LEAD 2 LVMH prudemment optimiste après un solide cru 2007

mercredi 6 février 2008 13h26
 

 par Pascale Denis
 PARIS, 5 février (Reuters) - LVMH (LVMH.PA: Cotation) a annoncé
mercredi une hausse de 12% de son résultat opérationnel courant,
à la faveur d'une croissance organique à deux chiffres de
l'ensemble de ses métiers, et s'est montré prudemment optimiste
pour l'exercice 2008, malgré le risque d'une récession aux
Etats-Unis.
 "Si cette crise est relativement limitée, si la récession
est de moyenne ampleur, sur un ou deux trimestres (...) ses
conséquences seront limitées, faibles, voire inexistantes sur
LVMH", a déclaré son président, Bernard Arnault, à l'occasion
d'une conférence consacrée aux résultats annuels du groupe.
 "La conjoncture me paraît tout à fait gérable et ne pas
devoir entraîner de conséquences majeures sur l'évolution du
groupe (...) Nous sommes relativement confiants pour 2008",
a-t-il tenu à ajouter, rappelant que la clientèle haut de gamme
du numéro un mondial du luxe était peu sensible aux évolutions
de la conjoncture.
 Il a précisé que le mois de janvier 2008 avait été "tout à
fait en ligne" avec les prévisions, enregistrant une croissance
organique des ventes à deux chiffres pour l'ensemble du groupe
comme pour sa division Louis Vuitton qui compte pour un tiers du
chiffre d'affaires.
 Dans un communiqué, LVMH dit tabler sur une amélioration
"sensible" de ses résultats en 2008, ce qui, selon les analystes
de Merrill Lynch, pourrait signifier une croissance du résultat
opérationnel comprise entre 8% et 12%.
 
 PROGRESSIONS DE TOUTES LES BRANCHES
 En 2007, le groupe a vu son résultat opérationnel courant
progresser de 12% pour atteindre 3.555 millions d'euros, un
chiffre légèrement supérieur aux attentes des analystes (3.490
millions). Hors effets de change, la croissance de son résultat
opérationnel ressort à 20%.
 La hausse de l'opérationnel a été tirée par des hausses de
12% dans la mode et la maroquinerie (à 1.829 millions d'euros)
et de 10% à 1.058 millions dans les vins et les spiritueux. Les
parfums-cosmétiques ont vu leur contribution augmenter de 15% à
256 millions d'euros et, bien que celle de la division
montres-joaillerie soit modeste, elle fait un bond en avant de
76% à 141 millions d'euros. Dans la distribution sélective, la
hausse est ressortie à 10% (à 439 millions d'euros).
 Le chiffre d'affaires, qui a totalisé 16.481 millions
d'euros, affiche une croisance organique de 13% sur l'année
comme au 3e trimestre, légèrement supérieure aux attentes des
analystes, qui tablaient en moyenne sur une progression de 12%. 
 Les ventes de vins et spiritueux ont grimpé de 13% à
structure et taux de change comparables à 3.226 millions et
celles de la mode-maroquinerie de 14% à 5.628 millions. Les
parfums et cosmétiques ont vu les leurs augmenter de 12% à 2.731
millions, les montres et joaillerie de 19% à 833 millions et la
distribution sélective de 12% à 4.179 millions.
 Le bénéfice net part du groupe est quant à lui ressorti à
2.025 millions, en hausse de 8%. LVMH rappelle que le resultat
net 2006 intégrait un "montant élevé de plus-values de cession".
Par ailleur, les charges financières ont été alourdies, en 2007
(252 millions d'euros, contre 53 millions un an plus tôt), par
un renchérissement du coût de la dette et par une inefficience
dans les couvertures de change.
 
 RESISTANCE
 Ces chiffres ont été généralement bien accueillis par les
analystes, pour qui LVMH semble avoir la capacité à résister aux
effets d'un ralentissement économique.
 "Le groupe a une excellente capacité à affronter un contexte
général plus difficile, en particulier pour ses activités
phares, Vuitton, Vin & Spiritueux", souligne l'un d'entre eux.
 D'autres mettent en avant sa taille, la diversification de
ses activités et de ses impantations géographiques, notamment la
Chine et la Russie, capables de "limiter son risque".
 Vers 13h00, l'action avance de 0,74% à 69,50 euros, alors
que le CAC prend 0,6% au même moment et que l'indice européen
des biens de consommation  avance de 1,4%.
 Interrogé sur sa politique d'acquisition, Bernard Arnault a
répondu ne pas avoir de projet précis à l'étude et ne pas être
intéressé par le groupe français Clarins CLRP.PA.
 "Nous n'avons pas d'intérêt pour cette société", a-t-il dit
en réponse à une question. Il a également indiqué que LVMH
n'avait pas présenté d'offre de rachat de la vokda suédoise
Absolut, convoitée notamment par Pernod Ricard (PERP.PA: Cotation).
 La capacité d'autofinancement du groupe a augmenté de 15%, à
4,0 milliards d'euros. Son taux d'endettement net a été ramené à
25%, contre 29% en 2006.
 Il proposera un dividende de 1,60 euro, en progression de
14%. /PD
 (Pascale Denis)