‘est traduite dans les comptes du trimestre par près de 1,5 milliards de dépréciations et pertes sur actifs, contre 990 millions attendu en moyenne par les analystes interrogés par Reuters.

S‘ajoutant à celles de 2,8 milliards d‘euros qui avaient déjà plombé les comptes de la Société générale en 2007, elles se sont élevées à 1.223 millions dans les activités de banque de financement et d‘investissement (BFI), notamment sur le portefeuille de structurations de crédits immobiliers américains, et 274 millions dans la gestion d‘actifs.

Mais la crise a eu dans le même temps un impact comptable positif de 1.266 millions d‘euros reflétant l’évolution de la valorisation aux prix de marché des couvertures du portefeuille de crédit (+743 millions) et de la dette émise par la banque (+523 millions).

PAS DE CATASTROPHE

En recul de 23,4% par rapport à la référence, élevée, du premier trimestre 2007, le bénéfice net, part du groupe, s‘est élevé à 1.096 millions d‘euros, soit sensiblement au-dessus des anticipations (924 millions pour la prévision moyenne du consensus Reuters).

Il intègre une plus-value de 602 millions dégagée sur l‘apport de la filiale Fimat à Newedge, une nouvelle coentreprise avec le Crédit agricole spécialisée dans le courtage de produits dérivés cotés.

En Bourse de Paris, l‘action Société générale cédait 2,04% à 70,04 euros vers 13h25, sous-performant l‘indice DJ Stoxx des banques européennes .SX7P (-0,96%).

Les analystes soulignent que des éléments non récurrents expliquent que le bénéfice net soit au-dessus des attentes, alors que l‘analyse des résultats opérationnels montre que les métiers comme la BFI et la gestion d‘actifs continuent de souffrir de l‘environnement de marché.

“Ce n‘est pas la catastrophe mais il n‘y a rien de vraiment rassurant pour la suite”, a déclaré l‘un d‘eux sous le couvert de l‘anonymat.

De fait, la BFI a enregistré des baisses de 16,6% de ses revenus à données constantes et de 79,1% de son résultat net, à 139 millions.

Le pôle gestion d‘actifs et les services aux investisseurs a été de 31 millions d‘euros dans le rouge en raison d‘une perte de 139 millions dans la seule gestion d‘actifs, la deuxième en l‘espace de deux trimestres en raison, liée au poids important de ses fonds monétaires “dynamiques” investis dans des titrisations de crédit.

Les réseaux étrangers, un des principaux relais de croissance du groupe, ont rempli leur rôle avec une hausse de 33,8% de leur résultat net, à 192 millions d‘euros. Rosbank, le première banque privée russe dont la Société générale a pris le contrôle au premier trimestre, y a contribué pour 14 millions.

Mais le réseau France a enregistré une contribution quasi stable (hors éléments volatils) de 312 millions (333 millions attendu), la progression des revenus (+2%) étant divisée par plus de deux par rapport à fin 2007.

Malgré une bonne activité commerciale, la banque invoque l‘impact de la hausse des taux réglementés (livret A...) et la chute des commissions de placement (-7,3%) du fait de l‘environnement de marché dégradé.

Et surtout, elle a enregistré un rythme de d‘ouverture de nouveaux comptes (+21.700 en net) inférieur de près de moitié à la moyenne trimestrielle de 2007, une évolution qui pourrait être liée au scandale déclenché par le trader Jérôme Kerviel.

Un rapport circonstancié de la Société générale sur cette affaire sera publié avant l‘assemblée générale annuelle de la banque, prévue le 27 mai.

Elle a déjà amené le président Daniel Bouton à abandonner la direction générale de la banque au directeur financier, Frédéric Oudéa. Celui-ci, qui a pris officiellement les commandes opérationnelles ce mardi, a choisi Séverin Cabannes, le responsables des ressources du groupe, pour l’épauler même si les deux directeurs généraux délégués de Daniel Bouton, Philippe Citerne et Didiez Alix, restent en place. /YLG

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