1 avril 2008 / 06:02 / dans 9 ans

LEAD 3 UBS - Avertissement et nouvelle augmentation de capital

ZURICH, 1er avril (Reuters) - UBS UBSN.VX a annoncé mardi une nouvelle augmentation de capital avec droits de souscription après un avertissement sur son bénéfice au premier trimestre 2008, ainsi que le départ de son emblématique président Marcel Ospel.

L‘action de la première banque suisse gagnait néanmoins plus de 6% à mi-séance, certains investisseurs espérant que ces nouvelles annonces marquent un tournant pour le groupe, désormais en tête du classement des établissements financiers les plus touchés par la crise du crédit.

Le titre, qui avait perdu près de la moitié de sa valeur depuis janvier, s‘adjugeait 6,58% à 30,76 francs vers 10h45 GMT alors que l‘indice des valeurs vedettes suisses .SSMI progressait de 1,92% et que le DJ Stoxx européen des banques .SX7P prenait 3,18%.

“UBS cherche à tirer un trait final sur ses problèmes d‘exposition au risque et à se recentrer sur ses activités opérationnelles”, résument les analystes de JP Morgan dans une note.

Le conseil d‘administration soumettra à l‘assemblée générale ordinaire du 23 avril une proposition d‘augmentation de 15 milliards de francs suisses, explique dans un communiqué le numéro un de la banque en Suisse.

Cette émission a été entièrement souscrite par quatre banques. Il s‘agit de JPMorgan, Morgan Stanley, BNP Paribas et Goldman Sachs.

UBS prévoit d‘augmenter son capital-titres de 1,25 milliard d‘actions d‘une valeur faciale de 0,10 franc, la direction comptant ainsi améliorer son ratio de capitalisation Tier 1 qui devrait atteindre 10,7% environ au terme de l‘opération.

L‘assemblée générale devra également prendre acte du départ de Marcel Ospel, qui ne se représentera pas à la présidence du conseil d‘administration. L‘instance proposera Peter Kurer, actuel conseiller général, pour lui succéder.

UBS avait déjà réuni une assemblée générale extraordinaire fin février après l‘annonce d‘une première augmentation de capital de 13 milliards de francs suisses, sous la forme d‘un emprunt convertible souscrit par un fonds souverain de Singapour, Government Investment Corporation (GIC), et par un investisseur inconnu du Moyen Orient.

GIC a prévenu mardi qu‘il ne savait pas encore s‘il allait participer à la nouvelle augmentation de capital avant d‘examiner les termes de l’émission. Le fonds souverain détient déjà 9% d‘UBS.

Cette nouvelle levée de fonds a été rendue nécessaire par une nouvelle dégradation des conditions qui a poussé la banque à un avertissement sur bénéfice pour son premier trimestre 2008, prévoyant une perte nette de 12 milliards de francs suisses.

“La branche se trouve clairement dans un environnement très difficile et nous devons passer sous revue nos capacités”, a prévenu le directeur général Marcel Rohner lors d‘une téléconférence, n‘excluant pas des suppressions d‘emplois.

SORTIES NETTES DANS LA GESTION GLOBALE

le groupe a accusé sur les trois mois écoulés des dépréciations de valeur de 19 milliards de dollars, liées principalement au marché immobilier américain, qui s‘est encore détériorén et aux engagements sur les marchés du crédit.

Les activités de Banque d‘investissement ont été frappées de plein fouet, enregistrant une perte avant impôts de 18 milliards de francs. “Mais nous comptons bien la ramener vers la rentabilité, ainsi que le reste du groupe”, a martelé Rohner.

La situation sur le marché hypothécaire s‘est donc encore dégradée durant le premier trimestre “et surtout au mois de mars”, prévient UBS qui compte créer une entité séparée afin de gérer ses actifs illiquides dans ce secteur d‘activités.

Ce véhicule sera complètement consolidé mais la banque compte réduire sa part avec le temps, n‘excluant pas une scission, a précisé Marcel Rohner. “Son avenir sera décidé dans les semaines et mois à venir”, a-t-il ajouté.

UBS est toutefois parvenu à réduire son exposition depuis le début de l‘année, abaissant son exposition au “subprime” à 15 milliards de dollars, contre 27,6 milliards. Les Alt-A ont été ramenés de 26,6 milliards à 16 milliards tandis que les ARS (Auction-Rate Securities) ont bondi à 11 milliards après 5,9 milliards fin décembre.

Au niveau des divisions, si la gestion de patrimoines et la banque d‘affaires ont enregistré des entrées nettes d‘argent frais, ce n‘est pas le cas de la gestion d‘actifs qui a accusé des sorties de capitaux. UBS ne donne aucune précision et renvoie à la publication des résultats détaillés pour le premier trimestre, prévue le 6 mai.

UBS confirme sa stratégie en cours et réitère sa volonté d‘agir “comme un seul établissement dans le monde entier”, mais compte améliorer sa gestion des coûts pour les trimestres à venir, y voyant un de ses principaux objectifs de performance.

La surveillance des risques sera ainsi révisée et renforcée alors que les expositions aux positions non liquides figurant au bilan seront encore réduites.

La direction entend se concentrer sur ses clients professionnels dans la banque d‘investissement et réduire ses actifs à risques. La nouvelle équipe en place au sein de la banque devra redimensionner les capacités à la lumière des opportunités du marché.

“La prochaine bombe à amortissements est en place”, s‘inquiète la banque Wegelin dans son fax du matin qui se demande combien de squelettes UBS cache encore dans ses placards mais redoute que le potentiel de correctifs ne soit pas encore épuisé.

D‘autres voix sur les marchés n‘excluent pas non plus une perte sur l‘année avant un redressement en 2009 mais l‘entrée nette de nouveaux capitaux rassure alors que certains prévoyaient déjà une hémorragie. /PS/SK

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