Un journaliste d'Auto Plus mis en examen pour un article
PARIS (Reuters) - Un journaliste d'Auto Plus a été mis en examen jeudi dans une affaire concernant un article sur un projet de Renault, qui a suscité l'indignation dans les milieux de la presse, ont annoncé la direction du magazine et l'organisation Reporters sans frontières (RSF).
Bruno Thomas est poursuivi pour "recel d'abus de confiance, contrefaçon, recel de contrefaçon, complicité de corruption, révélation de secret de fabrique, recel de secret de fabrique".
Après deux jours et deux nuits en garde à vue à la police judiciaire de Versailles, un traitement sans précédent dans une affaire de presse, il s'est vu notifier ces charges par un juge d'instruction, qui l'a placé en outre sous contrôle judiciaire. Il a interdiction de communiquer avec les personnels de Renault et leurs fournisseurs.
La procédure a été ouverte en août 2007 après une plainte contre "X" du constructeur automobile, qui réagissait à la publication le mois précédent de photos et d'informations sur un projet de modèle Twingo.
Le journaliste se voit reprocher d'avoir édité ou reproduit des écrits ou des dessins et diffusé l'oeuvre de Renault ainsi qu'un secret de fabrication.
L'utilisation du chef de corruption montre que la justice soupçonne que l'obtention de ces informations a été rémunérée. Selon le Figaro, les documents publiés par Auto Plus auraient été achetés 12.000 à 15.000 euros à l'unité.
Un employé de Renault, qui serait la source du journaliste, a été mis en examen la semaine dernière.
Laurent Chiapello, directeur de la rédaction d'Auto Plus, a réagi via RSF a la mise en examen en qualifiant "d'irréalistes" les chefs de poursuite. "Il va falloir que l'on s'entende bien pour savoir ce qu'est le journalisme en France", dit-il.
Dans un communiqué, le syndicat FO-Journalistes estime que la France s'est mise "hors la loi" au regard du droit international, notamment de la jurisprudence de la Cour des droits de l'homme. "Cette mise en examen (...) met gravement en cause le liberté d'information et le droit d'informer", dit-il. Suite...

