6 février 2008 / 07:42 / dans 10 ans

LEAD 2 LVMH prudemment optimiste après un solide cru 2007

 par Pascale Denis
 PARIS, 5 février (Reuters) - LVMH (LVMH.PA) a annoncé mercredi une hausse de 12% de son résultat opérationnel courant, à la faveur d‘une croissance organique à deux chiffres de l‘ensemble de ses métiers, et s‘est montré prudemment optimiste pour l‘exercice 2008, malgré le risque d‘une récession aux Etats-Unis.
 “Si cette crise est relativement limitée, si la récession est de moyenne ampleur, sur un ou deux trimestres (...) ses conséquences seront limitées, faibles, voire inexistantes sur LVMH”, a déclaré son président, Bernard Arnault, à l‘occasion d‘une conférence consacrée aux résultats annuels du groupe.
 “La conjoncture me paraît tout à fait gérable et ne pas devoir entraîner de conséquences majeures sur l’évolution du groupe (...) Nous sommes relativement confiants pour 2008”, a-t-il tenu à ajouter, rappelant que la clientèle haut de gamme du numéro un mondial du luxe était peu sensible aux évolutions de la conjoncture.
 Il a précisé que le mois de janvier 2008 avait été “tout à fait en ligne” avec les prévisions, enregistrant une croissance organique des ventes à deux chiffres pour l‘ensemble du groupe comme pour sa division Louis Vuitton qui compte pour un tiers du chiffre d‘affaires.
 Dans un communiqué, LVMH dit tabler sur une amélioration “sensible” de ses résultats en 2008, ce qui, selon les analystes de Merrill Lynch, pourrait signifier une croissance du résultat opérationnel comprise entre 8% et 12%.
  
 PROGRESSIONS DE TOUTES LES BRANCHES
 En 2007, le groupe a vu son résultat opérationnel courant progresser de 12% pour atteindre 3.555 millions d‘euros, un chiffre légèrement supérieur aux attentes des analystes (3.490 millions). Hors effets de change, la croissance de son résultat opérationnel ressort à 20%.
 La hausse de l‘opérationnel a été tirée par des hausses de 12% dans la mode et la maroquinerie (à 1.829 millions d‘euros) et de 10% à 1.058 millions dans les vins et les spiritueux. Les parfums-cosmétiques ont vu leur contribution augmenter de 15% à 256 millions d‘euros et, bien que celle de la division montres-joaillerie soit modeste, elle fait un bond en avant de 76% à 141 millions d‘euros. Dans la distribution sélective, la hausse est ressortie à 10% (à 439 millions d‘euros).
 Le chiffre d‘affaires, qui a totalisé 16.481 millions d‘euros, affiche une croisance organique de 13% sur l‘année comme au 3e trimestre, légèrement supérieure aux attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur une progression de 12%. 
 Les ventes de vins et spiritueux ont grimpé de 13% à structure et taux de change comparables à 3.226 millions et celles de la mode-maroquinerie de 14% à 5.628 millions. Les parfums et cosmétiques ont vu les leurs augmenter de 12% à 2.731 millions, les montres et joaillerie de 19% à 833 millions et la distribution sélective de 12% à 4.179 millions.
 Le bénéfice net part du groupe est quant à lui ressorti à 2.025 millions, en hausse de 8%. LVMH rappelle que le resultat net 2006 intégrait un “montant élevé de plus-values de cession”. Par ailleur, les charges financières ont été alourdies, en 2007 (252 millions d‘euros, contre 53 millions un an plus tôt), par un renchérissement du coût de la dette et par une inefficience dans les couvertures de change.
  
 RESISTANCE
 Ces chiffres ont été généralement bien accueillis par les analystes, pour qui LVMH semble avoir la capacité à résister aux effets d‘un ralentissement économique.
 “Le groupe a une excellente capacité à affronter un contexte général plus difficile, en particulier pour ses activités phares, Vuitton, Vin & Spiritueux”, souligne l‘un d‘entre eux.
 D‘autres mettent en avant sa taille, la diversification de ses activités et de ses impantations géographiques, notamment la Chine et la Russie, capables de “limiter son risque”.
 Vers 13h00, l‘action avance de 0,74% à 69,50 euros, alors que le CAC prend 0,6% au même moment et que l‘indice européen des biens de consommation .SXQP avance de 1,4%.
 Interrogé sur sa politique d‘acquisition, Bernard Arnault a répondu ne pas avoir de projet précis à l’étude et ne pas être intéressé par le groupe français Clarins CLRP.PA.
 “Nous n‘avons pas d‘intérêt pour cette société”, a-t-il dit en réponse à une question. Il a également indiqué que LVMH n‘avait pas présenté d‘offre de rachat de la vokda suédoise Absolut, convoitée notamment par Pernod Ricard (PERP.PA).
 La capacité d‘autofinancement du groupe a augmenté de 15%, à 4,0 milliards d‘euros. Son taux d‘endettement net a été ramené à 25%, contre 29% en 2006.
 Il proposera un dividende de 1,60 euro, en progression de 14%. /PD
 (Pascale Denis)  

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