LEAD 3 Vivendi-Objectif confirmé, pas d'augmentation de capital

lundi 1 septembre 2008 12h47
 

 par Cyril Altmeyer
 PARIS, 1er septembre (Reuters) - Vivendi (VIV.PA: Cotation) a confirmé
lundi sa prévision de croissance de résultats annuels en
excluant l'intégration de Neuf Cegetel à SFR et la création
d'Activision Blizzard (ATVI.O: Cotation), deux opérations qui ne
nécessiteront finalement pas d'augmentation de capital. 
 Le premier groupe européen de médias a relevé sa prévision
de synergies de coûts liées à l'éditeur de jeux vidéo Activision
Blizzard, issu de la fusion de Vivendi Games et de l'américain
Activision, à 100-150 millions de dollars en 2009 au lieu de
50-100 millions prévus en décembre 2007 lors de la présentation
de l'opération.
 Vivendi a fourni pour la première fois les synergies
concernant Neuf Cegetel, repris le 15 avril par SFR, dont
Vivendi détient 56% et Vodafone (VOD.L: Cotation) le solde. Elles seront
comprises entre 75 et 100 millions d'euros en 2009, 175 et 200
millions en 2010 et 250 et 300 millions par an à partir de 2011
et proviendront à 80% des coûts et à 20% des revenus.
 Quant au coût de mise en oeuvre du rapprochement des deux
opérateurs, ils sont estimés à 150 millions d'euros,
principalement en 2008.
 "Nous sommes convaincus que la plus grande partie de la
restructuration sera achevée à la mi-2009", a déclaré Frank
Esser, P-DG de SFR, lors de la conférence de presse consacrée
aux résultats semestriels de Vivendi.
 Comme les analystes s'y attendaient, Vivendi a confirmé que
l'augmentation de capital d'un et deux milliards d'euros
envisagée pour financer les opérateurs Neuf-SFR et Activision
Blizzard était désormais "inutile".
 "Nous avons réalisé nos acquisitions en utilisant moins que
de cash que nous avions pensé", a déclaré Jean-Bernard Lévy,
président du directoire de Vivendi. 
 Ainsi l'OPA de quatre milliards de dollars, lancée par
Vivendi sur Activision Blizzard s'est effectuée à un prix
inférieur au cours de la société, conduisant le groupe français
à n'en détenir que 54% alors qu'il en visait jusqu'à 68%. 
 Le groupe va se concentrer sur la réduction de sa dette
nette à un peu plus de huit milliards d'euros fin 2008 contre
11,4 milliards au 30 juin.
 "Nous n'envisageons pas d'acquisition majeure dans les
prochains mois", a déclaré Jean-Bernard Lévy.
 Il a précisé qu'il étudierait d'ici trois mois l'opportunité
d'activer une option permettant de céder 20% de NBC Universal
dont General Electric (GE.N: Cotation) détient 80%.
 
 SFR A PESE SUR L'EBITA AU S1
 Vivendi a également confirmé viser en 2008 une croissance de
son résultat net ajusté comparable à celle de 8,3% en 2007, à
périmètre équivalent. Il a réaffirmé son intention d'en verser
en 2009 au moins la moitié aux actionnaires. 
 Jean-Bernard Lévy n'a pas fourni de prévision pour les
résultats 2008 en intégrant le nouveau périmètre.
 L'action perd 0,11% à 26,41 euros vers 12h20, en ligne avec
le marché. 
 Oddo Securities a noté que le résultat opérationnel est en
ligne, toutes les divisions ayant surperformé les attentes, sauf
SFR-Neuf Cegetel en raison d'amortissements exceptionnels,
tandis que le résultat net est légèrement meilleur qu'attendu en
raison d'un taux d'imposition et de charges financières plus
faibles qu'attendu.
 Le résultat opérationnel ajusté (Ebita) de Vivendi ressort
en baisse de 1,1% à 2.567 millions, pâtissant notamment d'un
comparatif défavorable au premier semestre 2007 qui avait
bénéficié de plus-values notamment liées à ces cessions
d'immobilier. Les analystes interrogés par Reuters attendaient
en moyenne un Ebita de 2.593 millions au premier semestre.
 SFR affiche un Ebita de 1.340 millions d'euros, contre 1.359
millions attendus. Le deuxième opérateur télécoms français, dont
Vivendi détient 56% et Vodafone (VOD.L: Cotation) le solde, a enregistré
pour 10 millions d'euros de premiers coûts de restructuration
liés au rapprochement avec Neuf Cegetel et une dépréciation
accélérée d'actifs d'exploitation pour 11 millions d'euros.
 Groupe Canal+ a dégagé un Ebita de 351 millions, conforme
aux attentes, tout comme Universal Music Group (UMG) à 259
millions. La première maison de disque mondiale, dont l'Ebita
progresse de 17,7%, a profité de bonnes parts de marché aux
Etats-Unis et au Japon et de la croissance des ventes de musique
numérisée. Elle compte au second semestre sur la sortie de
nouveaux albums d'artistes comme Mylène Farmer et Keane.
 L'Ebita de Vivendi Games, déjà annoncé lors de la
publication du chiffre d'affaires semestriel, a chuté de 22,7% à
92 millions d'euros au premier semestre, mais la période
correspondante de 2007 intégrait la sortie du premier pack
d'extension du jeu en réseau "World of Warcraft: The Burning
Crusade". La sortie de la deuxième extension ("Wrath of the Lich
King") est prévue pour le second semestre. /CA
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 (Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot et Jacques
Poznanski)