9 décembre 2009 / 17:32 / dans 8 ans

SYNTHESE Les craintes sur Dubaï n'épargnent plus ses voisins

* Moody’s souligne les risques pour Abou Dhabi et l‘ensemble des Emirats arabes unis

* Dubaï s‘efforce de rassurer sur le groupe public Nakheel

* Les marchés de la région poursuivent leur recul

par John Irish et Matt Smith

DUBAI, 9 décembre (Reuters) - La crainte de voir les problèmes d‘endettement de Dubaï dépasser le seul conglomérat public Dubai World a ébranlé la confiance des investisseurs du Golfe mercredi, provoquant une nouvelle et forte baisse des marchés financiers.

Les investisseurs sont dans l‘incertitude depuis l‘annonce le 25 novembre de la demande de moratoire de Dubai World sur sa dette. Le groupe public a depuis entrepris de restructurer ses nombreuses activités, qui vont de l‘immobilier de luxe à la maintenance portuaire.

Les autorités de l’émirat s‘efforcent de circonscrire les risques en isolant les filiales les plus saines de Dubai World de la restructuration annoncée des 26 milliards de dollars de dettes accumulés par le groupe.

Mais le risque de voir l‘Etat incapable de faire face à ses difficultés a déjà conduit à une dégradation des notes de crédit de l‘ensemble des entreprises qui lui sont liées.

Et mercredi, l‘agence Moody’s Investors Service a annoncé réexaminer les notes des émetteurs liés non seulement à Dubaï mais aussi à l’émirat d‘Abou Dhabi voisin ainsi qu’à la fédération des Emirats arabes unis (EAU), qui compte sept membres au total.

Dubaï et Abou Dhabi font partie l‘un et l‘autre des EAU, troisième exportateur mondial de pétrole.

“Les banques internationales ne vont plus considérer qu‘il s‘agit d‘un problème de Dubai World. Pour elles, cela va devenir un problème de l‘Etat, même un problème régional”, estime Keith Edwards, responsable de la gestion d‘actifs de The First Investor à Doha.

A l’épicentre de la crise se trouve pour l‘instant la société Nakheel, filiale de promotion et de construction immobilière de Dubai World, dont 3,5 milliards de dollars de dettes obligataires arrivent à échéance lundi.

“Refinancer tout ce dont la dénomination inclut le mot Dubaï va devenir très difficile”, explique David Butter, directeur de l‘Economist Intelligence Unit pour le Moyen-Orient et l‘Afrique du Nord. “La crise a révélé au grand jour les difficultés auxquelles les autorités de Dubaï s‘efforçaient d‘interdire l‘accès (...), les véritables problèmes.”

A QUI LE TOUR ?

Illustrant les risques qu‘encourent désormais d‘autres entreprises de l’émirat, une filiale de Dubai Holding, propriété de l’émir, a vendu sa participation dans la banque d‘investissement égyptienne EFG Hermes (HRHO.CA).

Pour les analystes, cette cession souligne la vulnérabilité de Dubai Holding, menacé à son tour maintenant que les marchés de capitaux renâclent à prêter à l’émirat.

De son côté, Emaar Properties (EMAR.DU), premier promoteur immobilier du monde arabe, a annoncé l‘abandon de son projet de fusion avec trois filiales de Dubai Holding, expliquant que cette alliance n‘avait pas d‘intérêt économique.

Selon un analyste local, qui a requis l‘anonymat, les investisseurs craignaient de voir Emaar forcé par le gouvernement à racheter pour un prix surévalué des activités de Dubai Holding afin de renflouer celui-ci.

“Le principal problème, c‘est que nous ne connaissons pas la dette de Dubai Holding, ni l‘ensemble de ses engagements”, a-t-il dit.

Les autorités ont assuré que les actifs de l‘Etat, parmi lesquels figurent la compagnie aérienne Emirates, ne seraient pas sollicités pour renflouer Dubai World, les cessions éventuelles ne devant concerner que des actifs du conglomérat.

Dubai World a précisé que les actifs d‘Istithmar World, de l‘opérateur portuaire DP World DPW.DI, et ceux de la zone franche Jebel Ali ne seraient pas concernés par la restructuration.

Mais, signe supplémentaire de ses difficultés à conserver ses joyaux, l‘un des actifs d‘Istithmar World, le W Hotel de Manhattan, a été vendu aux enchères après saisie mardi pour deux millions de dollars alors que le groupe l‘avait payé 282 millions en 2006.

Sur les marchés financiers, l‘obligation décembre de Nakheel est tombé à un nouveau plus bas record, à 45% de sa valeur faciale contre 110% avant la demande de moratoire.Le groupe a alimenté les inquiétudes en annonçant avoir perdu 3,6 milliards de dollars en six mois.

La Bourse de Dubai a encore perdu 6,4% .DFMGI mercredi, tombant à son plus bas niveau depuis le 19 mars et portant à 27% son recul en six séances. Les valeurs de la construction et de l‘immobilier ont atteint leur plancher journalier à la baisse.

Dans la région, la bourse saoudienne a abandonné 2,4 .MSI et celle d‘Abou Dhabi 2,8% .ADI.

version française Marc Angrand

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