6 mars 2008 / 07:15 / il y a 9 ans

LEAD 2 Natixis maintient ses objectifs après un T4 en perte

par Yann Le Guernigou

PARIS, 6 mars (Reuters) - Natixis (CNAT.PA) a maintenu jeudi ses objectifs de rentabilité à l'horizon 2010 après avoir annoncé pour 2007, sa première année d'existence, un bénéfice net divisé par près de deux et bien éloigné de ses ambitions initiales en raison de la crise des marchés du crédit.

La filiale des Banques populaires et des Caisses d'épargne, qui a accusé sur le seul quatrième trimestre une perte de 900 millions d'euros sous l'impact de dépréciations, a annoncé en outre un nouveau plan d'économies visant à diminuer de 5% à 10% sa base de coûts à l'horizon 2009.

Pour l'ensemble de l'exercice, elle affiche un bénéfice net de 1.101 milliards d'euros. Hors éléments exceptionnels, il s'inscrit à 1.130 millions, en baisse de 47% sur des résultats proforma et bien loin des 2,15 milliards visés dans le plan stratégique présenté fin 2006.

Pour autant, le directeur général, Dominique Ferrero, a assuré que les objectifs à l'horizon 2010 en termes de rendement des fonds propres (ROE) (près de 16%) comme de coefficient d'exploitation (60%) étaient maintenus "intégralement".

Il a souligné que le plan de développement présenté fin 2006, dans un environnement très favorable, intégrait l'hypothèse d'une année de crise et ne contenait "aucun objectif intermédiaire".

Pour 2007, le rendement des fonds propres du groupe a atteint 7% et le coefficient d'exploitation 70,7% hors impact des dépréciations sur les revenus.

Les comptes ont été mis à mal par la crise des marchés du crédit qui a touché d'autant plus Natixis que la banque de financement et d'investissement (BFI) pèse d'un poids bien plus élevé dans ses activités (47% des revenus du groupe en 2006) que dans celles de ses concurrents français.

CESSION DE CIFG

La contribution de la BFI au résultat net a été négative de 177 millions d'euros sur l'année et de 849 millions sur le seul 4e trimestre.

Le groupe avait indiqué le 14 février que son bénéfice net 2007 serait de l'ordre du milliard d'euros.

Celui publié jeudi intègre 1,22 milliard d'euros de dépréciations liées à son exposition, directe ou indirecte, aux crédits immobiliers américains "subprime" et aux rehausseurs de crédit. S'y ajoutent 138 millions d'euros de provisions collectives sur ces derniers établissements.

Les comptes du dernier trimestre incluent en outre l'impact (-287 millions d'euros) de la cession de CIFG, la filiale spécialisée dans le rehaussement de crédit, aux deux grands actionnaires de Natixis en vue d'une recapitalisation de 1,5 milliard de dollars permettant de maintenir la notation AAA vitale à la préservation de son activité.

L'opération a évité une détérioration de la solidité financière de Natixis, qui peut se prévaloir d'un ratio Tier 1 élevé (8,3%) au 31 décembre.

Celui-ci est en outre conforté par le fait que les Banques populaires et les Caisses d'épargne, qui contrôlent plus de 68% du capital, ont choisi de se faire payer en actions le dividende proposé de 0,45 euro. Ce dividende correspond comme prévu à un taux de distribution de 50% du bénéfice net annuel.

Natixis fait état en outre d'un actif net par action de 13,90 euros au 31 décembre, un niveau à comparer avec un cours de Bourse de 9,48 euros jeudi à mi-journée.

FAIBLE VALORISATION

Alors que le placement de titres réalisé fin 2006 lors de la constitution de la banque s'était effectué au prix de 19,55 euros, l'action a accusé l'an passé une des plus mauvaises performances du secteur en Europe, avec un recul de 38,25% et cède encore près de 28% de plus depuis début 2008.

Elle vaut ainsi moins de six fois son bénéfice par action 2009 estimé, selon le consensus Reuters Estimates, contre 7 fois en moyenne pour les valeurs de l'indice DJ Stoxx des banques européennes.

Si elle a confirmé ses objectifs 2010 en matière de coefficient d'exploitation et de ROE, Natixis n'a rien dit concernant son activité, alors que son plan prévoyait également des croissances annuelles moyennes de ses revenus de plus de 10% sur la période 2005-2010.

Natixis, qui a annoncé le mois dernier un remaniement de son directoire pour l'adapter "à un environnement devenu plus exigeant", a réaffirmé qu'elle était en avance sur son plan de marche en termes de dégagement des synergies, pour ajouter que "de nouveaux progrès en termes d'efficacité seront recherchés".

La banque a précisé sur ce dernier point qu'elle avait identifié des synergies supplémentaires qui devraient permettre de réduire ses coûts de 5% à 10% sur leur base 2007 et ce, dans un délai de deux ans.

En attendant, seuls les pôles services financiers et assurance crédit se sont distingués positivement l'an passé avec des progressions de 30% de leur contribution. La contribution du capital investissement/banque privée a augmenté de 7% mais celle de la gestion d'actifs a reculé de 2%.

Consolidés à hauteur de 20% dans Natixis, les réseaux des Banques populaires et des Caisses d'épargne ont vu leur contribution reculer de 2%, à 570 millions d'euros.

Les résultats des deux groupes, hors exceptionnels, affichent tous deux une progression de 12%. /YLG

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