Les dividendes pèsent sur l'épargne des entreprises /Insee

mercredi 11 juin 2008 16h47
 

PARIS, 11 juin (Reuters) - La distribution accrue de dividendes a sensiblement réduit l'épargne des entreprises françaises ces dernières années, constate l'Insee dans une étude publiée jeudi.

Le renchérissement des matières premières, l'appréciation de l'euro, les coûts salariaux "dynamiques" et le contexte international fortement concurrentiel n'ont pas empêché les sociétés non financières (SNF) de maintenir un taux de marge stable autour de 32% depuis 2002, relève l'Insee dans l'édition 2008 de sa revue "L'Economie française, comptes et dossiers".

Mais leur taux d'épargne a reculé pour passer de plus de 18% en 1999 à 13% en 2007, une baisse qui s'explique pour moitié par la proportion accrue de dividendes versés.

"Le recul du taux d'épargne viendrait donc moins du manque de vigueur du résultat des entreprises que de l'évolution rapide des conditions de répartition de ce résultat entre rémunération du capital et épargne", souligne l'Insee.

Proche de 18% de l'excédent brut d'exploitation en moyenne entre 1995 et 2001, la distribution de dividendes s'est amplifiée depuis 2002 pour représenter plus de 25% en moyenne sur les deux dernières années, poursuit l'étude.

Ce phénomène s'est accompagné d'une augmentation des rachats d'actions, qui constitue également un moyen pour les sociétés cotées de rémunérer leurs actionnaires en favorisant la montée du cours des actions.

L'explication "la plus communément admise" à la progression notable des dividendes tient aux exigences accrues des actionnaires, avec un poids croissant d'investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d'assurance, fonds commun de placement) dont les exigences de rendement sur fonds propres sont importantes, explique l'étude.

La hausse de la part des dividendes versés s'observe aussi à l'étranger, mais sans impact sur l'épargne quand les entreprises parviennent à augmenter leurs marges. "Si les entreprises italiennes et espagnoles sont, comme en France, contraintes par la stabilisation de leurs marges de redistribuer une part plus grande qu'avant de leur revenu pour rémunérer le capital, ce n'est pas le cas des entreprises anglo-saxonnes ou allemandes, dont le taux d'épargne tend à progresser", souligne l'Insee. /VT (Véronique Tison, édité par Pascal Liétout)