13 juillet 2008 / 09:04 / il y a 9 ans

LEAD 1 SALON EADS-Toutes les divisions impliquées dans Power 8+

par Matthias Blamont et Tim Hepher

FARNBOROUGH (Royaume-Uni), 13 juillet (Reuters) - EADS EAD.PA a annoncé qu‘il ferait participer toutes ses divisions à son prochain plan d’économies “Power 8+” et a indiqué que la baisse du dollar contre l‘euro serait davantage prise en compte lors de l’élaboration de ses modalités.

Le directeur financier du géant européen d‘aéronautique et de défense, Hans Peter Ring, a également démenti avoir laissé entendre lors d‘une récente interview accordée à un journal allemand que le groupe était sur le point d‘annoncer un avertissement sur résultats.

“Nous ferons un point sur nos prévisions lors de la présentation des résultats mais en aucun cas cela ne devait être interprété comme un ‘profit warning’”, a-t-il dit lors d‘un séminaire de presse organisé ce week-end à l‘occasion de l‘ouverture, lundi, du salon aéronautique de Farnborough, dans la banlieue de Londres.

EADS publiera ses comptes semestriels le 30 juillet.

Depuis le début de l‘année, le titre a reculé de près de 45% et s’échangeait à 10,74 euros en clôture vendredi à la Bourse de Paris. La capitalisation boursière du groupe est désormais inférieure à neuf milliards d‘euros.

Très attendues par les marchés, les mesures de “Power 8+” devaient être communiquées avant l’été mais ont été reportées sine die par le président exécutif d‘EADS, Louis Gallois, en juin [ID:nL18112167]. Hans Peter Ring a déclaré qu‘elles seraient probablement rendues publiques à l‘automne.

Airbus, la principale division d‘EADS, travaille actuellement à la mise en oeuvre du plan “Power 8”, lequel prévoit notamment la suppression de quelque 10.000 postes réparties entre le constructeur et ses équipementiers ainsi que la vente de plusieurs sites industriels en Europe. “Power 8” étant établi sur la base d‘un euro à 1,35 dollar, la poursuite de la chute du billet vert a rapidement appelé à des mesures additionnelles.

En début d‘année, EADS faisait savoir que le nouveau programme de réductions de coûts serait calculé sur une parité euro-dollar de 1,45. Or l‘euro se négocie actuellement autour de 1,59 et les analystes sont nombreux à douter de la capacité d‘EADS à tenir ses engagements financiers à l‘heure où la flambée des prix du kérosène a forcé plusieurs compagnies aériennes à cesser leurs activités.

Louis Gallois a toutefois répété qu‘Airbus tiendrait le principal objectif d’économies de “Power 8”. Celui-ci est fixé à 2,1 milliards d‘euros d’économies annuelles en 2010.

“‘Power 8+’ concernera toutes les divisions d‘EADS, pas seulement Airbus, et cela permettra de renforcer la sécurité de l‘entreprise vis-à-vis des fluctuations du dollar”, a-t-il estimé.

Hans Peter Ring a ensuite précisé que le plan serait conçu sur la base d‘un euro supérieur à 1,45 dollar pour tenir compte “de conditions économiques plus difficiles.”

“NOUS GAGNERONS LE CONTRAT DES RAVITAILLEURS”

Le groupe s‘est par ailleurs voulu rassurant sur ses perspectives en dépit de multiples préoccupations pesant sur le contexte économique mondial, l‘avenir du cycle du transport aérien, le niveau des budgets militaires et les ennuis judiciaires auxquels doivent faire face plusieurs de ses dirigeants dans le cadre d‘une enquête de la justice autour d’éventuels délits d‘initiés [ID:nL13210958].

“Lorsque je regarde le carnet de commandes d‘Airbus, je vois que les annulations ont été très limitées au cours des six derniers mois. Pour le futur, nous devons être vigilants mais je ne veux pas paniquer: le trafic aérien est là, la situation d‘aujourd‘hui n‘a rien à voir avec celle de 1993 ou celle de 2001”, a plaidé Louis Gallois.

De son côté, Hans Peter Ring a reconnu qu‘Airbus avait conclu plus de commandes que ses capacités effectives de production le lui permettent pour rassurer les investisseurs en cas d‘annulations, une pratique qui ressemble étrangement à celle du “surbooking” mise en place par de nombreuses compagnies aériennes.

Louis Gallois a mis en avant “l‘intégration réussie” de l‘entreprise et l‘efficacité de son changement de gouvernance intervenue en 2007 avant de se déclarer convaincu que son groupe obtiendrait un contrat majeur aux Etats-Unis pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs à l‘armée de l‘air américaine.

“Nous avons le meilleur avion, nous remporterons le contrat”, a-t-il affirmé sans la moindre hésitation.

EADS a été sélectionné fin février aux côtés de Northrop Grumman (NOC.N) pour ce contrat géant dont la valeur est estimée à 35 milliards de dollars (21,9 milliards d‘euros) sur douze ans.

Le secrétariat à la Défense a cependant décidé de rouvrir l‘appel d‘offres la semaine dernière à la suite de l‘identification de huit points litigieux en juin par le Government Accountability Office, l’équivalent américain de la Cour des comptes. Pour beaucoup d‘observateurs, cette décision s‘explique en partie par la colère du grand rival d‘EADS, Boeing (BA.N), perdant à l‘issue de la sélection, et par l’émoi d‘une partie de la classe politique [ID:nEADSFR]. /MB

Édité par Jean-Michel Bélot

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